ALVAREZ, ALZIRE
ALZIRE, se jetant à genoux.
Seigneur, j'embrasse vos genoux.
C'est à votre vertu que je rends cet hommage, Le premier où le sort abaissa mon courage. Vengez, seigneur, vengez sur ce cœur affligé L'honneur de votre fils par sa femme outragé. Mais à mes premiers nœuds mon âme était unie : Hélas ! peut-on deux fois se donner dans sa vie? Zamore était à moi, Zamore eut mon amour : Zamore est vertueux; vous lui devez le jour'. Pardonnez... Je succombe à ma douleur mortelle.
Je conserve pour toi ma bonté paternelle. Je plains Zamore et toi; je serai ton appui ; Mais songe au nœud sacré qui t'attache aujourd'hui. Ne porte point l'horreur au soin de ma famille : Non. tu n'es plus à toi; sois mon sang, sois ma fille: Gusman fut inhumain, je le sais, j'en frémis; Mais il est ton époux, il t'aime, il est mon fils : Son âme à la pitié se peut ouvrir encore,,
V ALZIRE
Hélas! que n'êtes- vous le père de Zamore!
i Cet liéinisliche est amphibologique. la même idée est exprimée sans obscurité par ce vers de la seconde scène du deuxième acte :
La mort a respecté ces jours que je te dois. FIN DU TROISIÈS'.E ACTE.