‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 93 sur 123 · POUCES AVALES OS TOULON EN · texte numérisé non relu

POUCES AVALES OS TOULON EN

Ce coup-d'œil rapide, jeté sur l'aspect (JU'offrait alors ce centre de nos arméniens militaires sur nos cotes méridionales, n'a été admis dans cet article que comme accessoire du tableau que nous voulons tracer des forces navales qui se trouvaient alors sur sa rade, dans Son bassin ou dans ses formes.

L'effectif de la marine française stir ce point s'élevait alors à 22 vaisseaux de flgne, parmi lesquels on en remarquait 5 de 80 canons et H de 74; à 14 frégates, 2 corvettes, 4 chebecs cft

1 barque.

Les bàtimens prêts à prendre la mer étaient divisés en deox escadres : celle aux ordres de M. le comte d'Estaing, forte de 12 vaisseaux de ligne et de 5 frégates; celle de M. de Fabry, composée de 5 vaisseaux, 4 frégates, 4chebecs,:

2 corvettes et 1 barque.

Avant de parler des navires en construction, en armement et en radoub, nous allons examiner successivement les différens navires qui composaient ces deux divisions. L'escadre du comté*

d'Estaing, comme la plus considérable et comme celle d'ailleurs qui quitta la première le port d'armement, s'offre d'abord à nos remarques.

Les 12 vaisseaux de cette flotte étaient : le Languedoc, le Tonnant, le César, le Zélé, l'Hector, le Guerrier, le Marseillais, le Protecteur, le Vaillant, la Provence, le Fantasque et le Sagittaire.

C'était sur le premier que M. le comte d'Estaing avait arboré son pavillon. Ce vaisseau, neuf encore, avait été offert au roi par les États de Languedoc. Il ne portait originairement que 80 canons ; mais M. d'Estaing, trouvant que les développemens de ce beau navire comportaient une plus forte batterie, avait porté son armement à 90 bouches à feu. On craignit long-temps qu'il ne s'arquât sous cette surcharge.

Le Tonnant y commandé par M. Breugnon, chef d'escadre, était un vieux bâtiment qui allait faire sa dernière campagne. Ce vaisseau, corn-, mandé par M. le chevalier de Beaufremont en 1756, avait fait partie de l'escadre d'observation qui, sous les ordres de M. de Conflans, fatigua quelque temps l'ouvert de la Manche par ses inutiles bordées. U passa en 1757 dans la mer Caraïbe, où il fut l'amiral d'une division de 5 vaisseaux. En 1759, il prit part au combat du maréchal de Conflans.

Le César, de 74, était un vaisseau dont cette campagne allait ouvrir la carrière militaire. Il était monté par M. de Broves, chef d'escadre.

Le Zélé, percé de 74 sabords, et commandé par M. Barras de Saint-Laurent, avait fait toute la dernière guerre.

L'Hector, qui portait le même nombre de pièces en batterie, avait été mis en armement en 1756 sous les ordres de M. de Yelazzel. Après avoir servi quelque temps dans la flotte de M. de La Galissonnière, il s'était rendu à Louisbourg, sous le commandement de M. du Revest; il avait enfin fait partie de l'escadre de M. de Bompar, qui croisait en 1756 dans les débouquemens des Antilles.

Le Guerrier, de 74, commandé par M. de Bougain ville. Ce vaisseau assista tour à tour au combat de M. de La Galissonnière et à celui de Lagos. Dans la première rencontre, il était commandé par M. Maussiac, chef d'escadre; dans la seconde, il était monté parle capitaine de Rochemore. Cet officier ayant trouvé prudent, après la première attaque, de profiter de la nuit pour gagner Lisbonne, affaiblit par cette désertion l'escadre de M. de La Clue, contre-temps qui concourut à sa défaite.

Le Marseillais et le Protecteur, tous deux armés de 74 bouches à feu, en étaient à leur première campagne comme le Languedoc et le César. Une circonstance, que n'avait pas laisse échapper l'esprit caustique de nos marins, avait commencé par une célébrité comique la réputation du Protecteur, Ce vaisseau, en équipement en 1773,

lors des mouvemens qui semblaient nécessite! l'intervention de nos b&timens, reçut, au grand mécontentement de son état-major , Tordre de désarmer au moment où il se disposait à gagner Brest. La cause de ce grand mécontentement se trouva peut-être moins dans l'inutilité des frais de l'armement faits par les officiers, que dans la perte que leur causa la quantité de savon, huile, vin, faïence, pommade, dont ces messieurs avaient fait une ample pacotille. Les officiers du Levant, en bons confrères, vantaient tout haut les talens supérieurs de leurs camarades du Ponant, pour remplir et arrimer un vaisseau.

Le Vaillant, portant 64 pièces d'artillerie, était commandé par M. le capitaine de Chabert. Ce vaisseau avait tour à tour servi dans l'escadre de M. du Revest et dans celle de M. de Bompar.

LaProvence,de 74 canons,et le Sagittaire, armé seulement de 50, montés l'un par le capitaine Michels de Champorin, l'autre par le capitaine d'Albert de Rions, avaient fait tous les deux partie de l'expédition de Tunis en 1770. M. Roves, chef de la division, avait placé son pavillon au mât de la Provence; le Sagittaire était commandé par M. de Faucher.

Le Fantasque avait 64 bouches à feu en batterie et M. le chevalier de Suffren pour commandant. Le Fantasque, qui faisait partie en 1759 de l'escadre de M. de La Clue, en avait été séparé avant le combat de Lagos. Son capitaine en cette circonstance avait été M. de Cas te lion.

Les frégates de cette escadre étaient au nombre de cinq, toutes portant une batterie de 26 pièces de canon. C'étaient la Chimère, commandée par le capitaine de Saint-Cezaire ;/'2?ngageante, montée par M. le chevalier de Gras- Pre ville; la Flore, capitaine M. Castellane-Majastre; l'Aimable, aux ordres du lieutenant le chevalier de Saint-Côme; VAlcmène enfin, sous le commandement du chevalier Bonneval.

Parmi ces embarcations, presque toutes sur leur première brai, une seule jouissait de quelque célébrité qu'elle devait à une expédition scientifique : la Flore. Cette frégate , commandée par M.Verdun de La Cresne, était partie de Brest en 1771 avec quelques physiciens chargés de constater la précision des pendules pour le calcul des longitudes. Ce bâtiment, après avoir parcouru une partie de la côte d'Afrique, après s'être montré tour-à-tour dans les Àntiles et sur le banc de Terre-Neuve, revint à Brest après une course de six mois. Les pendules de MM. Berthoud et Leroi avaient donné les résultats les plus exacts.

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