‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 98 sur 123 · PAR DES PI BATES · texte numérisé non relu

PAR DES PI BATES

A partir de l'époque où les Européens ont commencé à faire des établissemens en Amérique, la mer des Antilles et le golfe du Mexique ont toujours été le théâtre de nombreuses pirateries; mais c'est surtout après l'émancipation des colonies espagnoles, que l'on vit les pirates pulluler dans ces parages. L'indépendance de ces antiques possessions de l'Espagne n'ayant pas été reconnue de la plupart des Etats européens, il s'ensuivit, d'un côté, que l'on considéra comme pirates leurs bâtimens armés , môme munis d'expéditions en règle, et de l'autre, que ces bâtimens se crurent le droit de courir sus aux navires de toutes les nations dont les gouvernemens n'avaient pas prononcé d'une manière formelle la reconnaissance des nouvelles républiques. Traités en forbans, les .marins qui les montaient, le devinrent dans toute la force du terme, et leurs déprédations furent souvent accompagnées d'actes d'une atrocité révoltante.

Quant à l'ile de Cuba, quoiqu'elle fût demeurée soumise à la métropole, elle fournissait aussi son contingent à la piraterie, soit à l'insu, soit par la connivence secrète des autorités coloniales. La vaste étendue de ses côtes découpées de baies, de havres et de criques, offrait aux pirates de l'Ile ou des mers voisines une multitude de points favorables pour se réfugier et se cacher, ou pour s'établir en station afin d'épier les bâtimens européens à l'entrée ou à la sortie des ports de la Havane, Sant-Jago, Matanzas, etc. Lorsque Louis XVIII se disposa à envahir l'Espagne pour y renverser le système constitutionnel, le gouverneur de Cuba ferma encore plus les yeux, et dut même considérer comme licite d'attaquer les navires marchands français, bien qu'il ne le manifestât pas hautement, pour que l'Espagne ne parût pas prendre l'initiative des hostilités, et pour ne point arrêter tout d'un coup un commerce profitable à la colonie.

Tel était l'état des choses lorsque le brick marchand français la Jeune Henriette , capitaine Le Quellec, arriva de Nantes à Sant-Jago de Cuba, le 15 janvier 1825. En échange des marchandises qu'il avait apportées de France, ce bâtiment prit un chargement de sucre, café, tabac en feuilles et cigares. Il remit à la voile pour Nantes le 4 mars. En outre de l'équipage,

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