‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 118 sur 123 · M. LE VICE-AMIRAL WILLAUMEZ · texte numérisé non relu

M. LE VICE-AMIRAL WILLAUMEZ

Par l'effet d'un scrupule que les gens sages ne pouvaient manquer d'approuver, les rédacteurs de la France Maritime s'étaient jusqu'ici abstenus d'insérer dans ce recueil des notices concernant des personnages encore existans. Mais, de toutes parts, on leur a exprimé la crainte que cette réserve, d'ailleurs si louable, ne tournât au détriment de leur ouvrage, et le désir qu'il ne restât pas, sous ce rapport, dans une espèce d'infériorité comparativement à d'autres publications sur la marine.

Déférant aux vœux du public, nous allons entrer, avec toute la circonspection possible, dans une carrière dont l'accès nous avait d'abord semblé interdit par le sentiment des convenances. La partie biographique de la France Maritime aura, du reste, cet avantage sur les biographies de personnes vivantes dont notre pays a été inondé depuis vingt ans, et dont quelques-unes sont des œuvres de scandale, qu'ayant uniquement pour objet de rappeler les actions d'hommes qui, de diverses manières, ont honoré la marine française, elle ne pourra pas exciter de mauvaises passions et n'offrira généralement qu'un juste tribut payé à de brillans exploits ou d'utiles services. La France Maritime pourra ainsi, dans ses pages, associer aux grandes gloires passées les illustrations présentes; et, parmi les honorables débris des marines de la République et de l'Empire, elle ne manquera pas d'hommes à présenter comme modèles aux jeunes marins de la génération actuelle. Dans le nombre est, sans contredit, le digne amiral qui fait le sujet de cet article.

M. WILLAUMEZ (Jean-Baptiste-Philibert), vice-amiral, grand-officier de la Légion-d'Honneur, est né à Belle-IsIe-en-Merle 7 août 1763. On eût pu croire qu'à l'exemple de son père, ancien capitaine d'artillerie, il prendrait parti dans l'armée de terre ; mais une vocation irrésistible le poussa à essayer de faire son chemin dans la marine. A peine âgé de quatorze ans, il s'embarqua comme mousse. C'était partir de bien bas ; mais ainsi débuta le grand Nelson. Toutefois le temps n'était pas encore arrivé où, avec plus de vérité que ne le dit un jour le rusé Louis XVIII, chaque soldat avait dans sa giberne le bâton de maréchal : un mousse, en 1777, avait encore bien moins dans son sac les épaulettes d'amiral. Quoi qu'il en soit, les dispositions peu communes du jeune Belle-Islois pour le métier de la mer, son zèle et son application lui procu*

MAKITIMK

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