‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 11 sur 123 · TROMBES OBSERVEES PAR LE CAPITAINE COOK · texte numérisé non relu

TROMBES OBSERVEES PAR LE CAPITAINE COOK

Le 17 mai 1773, le capitaine Cook voguait sous un bon frais de l'ouest quart sud-ouest, et par un temps très-clair, sur le canal de la Reine-Charlotte, lorsque tout-à-coup le vent s'affaiblit, puis tomba si complètement que le tangage, causé par l'agitation des vagues, devint très-fatigant pour les navires.

D'épais nuages, montant avec rapidité du pied de l'horizon, eurent en un instant voilé le ciel à son zénith, et bientôt les regards des équipages furent frappés par six trombes nées subitement sur différents points de la mer.

L'une d elles passa à cinquante verges du vaisseau monté par le célèbre navigateur anglais, sans produire le plus léger effet sur lui. Sa base avait environ cinquante ou soixante pieds, c'est-àdire gue la mer, fort agitée dans cet espace, jetait de l'écume à une grande hauteur.

Sur cette base s'élevait une colonne, à qui les rayons du soleil, lorsqu'ils tombaient sur elle, donnaient un aspect éclatant Elle semblait être formée par l'eau que le tourbillonnement de l'air enlevait à la mer. Sa largeur se développait un peu vers l'extrémité supérieure. Plusieurs marins crurent voir un oiseau emporté dans le tournoiement ascendant qui régnait dans chacune d'elles.

La durée de ces trombes fut constamment accompagnée de risées de vent, soufflant par intermittences de tous les points du compas , et de légères ondées tombant de temps en temps par larges gouttes.

A mesure que les nuages s'approchaient des vaisseaux, la mer crépitait plus vivement en petites vagues brisées, et des grêlons tombaient par moments des vapeurs sombres qui s'étendaient dans l'air.

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