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CHAPITRE Ill

Combinaisons avec les autres métalloiïdes.

AZOTURE D'ALUMINIUM, Al A7?.

En chauffant dans un creuset de charbon un mélange d’aluminium et de carbonate de sodium sec, dans le but de préparer le carbure d'aluminium, Mallet(!) observa que le culot d'aluminium obtenu contenait, à sa surface et dans ses cavités, des particules cristallines jaunes qu'il reconnut être de l’azoture d'aluminium. Le traitement du culot par l'acide chlorhydrique permet d'en isoler une certaine quantité.

Cet azoture d'aluminium est formé de cristaux transparents, alteignant 2? millimètres de diamètre et semblant être des prismes rhomboïdaux. Ces cristaux exposés à l'air humide deviennent lentement opaques, jaune de soufre et se transforment en alumine avec dégagement d'’ammoniaque. L'eau froide ou chaude ne semble pas les altérer, mais les acides et les alcalis caustiques les attaquent en donnant un sel d'ammonium ou de l’'ammoniaque. La soude ou la potasse fondues les transforment en aluminate alcalin avec dégagement d’ammoniaque.

Bien qu'il n'ait pu facilement isoler un produit pur pour l'analyse, M. Mallet attribue à cet azoture la composition Al A7.

Son étude semble très consciencieuse, elle aurait toutefois besoin

d'être complétée.

(:) Mazcer, Journ. of the Chem. Soc. London,:380, p. 349, 1876.

PHOSPHURE D’ALUMINIUM, AlP*°.

Wohler(!) a montré que l'aluminium chauffé jusqu'au rouge dans la vapeur de phosphore s'enflamme et continue à brûler avec incandescence. Le produit pulvérulent, d'un gris noir, plongé dans l’eau, dégage de l'hydrogène phosphoré non spontanément inflammable. Wobhler n'en a pas fait l'analyse. Bien longtemps après, en 1898, Franck(*) a obtenu le phosphure Al P? au four électrique.

On prépare ce corps le plus facilement par la méthode donnée par M. Fonzes-Diacon (?).

Un mélange intime de phosphore rouge et d'aluminium en poudre, dans les proportions indiquées par la formule AlP?, est placé dans un creuset et allumé au moyen d’un fil de magnésium ou mieux d'une cartouche d'aluminium. Aussitôt l'inflammation produite, on recouvre le creuset d'un couvercle el après refroidissement on en retire une masse volumineuse conservant la forme du creuset. La partie extérieure de cette masse friable est noire; la partie intérieure, jaune, est constituée par du phosphure non altéré.

Ce phosphure est cristallisé; au contact de l'eau, il dégage abondamment de l'hydrogène phosphoré non spontanément inflammable.

L'existence du phosphure Al P? est donc bien établie. Il n’en est pas de même de trois autres phosphures obtenus par Franck (oc. cit.) sous forme de poudres amorphes et auxquels il attribue la formule APPIARPANARP,

ARSÉNIURE D'ALUMINIUM, AA.

Wohler (loc. cil.), qui, comme on peut s’en rendre compte, avait entrevu presque toutes les combinaisons de l'aluminium, avait observé que l’aluminium et l'arsenic chauffés au rouge se combinent sans grand dégagement de chaleur, en donnant un arséniure du n'a pas analysé el qui, trailé par l'eau, donne de l'hydrogène arsénié lentement à froid, rapidement à chaud. |

a —— ———————ZEaEZEaEaZaEaEa——————————__

(1) WouLer, Ann. de Chim. et de Phys., (2), 37, p. 66, 1898 @) Franck, Chemiker Zeilung, 22, p. 236, HE 1 (*) FoNzEs-DrAcoN, Comptes rendus, 430, p. 1314, 1904,

M. Fonzes-Diacon (loc. cit.), pour le préparer, opère exactement

comme pour la préparation du phosphure; il obtient une masse

friable, noire, répondant sensiblement à la formule AlAs?, répandant

à l'air humide une odeur alliacée et dégageant par contact avec l’eau chaude de l'hydrogène arsénié pur.

CARBURE D'ALUMINIUM, CSA.

En 1894, Franck(!) admetlait que dans l’action de l'aluminium en poudre sur l'acide carbonique, l’oxyde de carbone et les carbonates alcalins, il se forme toujours un peu de carbure d'aluminium, attendu que le métal, traité par l'acide chlorhydrique, donne une certaine quantité d’acétylène. Il ne put toutefois isoler ce carbure qui se formait manifestement par l'action sur l'aluminium au rouge, du charbon formé dans la réaction.

La même année, Moissan (?) isolait un carbure parfaitement défini de formule CA.

Des nacelles de charbon assez épaisses, contenant chacune 15 à 20 grammes d'aluminium, sont placées dans le tube de charbon d'un four électrique. Le tube de charbon étant traversé par un courant d'hydrogène, on chauffe pendant à à 6 minules avec un courant de 300 ampères el 65 volls, puis laisse refroidir dans le courant d'hydrogène. Le culot d'aluminium apparaît pailleté de cristaux brillants de couleur jaune. Pour les isoler de l'excès de métal, on divise ce culot en fragments que l'on attaque par l'acide chlorhydrique concentré dans des tubes à essais, par portions de ? à 3 grammes au plus. Lorsque l'attaque s'arrête par suite de la formation d'un dépôt de chlorure d'aluminium, on lave à l'eau glacée, décante, puis reprend le métal par une nouvelle quantité d'acide. Enfin, quand il ne se dégage plus d'hydrogène, on lave rapidement le résidu à l’eau froide. puis à l'alcool et à l'éther et sèche le carbure à l'étuve. L'opération ne doit pas aurer plus de 30 minutes.

Le carbure d'aluminium ainsi obtenu est formé de cristaux jaunes, transparents, atteignant à à 6 millimètres, qui sont des octaëdres réguliers, de densité 2.36. I n'est attaqué que très superficiellement

() Fraxck, Bulletin Soc. Chimique, (5), 44, p. 459, 1894.

E) Morssan, Comptes rendus, 419, p.16. 1894.

par l'oxygène au rouge sombre. Il réagit sur l'eau en donnant de

l’alumine et du méthane CSA EL 12H20 —= 3CH* + 2fAF(OH)"]:

propriété qui le distingue des carbures alcalins terreux qui, dans les mêmes conditions, produisent de l'acétylène.

BORURES D’ALUMINIUM.

En 1856, Wohler et Sainte-Claire Deville(!), en chauffant à très haute température, dans un creuset de charbon, un mélange de 80 grammes d'aluminium et de 100 grammes d'acide borique fondu, obtinrent, sous une couche vitreuse de borate d'aluminium, une masse caverneuse d’où ils retirèrent des cristaux de différentes sortes qu'ils considérèrent comme du bore cristallisé. Ils constatèrent bien que ces cristaux contenaient autre chose que du bore et qu'ils appartenaient à plusieurs formes cristallines; mais, persuadés que le bore devait, comme le carbone, se présenter sous plusieurs états allotropiques, ils les décrivirent longuement comme étant du bore cristallisé.

L'étude de ces cristaux, que l’on a désignés longtemps sous le nom de bore adamanlin, a été reprise en 1876 par Hampe (?) et plus tard, en 1883, par Joly (°).

Des recherches de Hampe, il résulte que dans l’ensemble des cristaux préparés par Wobhler et Sainte-Claire Deville, se trouvent :

1° Le borure d'aluminium AÏB?, en lamelles hexagonales d’un jaune d'or;

2 Le borure d'aluminium AÏB%, corps qui contient 17 0/0 d’aluminium et qui peut être obtenu seul, en réduisant l'acide borique par l'aluminium dans des creusets de terre réfractaire, à la température de fusion du fer. Il est en cristaux lamellaires, noirs, solubles dans l'acide azotique bouillant. Sa densité est 2.5345 à 171.

3 Le borocarbure 3 A1B®+ 2B°C ou C?APB', composé de den-

PR DEviLe, Comptes rendus, 43, p. 1088, 1856; Comptes rendus. (?) HamPe, Ann. de Liebig, 483, p. 75, 1876.

(5) Jozy, Comptes rendus, 9T, p. 456, 1883.

ALUMINIUM ET COMPOSES. 67 silé 2.618 à 13, soluble dans l'acide azotique bouillant, se présentant en octaëdres quadratiques jaunes ou bruns, extrêmement remarquables par leur éclat adamantin très vif et leur dureté voisine de celle du diamant.

4° Plusieurs carbures de bore.

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