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flUSSEIN-PACHA*
ex-dey d'Alger.
Hussein *'était-il résigné à jouir en paix du calme et du bonheur que lui déniait sa domination aventureuse ? La tranquillité de sa villa, le beau eiel d'Italie* lui ont-ils fait oublier et la Casaubfl, et l'azuf foncé du ciel d'Afrique? C'est ee dont paraissent doute* ceui qui connaissent le caractère de cet homme et Celui du musulman en général. Quoi qu'il en soit, les détails de sa biographie Sont trop curieux pour que nous ne cédions point au désir de rectiBer les erreurs généralemeht répandùes st*r le passé d'un homme dont lè tkéfù se rattëche à l'une des expéditions lés plus gloriétfoea de notre taafine inoderhe.
Husséïn-Dêy toe sort point de la classe des ulémas, comme on Ta publié, et son instruction n'est nblleffiént celle qtie doivent posséder ces gens de là loi* Né aux environ* de Kutahiie, dans l'Asie Mineure, il étàit fopfcW(canonnier) dans l'artiilerie de Sultan-Sélim, â Constantinople. Son chèf voulant lui faire donner la bastonnade pour une faute légère, il s'échappa et alla s'engager chei oû de ces recruteurs qu'Alger entretenait constamment dans les grandes villes maritimes de Turquie, ét qui prenaient tous ceux qui s'offraient à eut.
Le vaisseau barbareèque qui portait flusseïn fttt capturé sous le cap Passero, par un corsaire napolitain et conduit à Naples. Le canonnier déserteur y fut fort bien traité ; il prit goût pour la fille, et pour un sexe qu'alors il Connaissait à peine. Cepëndant, ayant été échangé, il fut conduit & Alger. Il se distingua bientôt dans la milice par son activité et son intelligence. Selon l'usage des Janissaires turcs, il avait ouvert une petite boutique dans la rue Bab-Àaxoun, et y débitait du tabac, des essences, des pipes, commerce facile que faisaient beaucoup de Coul-Oghlis et de riches Maures, pour S'occuper et se Conserver des relations avec toutes les classes.
Hussein avait su se concilier l'amitié d'Ali- Dey. Il ne tarda pas â le trahir et k se concerter avec seà ennemis. Ali ayant été étranglé, comme presque tous ses prédécesseurs, Hussein lui succéda le 38 février 1818. Sa capitulation avec l'armée française a eu Heu ie 4 juillet 1630, et son règne a été un des plus longs qu'Alger ait Vos. — On remarque hors de la Ville, près de la tner, lés tombeaux de quatrô deys élus et tués dans dri setil jour.
^ Hnsseîn-Ï)ey était d'un caractère doux, mais d'une opiniâtreté invincible. Les petitesses de la diplomatie èt les jalousies des puissances maritimes faisaient une partie de sa force, et il en profitait adroitement.
Il se plaisait à braver les représentai c(es puissances européennes. Le consul anglais, Saint- John, ne cessait de réclamer la protection du dey
four chasser jusque dans les montagnes de l'Atlas : pour réponse il lui fit tuer tous ses chiens.Un jour il fit briser la cloche qu'un autre consul avait placée à la porte de son hôtel ; il fit également mettre en arrestation le chancelier de Suède, etc.
*fiJrnk*r°mpu avec Ie C0D8ul de F"ncé en 1827, Hussein se rapprocha des autres agens» qui, presque tous, encouragèrent sa résistance, et lui inspirèrent, dans ses ressources militaires, cette confiance qui l'a perdu. M. Saint-John, surtout, 1 assurait sans cesse que jamais les Français n oseraient l'attaquer sérieusement, et qu'en tous cas ils ne pourraient le faire avec succès.
Marôc et les autres régences, qui n'ont donné aucun secours à Alger, avaient aussi engagé Hussein à refuser toute satisfaction à la France. Les beys de Tunis et de Tripoli lui écrivaient pour louer sa fermeté, et l'assuraient qu'ayant consulté les plus grands marabouts sur l'issue d'une guerre possible, ces oracles avaient été constamment favorables. Ils lui promettaient d'ailleurs de l'aider pour l'extermination des infidèles.
Husseïn-Dey rendit, assure-t-on, à leurs familles deux jeunes demoiselles d'Europe qui étaient renfermées dans son harem. Ce fut à la sollicitation pressante du consul anglais qu'Hussein mon* tra tant de continence et de générosité ; mais il est douteux qu'il ait accompagné le don de leur liberté d'un présent de 5,000 piastres : ceux qui ont écrit cette anecdote ne le connaissaient pas-
Ce souverain détrôné montra beaucoup de résignation ; et les mépris de tous ses anciens sujets, qui naguère se prosternaient devant lui, ne l'affectèrent nullement. Lorsqu'on faisait allusion à son malheur, il se contentait de répondre en tournant son chapelet : Dieu est grandi Que sa volonté soit faite ! C était écrit!
Toutefois, il n'oublia point ses intérêts pécu» niaires.
. Quelques prédictions ridicules, et le bonheur inouï jusqu'alors, dans Alger» de sauver sa vie en perdant le pouvoir, ont persuadé à Hussein qu'il était destiné à régner encore sur la côte d'Afrique. Omer-Paeha, étranglé par les Janissaires, l'avait assuré qu'il vivrait et mourrait dey. Vingt marabouts avaient fait la même prophétie* il espérait donc. — Hussein aurait pu jouir aussi de ses immenses richesses ; mais l'humeur acariâtre de sa vieille épouse» et la garde de quelques jeunes odalisques» reste d'un harem de soixante-dix femmes, ne lui ont pas permis, dit-on, dejouirdela paix intérieure de la famille.
L'ex-dey d'Alger, détrôné le 5 juillet 1830, est mort à Alexandrie en octobre 1834, n'ayant même point cherché à ressaisir les rênes de son gouvernement , ni à conspirer contre la domination des Français en Algérie» Il venait de faire un pèlerinage à la Mecque où l'avait attiré sa ferveur religieuse» rcdoubléo depuis sa chute, aussi bien que sa résignation, qui
est l'inséparable compagne de la croyance des musulmans.
Sa mort a-t-elle été naturelle? On ne sait; mais il aura» dit-on, à peine eu le temps de répéter ses maximes favorites : Dieu est grand! Que $a volonté soit faite 1 C 'était écrit! Plût à Dieu que tous les souverains qui n'ont point rendu leur peuple heureux, et auxquels on a ôté le pouvoir, montrassent la même résignation 1
On a prétendu aussi qu'il avait été victime d'une de ses femmes, comblée par lui de bienfaits. Il aurait donc eu à subir une épreuve de plus dans ce monde.
A. Préaux, Colonel d'artillerie de la marine.