Et quant à cest aduertissement que vous faites tou
médecin des reines Elisabeth d'Autriche et Louise de Lorraine, mort probablement en 157g.
(i) Pierre Le Fèvre.
(2) Olivier de Violaines, de Troyes, reçu docteur à Paris le 10 décembre
(3) Jacques Bôrenger, anatomiste et chirurgien distingué, né à Carpi, vers 1480, professa à Paris et à Bologne, et mourut ù Ferrare, en i5So. Il a publié un traité des fractures du crâne, des commentaires sur l'anatomie de Mondini, et Isagogœ bre-vcs pcrlucidœ, Bologne i522, ouvrage dans lequel se lit l'observation dont il est ici question.
(4) Bologne, dans les États de l'Église.
chant les Monstres, ie les ay recueillis de Rondelet, Gesnerus (i), Cardan, Boistuau (2), lequel pour le iourdhuy est ordinairement entre les mains des Dames et Damoiselles. Dauantage n'est-il permis de les voir en chair et en os tous les iours en ceste ville de Paris et ailleurs ?
27. Pour vous respondre au traicté de l'artifice des Gueux de l'hostiere, ie l'ay escrit pour cognoistre leurs impostures, lesquelles cogneues, pourront estre déclarées aux luges. Afin que souz le voile de la pauureté, ils ne dérobassent le pain aux panures honteux, et que comme fainéants ils fussent bannis hors du pays, ou contraincts à quelque mestier nécessaire pour le public.
Au reste mon intention a tousiours esté saine touchant les maladies des Saincts : Sçavoir, qu'iceux ne nous enuoyent point certaines maladies, combien que ierecognoissequ'icelles enuoyees aux hommes par le iuste iugement de Dieu, sont guaries par leurs moyens. Dauantage en cecy i'ay escrit en Chirurgien, suiuant la doctrine du diuin Hippocrates au liu, de morb. sacr. qui baptise ceux qui estiment les Saincts enuoyer des maladies de tels noms. Malheureux, Trompeurs et très Mechans : non toutesfois qu'il nie estre guaries par leur puissance et moyen.
28. Touchant l'antimoine que vous m'impugnez donner aux malades pour les faire mourir : A ce ie vous répons, que telle drogue ne peut non plus faire mourir vne personne que fera la Rhubarbe, ny autre drogue, prenant indication de la
(i) Conrad Gesner, savant médecin et naturaliste, né en i5i6, à Zurich où il mourut en i565.
(2) Pierre Boaistuau, dit Launay, compilateur, né à Nantes vers i5oo, mort à Paris vers i566, a publié des Histoires prodigieuses, et a traduit de Bambello, avec Belleforest, des Histoires tragiques.
véhémence de la maladie du corps, auquel on la donne, et de la quantité d'iceluy. Lesquelles choses considérées, faict des choses miraculeuses, guarissant les maladies qui ne peuuent astre vaincues ny surmontées par remèdes doux et bénins. Et pour ce ie l'ordonne en la peste à ceux qui sont de nature forte, et non à toutes maladies, ni à tous corps, suiuant le diuin Hippocrates, qui dit : Qu'aux fortes maladies, il faut vser de forts remèdes.
Et quant au souphre, Dioscoride en faict prendre pour les Asthmatiques, Galien en baille pour résister aux venins, tant s'en fault qu'il soit venin comme vous dictes. Le vif argent est baillé par Brassauole (i), médecin très docte. Les femmes, comme escrit Matthi, sus le chap. 70. du liu. 5. l'ordonnent aux petits enfans, pour les vers : pourquoy donc le Chirurgien méthodique guidé de ses indications n'en vsera ? Et touchant l'y^gyptiac, i'en ordonne en petite quantité dissoult avec une décoction detersiue, pour corriger quelque pourriture qui seroit en la poictrine, et proteste en auoir vsé avec bonne issue, lequel n'estant composé que d'Alun, sel, miel et vinaigre, pourquoy sera-il poison? Faulsement vous m'imposez le mettre aux yeux, mais au contraire ie défends qu'il n'y entre, comme on pourra voir par ce passage corrompu par vous. 500. duquel lieu les mots sont tels. Et si tel remède ne suffit vserez de cestuy ci. Rec. vngu. aegyptiaci dr. 1. dissoluti in aqua plantaginis quantum sufficit, auec vn peu de linge délié et imbu, seront touchez les palpèbres : soy donnant bien garde qu'il n'en tombe en l'œil. Et touchant le vinaigre ie ne
(i) Antoine Musa Brassavole, né à Ferrare le 16 janvier i5oo, médecin d'Hercule de Ferrare, archiâtre de quatre papes, médecin consultant de Charles-Quint, de Henri VIII et de François I", a vanté le mercure comme anthelminthique. Il est mort le 6 juillet i555.
l'ordonne pas, mais ie dis l'aucir veu pratiquer à vne femme comme chose emerueillable. Et quant aux fautes que dictes estre en mes œuures, ie suis tout prest, me les ayant montrées, les corriger, ne voulant laisser à la postérité, chose qui lui peust preiudicier, et que nos successeurs ne se trompent en mesme façon que ie pourrois auoir esté deceu.
29. Dauantage en ceque vous m'obiectez, que n'ay serui que deux Roys. Nul n'ignore que n'aye esté au seruice du Roy de Nauarre décédé, au Roy Henri II, lequel me demanda audit Roy de Nauarre. Que n'ay serui le Roy Charles IX, aymé et estimé de luy. Et par luy employé au seruice des grands seigneurs, que i'ay pensé, et Dieu les a guaris. Depuis le vouloir du Roy Henri 111a esté tel, de m'auoir continué en son seruice, et par luy employé plusieurs fois.
Quant aux Escrouelles. Cela est congnu et aueré à tous, que les Roys de France ont puissance de les guarir : ce que i'ay veu vne infinité de foys, et pource que c'est chose toute notoire, ne I'ay voulu insérer en mon liure. Et pourrois prouuer par le tesmoignage de plusieurs gens de bien de cette ville, quelle authorité i'attribue à tel don de grâce concédé aux Rois de France, par le bénéfice de Dieu, les ayans renuoyez au Roy, et preste toute faueur pour les y faire entrer, voyant qu'autrement par remèdes humains on n'en pouuoit auoir de raison.
Comme ainsi soit donc, que tout ce qu'auez tronqué et extraict deçà et delà, corrompant les sentences de mes œuures, pour les iuger deshonnestes, meschantes, détestables et indignes d'estre escrites, récitées et leûes d'un homme Chrestien. 11 faut de nécessité me donnant telle condamnation, que tous nos anciens médecins faits français par vous mesmes, soyent mis à telle amende et punition, à laquelle desirez que
sois condamné : car s'il y a aucune faulte, elle a esté premièrement faicte par eux, et diuulguee par vostre traduction.
De ma part i'estime en mon liure n'estre rien de pernicieux pour estre en nostre langue vulgaire. Ainsi le divin Hippocrates a escrit en sa langue, laquelle estoit congnue et entendue des femmes et filles, ne parlant autre langage qu'icelle. Quant à moy ie n'ay escrit sinon que pour endoctriner le ieune Chirurgien, et non à celle fin que mon liure fut manié par les idiots et mécaniques, encore qu'il fut escript en François, (i)
(Bibliothèque Nationale.)
(i) Nous n'avons pas cru pouvoir nous permettre de modifier en quoi que ce soit ce mémoire si intéressant et si peu connu, et nous le reproduisons tel qu'il est, avec les fautes qu'il contient et les naïvetés de son style.
1575» — M Juillet.