‹ AmantsChapitre 60 sur 77 · SUREAU, FLOCK, M'"^ SUREAU · texte numérisé non relu

SUREAU, FLOCK, M'"^ SUREAU

M-"^ FLOCK, puis COLAS et FLAVEL.

COLAS, apportant une table avec Flalel. — Voici une table avec tout ce qu'il faut pour écrire.

m'"'-' FLOCK. — II n'y a pas de quoi boire... je meurs de soif.

COLAS. — Attendez... il faut faire son service soi-même! (.4 Flavel.) Jeune homme, allez donc chercher à boire....

(Flavel va chercher à boire.) Comment va-t-on se placer?

m"* SUREAU, s'assei/ant. — Sympathiquement... et puis il ne faut pas faire de cérémonies.

COLAS, debout. — Je propose que nous nous appelions par nos petits noms pour donner un caractère d'intimité à la fête... Comment vous appelez-vous, madame Flock?... Vous devez vous appeler Esther?...

m""-'*" FLOCK. — - Oh ! moi, monsieur, j'ai un nom à coucher à la porte.

COLAS. — Dites-moi la porte, au moins.

FLOCK. — Je m'appelle Modeste.

COLAS. — Modeste? Tiens! ce n'est pas un nom juif.

M""^ FLOCK .'i'as.siied. — En effet... et vous, comment vous appelez-vous?

COLAS n'a.'isifd. — Oh! moi, j'ai un nom honteux !

M."''' SUREAU. — Un nom à coucher à la porte?

La Douloureuse

COLAS. — Ils ont commexcé.

COLAS. — Au contraire, je m'appelle Alphonse.

M™® SUREAU. — Vous aimez le théâtre de Dumas?

COLAS, sèchement. — Non !

M™® SUREAU. — Ah ! voici la boisson !

Flavel revient avec une bouteille de Champagne.

M"« FLOCK. — Vite, débouchez '

FLAVEL, il débouche la bouieii'e. — Vou6 savez ce qu'on dit?...

COLAS. — Non, mais nous allons le savoir dans une minute.

FLAVEL. — 'Il paraît ou Ardan s'est suicidé...

M™^ SUREAU. — Vous en avez de gaies, mon cher Bazouî^c.

FLAVEL. — Non, non, c'est très sérieux... On est venu perquisitionner chez Ivii et, quand il a vu qu'on vidait ses ti-

roirs, il a passé dans sa chambre et on a entendu... (le bouchon saute) une détonation.

COLAS. — Bien réglé!

M™^ FLOCK, tendant son verre. — Versez vite, vite, Raoul... Ça va couler.

FLAVEL. — Oui, il s'est collé deux balles dans la tête ! . . . .

sure.au. — Dites donc, ça n'est peutêtre pas très convenable, ce que nous faisons là?

m""^ FLOCK. — Sureau a raison... ça n'est pas très convenable !

M™^ SUREAU. — Ecoutez, on ne nous a rien dit, officiellement... on est censé ne pas savoir...

M'"" FLOCK. — Et puis il n'est peutêtre que blessé.

m"*^ SUREAU. — Du moment qu'on ne nous a rien dit...

M'""'' FLOCK. — D'ailleurs où alh^r

La Douloureuse

maintenant?... Rien n'eet ouvert à cette iieure-ci... c'est qu'on crève de faim...

SUREAU. — C'est bien embarrassant !

M™® FLOCK. — Voyons, soupe-t-on, oui ou no:ï ?

M™* SUREAU. — Qu'est-ce qu'on fait aux autres tables ?

COLAS, se levant pour regarder. — Ils ont commencé.

FLAVEL. — Eh bien alors, il n'y a plus à hésiter.

meurs, chera rien !

'■"^ FLOCK. — Allons! allons! moi, je . d'autant plus que ça n'empê-

M""*^ SUREAU. — C'est égal, c'eet bien malheureux.

m"^ FLOciC. — Surtout pour cette pauvre W^^ Ardan.

SUREAU. — Ce n'est pas ceux qui s'en vont qui sont à plaindre.

M™^ FLOCK, la bouche pleine. — C'est ceux qui restent... Passez-moi donc le rosbif, Alphonse, voulez-vcus?

COLAS. — Volontiers... Charmante soirée!

FLAVEL. — Beaucoup d'entrain.

Pendant ces dernières répliques le rideau tombe lentement.

Une terrasse a la française d'oc l'on aperçoit la vallée de la Seine.

RCTE DEUXIÈME

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