‹ Ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inédits, avec treize planches hors texteChapitre 81 sur 135 · A. E.Perse, t. 4, f · texte numérisé non relu

A. E.Perse, t. 4, f

mière conférence avec Torcy, Pontchartrain et Desmarets. Le fond du débat n'y fut pas encore abordé. On convint que les objections de la France contre le traité de Michel seraient mises par écrit, traduites et communiquées à l'ambassadeur. En outre des « personnes habiles et ins- « truites sur le fait du commerce », seraient choisies pour exposer les modifications nécessitées par le bien réciproque des sujets des deux Rois.

Louis XIV approuva cette procédure qui déchargeait ses ministres d'une discussion fastidieuse et désigna M. de Landivisiau, maître des requêtes et intendant de commerce ', Crozat 2 et

1. Danycan de Landivisiau, maître des requêtes, intendant de commerce pour la généralité de Paris sauf la ville, les trois généralités de Normandie" (Rouen, Gaen et Alençon), Orléans et Bourges, le commerce de la Savoie et du Piémont, la partie de l'Afrique depuis Gibraltar jusqu'au Gap et la côte d'Espagne sur l'Océan. Membre du conseil de commerce. (Almanach royal).

2. Crozat (Antoine), marquis du Ghâtel, Moùy, Vandeuil, Tugny, Trugny (titre acheté au prince de Ligne en 1704), 1655- 1738. 11 fut receveur général du clergé et des finances de Bordeaux, trésorier des États du Languedoc, administrateur du comté de Dreux sous le duc Louis- Joseph de Vendôme. Il acheta, le 28 septembre 1715, la charge de grand trésorier des ordres du roi. La grande fortune qu'il possédait lui permit aisément de prêter 60.000 livres au régent, après la mort de Louis XIV. Il se démit en 1724, en faveur du garde des sceaux de France, Armenonville, de sa charge de grand trésorier. 11 avait obtenu par lettres patentes du 14 septembre 1712 le monopole du commerce dans la Louisiane, mais il les rendit au régent à la suite d'un arrêt du conseil du 24 août 1717, ce qui permit à Law de constituer la compagnie des Indes orientales. (Cabinet des titres. Dossier bleu, 226.)

Moreau l, ses secrétaires, afin de débrouiller les questions avec Mehemet Riza Beg. L'ambassadeur trouverait lui-même un réel avantage à cette méthode de travail, car il lui serait plus aisé de présenter ses observations, et préparer ses réponses. Une dernière réunion suffirait alors pour régler définitivement tous les points avec les ministres, et la signature du nouveau traité s'effectuerait rapidement dans les conditions les meilleures.

Le 0 juillet, les délégués techniques se réunirent à l'hôtel de la rue de Tournon. L'ambassadeur commença par se plaindre de ne plus traiter avec Torcy et Pontchartrain et on dut lui représenter qu'il y avait déjà consenti. Le Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangères prit la peine, le lendemain, de lui rappeler qu'il avait sollicité lui-même « d'aplanir les difficultés avec des per- « sonnes capables de lui donner des éclaircisse- « ments » 2 et qu'il ne s'agissait nullement de ravaler son caractère. Ne devait-il pas être persuadé de la considération et des égards qu'on avait pour lui par la façon dont on l'avait reçu depuis son arrivée dans le royaume ?

1. Moreau (Pierre\ fils d'un marchand drapier de la rue Saint-Denis à Paris, fit une grosse fortune avec les fournitures des régiments. Il devint secrétaire du roi et trésorier général des Invalides et mourut en 1725. (Cabinet des titres. Dossier bleu, 471).

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