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lui; rien n'allait bientôt plus s'opposer à ce qu'il pût toucher le but qu'il voulait atteindre ; le commerce français allait bientôt s'étendre librement dans l'Inde; toutes les espérances allaient être réalisées, quand une nouvelle escadre anglaisé qui parut à la hauteur de Pondichéry le força à retirer ses troupes et à abandonner Saint-David, qui, d'un autre côté, recevait aussi des renforts d'Acrage et de Bombay.
Par sa jonction avec l'escadre qui existait déjà dans l'Inde, l'amiral Boscawen se trouva à la tête des forces les plus considérables qui jamais aient été vues dans ces parages, et auxquelles rien ne paraissait pouvoir résister. Le 30 août i748, les Anglais ouvrirent une tranchée devant Pondichéry; mais Dupleix avait si bien su ménager et tirer parti des forces qui lui restaient dans l'intérieur de la place, que, le 6 octobre suivant, ils furent forcés d'en lever le siège, après avoir perdu plus de douze cçnts hommes.
Cet événement inattendu mit le comble à la gloire de Dupleix et à la réputation militaire des Français, sur lesquels toutes les puissances de l'Inde avaient les yeux fixés.
La signature des articlespréliminaires du traité de paix d'Aix-la-Chapelle, qui eut lieu le mois suivant, mit fin aux hostilités de part et d'autre ; cependant le ministère anglais enjoignit à Boscawen de rester dans l'Inde jusqu'à nouvel ordre, et sa présence, ainsi que le ministère l'avait prévu, arrêta les mouvemens de Dupleix.
De son côté, le conseil de Madras, qui se voyait à la tête de forces imposantes, voulut les mettre en usage, et tirer parti de sa position. Sous le prétexte honnête de remettre en possession de ses Etats un radjah de Tanjaour, que son frère en avait chassé, ils se mirent en campagne, après avoir fait avec le prince malheureux un traité par lequel il abandonnait le fort de Devicota avec un district d'un produit annuel d'environ 30,000 fr.
Gomme la cupidité avait été le seul but de cette entreprise, le conseil de Madras, éprouvant plus de résistance de la part de l'usurpateur qu'il ne s'y était attendu , consentit sans scrupule à abandonner la cause de son protégé, en acceptant de la part de son frère les mêmes avantages que celui-ci lui avait offerts.
Durant cet intervalle, des événements prévus et préparés par Dupleix lui fournirent enfin l'occasion qu'il cherchait depuis long-temps, de prendre part au délabrement de l'empire mogol , occasion que le départ de l'amiral Boscawen rendit encore plus favorable.
Pendant que les deux nations rivales se disputaient ainsi sur la côte de Goromandel la possession de leurs factoreries et l'établissement de leurs comptoirs, Dehly éprouvait de nouveaux malheurs. Abdalla-Khan s'empara, à la mort de Nadir-Sha,de toutes les provinces conquises par ce prince en 1739. Comptant, d'ailleurs, sur
FIANCE MARITIME
la fjpiblesse do Jfaheiriqd , il s'avança à la (été d'une arméa nombreuse vers Dehly ; repoussé avec perte, il fut obligé de se mirer vers la nord , où il occupa pendant quelque temps toutes les forces de l'empire.
ta plupart des soubas , en conservant les der hors de l'obéissance, s'affranchissaient en effet de l'autorité du souverain. Le faible et malheureux Mahomed- mourut eu 1749, et Achmet-Sfra, son fils, monta sur le trône.
La mort de Nizam-ul-lfàlleeb suivit de près celle de Mahomed } Naziraing, spn second fils, s'empara sur-le-champ des trésors de son père, et se fit proclamer souba à Aurenf-Abad.
Cette soubabie était alors composée de six grands gouvernemens , dont celui de Golconde , l'un des plus considérables , comprenait différentes nababies, et particnlièrementles provinces connues sous le nom de Cinq Circaê du Nord.
Il avait sous ses ordres plus de trente pababs ; plusieurs grands radjahs étaient ses tributaires , et, enfin, ton vaste gouvernement contenait envi* ron trente-cinq millions d'habitants.
Muzaferzing, petit-fils de Nizam, avait obtenu du vivant de son grand-père le gouvernement d'Adoni, et avait conçu et conservé l'espérance de succéder à la soubabie au préjudice de ses oncles. Chunda-Saëb, gendre de feu d'AeHS-Ali, ancien nabab d'Arcot, tué dans la guerre contre les Carnates, ainsi que nous l'avons vu plus haut, et qui lui-même avait été fait prisonnier par eux, obtint son élargissement par l'entremise de Dupleix. Il prétendait ouvertement à la nababie d'Arcot , occupée par Anaverdikhan , nommé à cet emploi par Nsuiirzinp, alors souba du Deccan , laquelle nomination avait été confirmée par la cour de Dehly. Pour y parvenir, il engagea Nazirzing à disputer à son oncle cette soubabie, objet de leurs vœux et de tous leurs efforts. Tous deux levèrent une armée, à laquelle Dupleix, dont cette guerre remplissait les vues, consentit à joindre ses troupes. En conséquence, Anaverdikhan vint attaquer Muzaferzing : le combat eut îieu pièsAmbour, ville située à trente-neuf lieues Duest de Madras.
Le Combat fut long et opiniâtre; mais, enfin, la victoire resta tout entière du côté de Dupleix. Anaverdikhan perdit la bataille et la vie ; Mopheus- Khan, son fils atné, fut fait prisonnier; et Mahotned-Ali, son seçond fils, fut obligé de se réfugier à Tritchinapaly, chef-lieu d'un riche district arrosé par le Kavery, qui se trouve à dix lieues nord-est de Tanjaour.
Les Anglais, alarmés des suites que pouvaient avoir ces événemens, vinrent à son secours ; de .3 sorte que la France et l'Angleterre recommencèrent encore une fois, comme auxiliaires, des hostilités qui venaient à peine d'être terminées.
H serait inutile d'entrer ici dans un détail exaot
des eireoestimees qui egrent {içu, et qui firent peoeber la victoire tWôt d'un côté, tantôt d'un autre. Il suffira de dire que Naziraing s>Yança vers Aroot, dont Muzaferzing p'étftit qjnp^ré après la bataille d'Ambqup.
Hors d'état de tewr tête à gnej sirméç de dç m centmille hommes» queJfaliJWg dirigeait contre lui, et qui se trouvait encore renforçée pgr fip détachement considérable d'Angles» Uu^iferyng se trouva forcé defairesaigqmttwm k &PB ppcle, qui le retint prisonnier dans $oji ç^mp» pendant que Ohunda-Saéb et les Français se retiraient à Pondiehéry. Il ne jouit pas long-temps de sa vjptoire : quelque temps aprè*il f qu$§as§iné ; son neveu fut enfin reconnu souba, en décembre \ et bientôt massaeré lui-jnéme daw ni^ç émmv> en se rendant à Aureng-Abad, sa capitale* KGPW* pagn<$ par M. de Bussy.
Salabadzing, troisième fils de îftzam-ul-Sfclleoh, fut proclamé à sa place §ouba du D^ççan.
Gaxi-uU)ieu, son frère aîné, à qui la pharge de trésorier général et commandant en chef des armées n'avait pas permis jusqu'alors de se mêler des affaires du Deccan, yint toubà-rcoup, à la t#te de cent cinquante mille hommes, en disputer le gouvernement. Sa mort arrêta ses prétentions; il mourut en laissant son fils Sharul-Dieu, qui abandonna oette eptreprise hasardeuse, et retourna à Dehly.
La soubabie, objet de toutes ees discussions, fàt confirmée à Salabadzing.
Dupleix travaillait, deson cAté, à mettre Ghuqda-Saeben possession d'Arcot. n eut d'abord les plus grandssuccès ; mais malheureusement il fut trop mal secondé ensuite pour pouvoir réussir. Les revers se succédèrent avec une désespérante rapidité; enfin, en mai 47Bâ, Ghunda-Saéb fut pris et assassiné par les alliés de Hahomed-Ali.
Ce malheur ne découragea pa# Dupleix. En vertu d'un Arman qu'il se fit envoyer par le souba, il se déclara nabab du Carnate, et continua la guerre avec vigueur.
De Bussy, après avoir mis Salabadzipgen possession de la plus grande partie du Deccan, demanda et obtint une récompense proportionpée à l'importance du servioe. L'on confirma la possession, que Dupleix tenait de Nazirzing, des provinces de Mazalipatam et de Condavir, et l'on y ajouta les quatre autres provinces formant les cinq circas dont nous avons déjà parlé.
Ces succès donnaient à la France le territoire le plus étendu et le plus aisé à défendre qui eût jamais appartenu à aucune nation européenne dans l'Inde. Outre un revenu territorial de plus de douze millions, ces provinces offraient des avantages commerciaux de la plus haute impor» tance.