SUREAU, FLOCK, M'"^ SUREAU
M-"^ FLOCK, puis COLAS et FLAVEL.
COLAS, apportant une table avec Flalel. — Voici une table avec tout ce qu'il faut pour écrire.
m'"'-' FLOCK. — II n'y a pas de quoi boire... je meurs de soif.
COLAS. — Attendez... il faut faire son service soi-même! (.4 Flavel.) Jeune homme, allez donc chercher à boire....
(Flavel va chercher à boire.) Comment va-t-on se placer?
m"* SUREAU, s'assei/ant. — Sympathiquement... et puis il ne faut pas faire de cérémonies.
COLAS, debout. — Je propose que nous nous appelions par nos petits noms pour donner un caractère d'intimité à la fête... Comment vous appelez-vous, madame Flock?... Vous devez vous appeler Esther?...
m""-'*" FLOCK. — - Oh ! moi, monsieur, j'ai un nom à coucher à la porte.
COLAS. — Dites-moi la porte, au moins.
FLOCK. — Je m'appelle Modeste.
COLAS. — Modeste? Tiens! ce n'est pas un nom juif.
M""^ FLOCK .'i'as.siied. — En effet... et vous, comment vous appelez-vous?
COLAS n'a.'isifd. — Oh! moi, j'ai un nom honteux !
M."''' SUREAU. — Un nom à coucher à la porte?
La Douloureuse
COLAS. — Ils ont commexcé.
COLAS. — Au contraire, je m'appelle Alphonse.
M™® SUREAU. — Vous aimez le théâtre de Dumas?
COLAS, sèchement. — Non !
M™® SUREAU. — Ah ! voici la boisson !
Flavel revient avec une bouteille de Champagne.
M"« FLOCK. — Vite, débouchez '
FLAVEL, il débouche la bouieii'e. — Vou6 savez ce qu'on dit?...
COLAS. — Non, mais nous allons le savoir dans une minute.
FLAVEL. — 'Il paraît ou Ardan s'est suicidé...
M™^ SUREAU. — Vous en avez de gaies, mon cher Bazouî^c.
FLAVEL. — Non, non, c'est très sérieux... On est venu perquisitionner chez Ivii et, quand il a vu qu'on vidait ses ti-
roirs, il a passé dans sa chambre et on a entendu... (le bouchon saute) une détonation.
COLAS. — Bien réglé!
M™^ FLOCK, tendant son verre. — Versez vite, vite, Raoul... Ça va couler.
FLAVEL. — Oui, il s'est collé deux balles dans la tête ! . . . .
sure.au. — Dites donc, ça n'est peutêtre pas très convenable, ce que nous faisons là?
m""^ FLOCK. — Sureau a raison... ça n'est pas très convenable !
M™^ SUREAU. — Ecoutez, on ne nous a rien dit, officiellement... on est censé ne pas savoir...
M'"" FLOCK. — Et puis il n'est peutêtre que blessé.
m"*^ SUREAU. — Du moment qu'on ne nous a rien dit...
M'""'' FLOCK. — D'ailleurs où alh^r
La Douloureuse
maintenant?... Rien n'eet ouvert à cette iieure-ci... c'est qu'on crève de faim...
SUREAU. — C'est bien embarrassant !
M™® FLOCK. — Voyons, soupe-t-on, oui ou no:ï ?
M™* SUREAU. — Qu'est-ce qu'on fait aux autres tables ?
COLAS, se levant pour regarder. — Ils ont commencé.
FLAVEL. — Eh bien alors, il n'y a plus à hésiter.
meurs, chera rien !
'■"^ FLOCK. — Allons! allons! moi, je . d'autant plus que ça n'empê-
M""*^ SUREAU. — C'est égal, c'eet bien malheureux.
m"^ FLOciC. — Surtout pour cette pauvre W^^ Ardan.
SUREAU. — Ce n'est pas ceux qui s'en vont qui sont à plaindre.
M™^ FLOCK, la bouche pleine. — C'est ceux qui restent... Passez-moi donc le rosbif, Alphonse, voulez-vcus?
COLAS. — Volontiers... Charmante soirée!
FLAVEL. — Beaucoup d'entrain.
Pendant ces dernières répliques le rideau tombe lentement.
Une terrasse a la française d'oc l'on aperçoit la vallée de la Seine.
RCTE DEUXIÈME