‹ Ambigu-comiqueChapitre 2 sur 25 · Nicolet avait reçu le même honneur · texte numérisé non relu

Nicolet avait reçu le même honneur

public pour ce spectacle dans ce joli vers :

Chez Audinot l'enfance attire la vieillesse.

Parmi les enfants qui brillaient dans cette troupe, on distinguait la fille d' Audinot, Eulalie, qui dès, l'âge de dix-huit ' ans, se faisait remarquer par sa belle voix, et son intelligence précoce.

A l'exemple de J. Monnet, qui avait mis son nom dans l'épigraphe latine placée en tête de son Anthologie française. Muket, Monnet, Audinot avait fait aussi entrer le sien, dans la devise inscrite sur la toile de son théâtre Sicut infantes audinos qu'un mauvais plaisant avait traduit ainsi : Ci-gît les enfants d' Audinot la foule se portait à ce théâtre, et FOpéra értait désert ; les administrateurs parvinrent à obtenir, vers la fin de l'année 1771, un arrêt du conseil, qui rangeait l'Ambigu-Comique parmi les théâtres de la dernière classe. On ne lui laissa que quatre musiciens; les chants et les danses lui furent défendus, ce qui occasionna une grande rumeur au boulevard. Peu de jours après, l'autorité décida que ce spectacle recouvrerait la musique, la parole, et la danse, mais qu'il paierait une contribution de 12,000 livres au Grand-Opéra. Citait de l'argent qu'on voulait et voilà tout ; dès qu'on eut jeté le gâteau dans la gueule de Cerbère, il cessa d'aboyer et de mordre. A mesure que nous approchions de la révo-

lution, les théâtres empiétaient sur les privilèges; à des enfants de dix ans succédèrent des jeunes gens, de quinze à dix-huit.

Damas, Varenne et d'autres comédiens du Théâtre-Français y ont joué dans leur jeunesse, un acteur de quatre pieds trois pouces nommé le petit Moreau, y jouait les arlequins ; dans une pièce intitulée Robinson dans son Ile, le petit Moreau représentait Vendredi *. Les ouvrages enfantins firent place à des pièces plus corsées; et petit à petit le théâtre de l'Ambigu-Comique devint un théâtre comme un autre. Un genre qu'il avait adopté et qui fit fureur, était celui de la grande pantomime historique ou romanesque. Le Masque de fer, le Capitaine Cook, la Forêt noire, Hercule et Omphale, les Quatre fils Aymon ont singulièrement intéressé nos pères, mais une pantomime qui obtint un de ces succès comme on en voit peu, était le Maréchal des logis.

Une aventure arrivée dans la forêt de Villers-Gotterets en avait fourni le sujet. Une jeune fille la traversait seule, quand elle fut arrêtée par deux voleurs, qui, après lui avoir pris tout ce qu'elle possédait, la garrottèrent à un arbre, pour lui faire sans doute souffrir de plus affreux tourments...

Mais par bonheur, un brave maréchal des logis des dragons de la reine, qui se ren-

Page 1