ESCADRE DE M. LE CHEVALIER DE PABRT
L'escadre de M. le chevalier de Fabry, bien que composée de presque autant de voiles que celle de M. le comte d'Estaing, était loin pour-
FRANGE MARITIME
tant de présenter une ligne -aussi formidable ; forte de 16 voiles, elle ne comptait que cinq vaisseaux dont deux seulement de 74*. C'étaient le Destin, sur lequel flottait le pavillon amiral, et la Victoire, commandée par le capitaine Albert de Saint-Hippolyte. Ces deux vaisseaux n'avaient encore fait aucune campagne.
Le Hardi, dont chaque flanc offrait 64 sabords, était sous les ordres de M. Leroi de La Grange. Ce vaisseau avait été mis à l'eau en 1750. Bâti à Rocbefort par le constructeur Morineau, il était destiné à subir un concours de chances malheureuses qui ne lui permirent de quitter le port qu'en 1757. Il transporta à la Martinique M.de Beaubarnais, nommé gouverneur-général aux Iles duVent.
Le Lyon, de 64, capitaine de Boades. Ce bâtiment était entré dans l'escadre de M. de La Clue, sous le commandement de M. Turgîs, après avoir servi, dans la flotte de M. de La Galissonnière, sous les ordres de M. le marquis de Saint- Aignan.
Le Caton, du même nombre de canons, était un vaisseau neuf qui, pour la première fois, allait prendre la mer, commandé par M. le chevalier de Coriollis d'Espinousse.
Les frégates étaient au nombre de trois; la batterie de chacune était armée de 26 canons.
La Sultane, capitaine lecomtede.Framont, et la Pléiade, aux ordres de M. Martilly de Chautard, n'avaient encore fait que quelques croisières dans le Levant et quelques courses contre les pirates barbaresques.
La Gracieuse, tour- à -tour commandée par M. Marquisan et M. Pelet-Mesquenil, avait successivement combattu dans l'escadre de M. de La Galissonnière et dans celle de M. de La Clue. Son capitaine était M. de Vialis.
Les chebecs le Séduisant, le Singe, le Renard et Je Caméléon, armés chacun de 20 canons de 8 livres de balles, n'avaient encore été employés que dans des croisières et dans des stations. Ces embarcations étaient commandées par les lieutenans de Montgrand, Barbazan, de Vintimille et le comte de Forbin.
Les corvettes la Flèche et la Sardine, aux ordres de MM. les lieutenans de Mortemar et de Massac, n'avaient pas acquis une plus grande célébrité.
L'escadre était enfin complétée par la barque l'Eclair, forte de 18 pièces d'artillerie et commandée par le lieutenant de Flotte.
Telles étaient en 1778 les forces actives qui pouvaient sortir du port de Toulon. Trois vaisseaux et deux frégates, alors en construction, ne pouvaient être mis à l'eau avant la fin de l'année : c'étaient le Triomphant, percé de 80 sabords; le Héros, de 74; le Jason, de 64; la Magicienne et la Précieuse.
Le Souverain et la Bourgogne, vaisseaux de 74, qu'avaient fort endommagés les fatifues et les