ADMINISTRATION
MM. Henri Chabrillat, directeur.
Alfred Bourgeat, secrétaire général.
Husson, caissier, chef du matériel.
Meyronnet, chef d'orchestre.
HENRI CHABRILLAT
Gomme soldat, ayant gagné la croix d'honneur par sa bravoure à l'héroïque défense de Châteaudun, tout le monde connaît le jeune directeur du théâtre de l'Ambigu; je dis jeune, car il n'a encore que trente-sept ans.
Gomme auteur dramatique, comme jour-
naliste, et surtout comme rédacteur d'excellents articles militaires, tout le Paris des lettres, de l'armée et des arts, salue en Chabrillat un garçon au cœur excellent, un écrivain de valeur. Fils d'un ancien directeur de province-, ainsi «que nous l'apprend sa biographie dans le Larousse, et gendre d'un autre directeur des plus heureux (M. Cantin), Henri Chabrillat ne pouvait échapper au rêve ambitieux, mais réalisable, d'être directeur à son tour*. Son choix est tombé sur l'Ambigu, et dame, il pouvait tomber plus mal. Le sanctuaire directorial de Chabrillat ne mérite aucune mention particulière, comme on pourrait s'y attendre. C'est le cabinet où ont régné à tour de rôle tous ses prédécesseurs. Mêmes rideaux de reps, même bureau, même glace bordée de cartes de visite, mêmes fauteuils, même cartonnier, mêmes cartons, et, j'allais dire : mêmes manuscrits, empilés dans ces cartons. Henri Chabrillat ne donne prise qu'à son domicile personnel, prise à la curiosité des reporters et des biographes. Chez lui, il n'est plus directeur ni nomme de lettres, c'est le capitaine-adjudant major Henri Chabrillat; et, comme tel, il se plaît à donner un air et un cachet militaires à son appartement et à son ameublement. Le général Farre lui-même s'y croirait chez lui, car on n'y voit pas le moindre tambour.
Est-ce à dire que les goûts belliqueux de M. Chabrillat trouveraient cehii-ci plus disposé à jouer les pièces militaires que les autres? Non; et Turenne, que M. Chabrillat monta pour se mettre au diapason du moment, fut une tentative qu'il ne renouvellera pas. M. Chabrillat est très aimé -de ses artistes qui sont autant ses camarades que ses pensionnaires et subordonnés. Certes, ce n'est pas à son théâtre qu'on lui reprochera de le faire... à la pose. Henri Chabrillat rappelait, l'autre jour devant le caricaturiste Gill, que c'est lui qui avait fondé le premier journal illustré à deux sous, et que ce journal intitulé le Gamin de Paris, avait Pilottel et Montbars pour dessinateurs et le docteur Labarthe parmi ses rédacteurs. Le Gamin de Paris ne vécut que trois mois.