CAMPAGNE DE
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Les graves préoccupations que, depuis 1830, les événemens ont jetées dans les esprits, n'ont pu éteiudre cette ardeur de recherches historique» dont avaient été marquées les dernières années de la restauration. Si les tumultes de la rue, devenue durant plusieurs années le théâtre de la politique, passée de la discussion des doctrines â l'action armée, ont suspendu quelque temps l'étude dpnt le calme social est une dès nécessités les plus absolues, cette agitation profonde, conséquence nécessaire d'une révolution récente, ne s'est point plus tôt calmée que des hommes de travail et d'érudition ont repris cette grande œuvre nationale, dont le résultat doit être de révéler au pays toutes les richesses, tous les monumens de son passé que lui a dé robes l'oubli. Un nouveau progrès s'est accompli. Le gouvernement, sentant 1 impuis-
sance £ laquelle étaient réduits les effcrts des sa*
vans isolés, a cru devoir organiser sur tous les points de la France les recherches dont le concours pouvait seul compléter les découverteç.Tous les *avans dont les noms s'étaient produits par de grave? travaux ou par d'importans ouvrages, ont été appelés à la direction de ces investigations ; un homme, pourtant, dont l'érudition pouvait rendre les plu§ grands services, le bibliophile Jacob, a été oublié par le ministre-directeur.
Au milieu des goûts dont cette grande entreprise est un des symptômes, nous croyons seconder les tendances de l'opinion en présentant à nos lecteurs, par des documens empruntés à l'époque, le tableau des mouvemens maritimes quj ont fait de la campagne de 1778 une des années les plus glorieuses pour le pavillon français. C'est d'ailleurs, selon nous, le seul moyen de conserver aux événemens leur couleur et leur physionomie.
Le tableau de l'opinion publique en France, au commencement de 1778, est emprunté à la correspondance d'All'eye.
c Biep des gens se flattaient encore en France de Ja continuatiou de la paix, parce qu'ils ne lisaient point de manifeste ; comme si l'on ne se passait pas aujourd'hui de cette vaine formalité j comme si la guerre dernière n'avait pas commencé sept ans avant les écrits hostiles; que di$je, presque au moment même où le traité de paix venait de se signer; comme si, enfiu, la dé* cla ration du marquis de rfoailles, en se retirait de Londres, n'eu était pas une très-sérieuse et vraiment offensive. Ce qui rassurait ces politiques et les confirmait dans leur opinion, c'était la circonspectiou de l'Angleterre à l'égard des navires du commerce français, que les vaisseaux et escadres de S. M. Britannique inquiétaient moins que jamais, lorsqu'ils n'étaient chargés que de marchandises innocentes, et ne fouillaient point quelquefois, surtout au* attéragesde France. Ils attribuaient cette modération apparente à la crainte des menaces de S. Qf . trèschrétienne, et il paraît qu'en effet tels étaient les ordres de l'amiral Keppel, qui, dans sa lettre à l'amirauté, même depuis le combat de t'Àréihuse et de la Belle Poule, annonce qu'il a laissé passer au milieu de sa flotte, sans les molester, plusieurs navires marchands, qu'il n'a pas cru convenable dé les interrompre en aucune manière dans leur voyage. Et des nouvelles récentes des ports apprennent que l'amiral Byron s'est conduit avee la même sagesse. Mais de ce qu'on met quelque intervalle entre l'insulte et la vengeance, il ne s'ensuit pas qu'on n'ait pas droit de recourir à celleci, ou qu'on y renonce. Cette conduite prouve seulement l'incertitude, la pusillanimité ou même l'impuissance de l'Angleterre. Peut-être nos ministres étaient-ils bien aises de s'assurer avant des dispositions des autres puissances, et Mutent
4è ééfeè âè FEMigilè { péttUètfè &>Us ce càlme éitértcifr, attendaient-ils le moftfetit d'en sortir par quelque coup d'éclat. Tranquilles sur lé premier point, puisque nul souverain n'a voulu jusqu'à présent admettre à sa cour aucun des députés Insurgens rassemblés à Paris h cet effet, et que 8. M. cathofiaue non-seulement envoie un ambassadeur à Londres, mais a suspendu les arméniens de Cadix, ils ont cru devoir mèttfc i profit ce temps de sécurité, pour manifester le juste ressentiment de S. M. Britannique. Ils rte pouvaient plus douter des projets hostiles de la France : tous les bureaux de Versailles, si secrets d'ordinaire, en retentissaient ; toutes les côtes de Flandre, de Normandie, de Bretagne, étalent hérissées de oanons, remplies de troupes ; on parlait hautement «farté descente en Angleterre, ils se voyaient forcés de prendre un part! décisif, et â yjtnt laissé it ftttnfràl Keppel carte fclancfce à cet effet, celui-ci a préféré d'engager fa quéreBe *t*nt (ftief toutes tes forces de Brést fussent rasiembteêÊ. II stest hrtàgrné qu'on ne laisserait pas impunément àttâqnet quelques frégates d'observation, que les fâisseaux prêts sortiraient, et qu'âyarit une supériorité décidée, surtout si Byrou était encore avec lui, ainsi qu'on le présume, il poufrah è&teéet d'un seul coup la marine renaissante de fa France. Cette belle spéculation n'a pômt eu Heu par fer prudence de M. (TOrvilliers, et par fa résistance courageuse de M. de la Clocfieterie : la frégate assaillante, à la vue d'une escadre qui pouvait fa soutenir, bien loin de S'emparer de fa frégate française, a pensé tomber au pouvoir de *elle-ci. »