I-'Améi-i(|ue t'appelle, et la nuit le seconde
Prends pitié de ton sort, et laisse-moi le mien.
ZAMOnE.
Ksclave d'un barbare, épouse d'un chrétien. Toi ()ui m'as tant aimé, tu m'ordonnes de vivre! Eh bien ! j'obéirai. Mais os«\s-tu me sui\re? Sans trône, sans secours, au comble du malheur. Je n'ai plus à l'offrir (iu'um désort et mon cœur. Autrefois à tes pieds j'ai mis un diadème.
AL/JUK.
Ah? uu'élail-il sans toi? qu'iii-j»; aimé que toi-mém<'?
El qu'est-ce auprès de loi que ce vil univers?
Mon âme va le suivre au fond de tes déserts
Je vais seide en ces lieux , où l'horreur me consume , . ,
LauKuir dans les regrets , sécher dans l'amerlume , '\-^''-;
Mourir dans le remords (^a^oir trahi ma foi,
D'élre au pouvoir d'im autre, et de brûler pour loi.
Pars , emporte avec toi mon bonheur et ma vie ;
Laisse-moi les horreins du devoir (|ui n)e lie.
J'ai mon amant ensemble »>l ma gloire à sauver '.
Tous deux nie sont sacrés; je les veux conserver.
ZAMORR.
Ta gloire! Quelle est donc cette gloire inconnue?
mofiiciii Ce n'est pas tout : finsman vient de quitter Aizire. 0(> C8l-il dans rcl instanl' que l'uil-il? od ne doit pus l'ignorer. Coin ment, après imii (•(> qui s'esi passé, laigso t-il a sa lenimc la li ht'it»! (l'être arnif dans lu miil et «l'erilrelemr son amanl? Celle condinle est bien elranue, el un vims de Ih nièce la rend eticnie plus inexplicable bans le reçu (|ue tait plus loin la suivante d'Al zirc de ce qui vient de se passet onlre Zuniore cl le soldat, se trouve
ce YlM-8 :
Aa palnii A* Otiitiinn Ja !• roli qal t'aranee.
OÙ cul diine le lieu d • 1 1 ficèu", si ce n'e^i pas dan» ce même palais do (;uKtiiiin et d'AlMiier., dans le palais du gouverneur» Supponons encore i|u'(>ii ait mis palais au lieu d'ai)i'arti nient, qui était le tHdl pri'pre, inuis alors eonini>iil xlziif, au iniliiii de la nml, n'iHiello pas dans rappanenu^nt de sim «'Ihuix ^ » l..i Har}>ê. 1
1 J'ai Toirr SU* •ntoinbU «t ma gluiio k Unfvtidra.
Haein*. liiki/^i'Hit. ael IV, •• «i
52 ALZIRE
Quel fantôme d'Europe a fasciné ta vue ?
Quoi ! ces affreux serments qu'on vient de te dicter,
Quoi ! ce temple clirétien que lu dois détester,
Ce Dieu , ce destructeur des dieux de mes ancêtres,
T'arraciient à Zamore , et te donnent des maîtres?
ALZIRE
J'ai promis ; il suffit : il n'importe à quel dieu.
ZAMORE
Ta promesse est un crime , elle est ma perte ; adieu. Périssent tes serments, et ton Dieu que j'abliorre !
ALZIRE
Arrête : quels adieux ! arrête , clier Zamore '
ZAMORE
Gusman est ton époux !
Plains-moi , sans m'outrager.
ZAMORE
Songe à nos premiers nœuds.
ALZIRE
Je songe à ton danger.
ZAMORE
Non , tu trahis , cruelle , un feu si légitime.
ALZIRE
Non , je t'aime à jamais ; ei c'est un nouveau crime. Laisse-moi mourir seule : ôte-toi de ces lieux. Quel désespoir iiorrible étincelle en tes yeux? Zamore...
ZAMORE
C'en est fait.
ALZIRE
Où vas-tu?
ZAMORE
Mon courage De cette liberté va faire un digne usage '.
ALZIRE
Tu n'en saurais douter, je péris si lu meurs.
ZAMORE
Peux-tu mêler l'amour à ces moments d'horreurs?
1 « Celte sortie de Zamore laisse le spectateur dans une grande impatience de savoir ce qu'il aura fait. Le récit d'Émire, et ensuite la scène où l'on vient arrêter Alzire, augmentent encore i'incerlitude et la terreur. » (La Harpe.)