‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 95 sur 123 · SOI · texte numérisé non relu

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combats de guerre précédons, avaient besoin d'un radoub complet avant de pouvoir reprendre la mer. U Aurore, frégate armée de 26 pièces, avait également besoin de longues réparations.

Enfin, l'Attalante et la Mignonne, frégates de 26, aux ordres, l'une de M. le baron de Durfort, l'autre de M. le baron de Cohorn, complétaient le nombre des navires que possédait le port de Toulon. Ces deux frégates avaient déjà servi sous MM. d'Appede et d'Arbaud, dans l'expédition envoyée en 1770 contre le dey de Tunis.

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GÉOGRAPHIE

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L'Ile de Bas, située dans la Manche, sur la côte septentrionale du département du Finistère, a une lieue de longueur et à peu près la moitié de largeur. Une terre sablonneuse, aride, pierreuse; une végétation pauvre et toujours flétrie; pas d'arbres; des fougères, des mousses, de maigres pâturages nourrissant à peine les bestiaux qui les

glissent : voilà le sol et les productions de Bas* ne surface découverte, inégale, mais dont le point le plus élevé n'atteint pas 60 pieds au-dessus du niveau des flots ; de tous côtés des rochers pour rivages, et des vagues mugissantes, impétueuses, qui se brisent à leur pied : voilà sa configuration. Un village, deux hameaux, de pauvres champs, six à sept cents personnes : voilà sa statistique. Des hommes au teint have, à la physionomie sauvage, à l'accoutrement grotesque, et qui sont tous marins ; des femmes basanées , à jupon court, à coiffure bizarre, qui travaillent péniblement la terre ou pèchent avec de longs râteaux le goémon que le flux apporte sur la côte, si elles ne ramassent pour se nourrir des lépas parmi les cailloux; des gens ignorans, ne sachant pas lire, sans idée des arts les plus simples : tels sont ses malheureux habitans. Leur industrie, qui est très-bornée, leur travail, leurs fatigues de la nuit et du jour, suffisent à peine à leur subsistance. Qui croirait que tant de pauvreté tenta la cupidité des Anglais! Ils ravagèrent pourtant cette Ile infortunée en 1388. Et alors elle n'était guère moins misérable qu'elle ne l'est à présent ; ce qui n'empêchait pas le clergé breton d'y percevoir la dîme et la douzième gerbe.

C'est au sein de cette âpre nature qu'il faut chercher l'homme approchant de l'état primitif de la société. Les Basois forment une tribu qui Yit comme en famille. Leurs mœurs sont austères et empreintes de la sévérité du climat. Tout à leur travail, ils vivent sans ambition, sans bri-

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