‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 56 sur 123 · D'UN VAISSEAU A TROIS PONTS · texte numérisé non relu

D'UN VAISSEAU A TROIS PONTS

Depuis on grand nombre d'années on n'avait point armé dans nos ports de vaisseau de guerre proprement dit. L'armement du Montebello à Toulon offre donc à l'observation un champ assez neuf, eu égard aux importantes modifications que l'art des constructions et les nouvelles combinaisons de détails maritimes ont subies. Les vingt années de paix et les rapports fréquens que ce laps de temps a offerts à toutes les marines européennes, ontamené par initiations successives des améliorations nombreuses dans les dispositions intérieures des vaisseaux. Un journal qui, bien que jeune, a déjà obtenu un succès mérité, la Chronique de Pari», a publié, il y a quelque temps, un aperçu de l'armement d'un vaisseau à trois ponts, qui offre les plus curieux détails pour les gens du monde comme pour les hommes spéciaux. La conformité du sujet traité dans la Chronique, avec le titre de cet article,.y enchaînait naturellement les détails que nous extrairons de ce journal. C'est aussi de l'armement du Montebello dont il y est question.

Le fer reçoit chaque jour un emploi plus étendu dans la. marine militaire ; aux énormes câbles de chanvre, qui étaient susceptibles de se couper sur les fonds de roche ou de corail, on a substitué des càbles^chaînes dont la longueur est de 300 mètres. Ces câbles-chaînes ont nécessité des fourrures d'écubiers en fonte. et d'autres pièces en fonte pour préserver les bittes du frottement (i). L'emploi de ces chaînes a donné lieu à l'invention du stopper-Béchameil (2) , machine fort ingénieuse et très-utile, et du cercle de cabestan-Barbotin (3), ouvrage également en fer fondu. C'est avec un mécanisme en fer qu'on fixe l'extrémité du câble-chaîne opposée à l'ancre, et qu'on peut, avec facilité et promptitude, la pré-

(I) La publication de notre Dictionnaire maritime pour les gens du monde, doit nécessairement donner à notre rédaction une allure plus large, puisque désormais nous pouTons , sans risque d'arrêter nos lecteurs devant la technicité de la langue maritime, employer toutes les couleurs qu'exige la reproduction fidèle des tableaux de la navigation et de tout ce qui en découle.Nos abonnés nous sauront gré de cette mesure, qui les forcera à avoir recours à l'explication des mots, faite pour eux, puisque ce moyen gravera cette explication dans leur mémoire. Ce Dictionnaire maritime est aujourd'hui entre les mains d'écrivains consciencieux, qui terminent les corrections et additions qui en font un ouvrage de science et d'érudition dont la lecture est à la fois amusante, curieuse et instructive.

(Note du directeur-fondateur.)

(1) (3) Des noms de leurs inventeurs.

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