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terribles mots que j'ai entendus doivent obtenir
mon pardon. O mon Dieu! je te bénis : il était si affreux de mourir avec l’idée d’avoir perdu son amour ! Et elle est tombée dans les bras de son amant. Des larmes de joieetde tendresse ruisselaient sur les joues d'Ernest en me racontant ce moment de félicité : que doit -il être, Albert, puisqu'ils assurent tous deux qu'il leur a fait oublier leurs malheurs ?
Pendant que tout ceci se passait, J'étais demeurée en proie à la plus vive inquietude. Ma tante, surprise de ne point voir son fils, le demandait en vain; elle m'a trouvéempäle et sans masque , courant dans les salles en m'informant à chacun de ce qu'était devenu un masque que je dépeignais, ne soupçonnant que trop que ce ne pouvait être qu'Amélie. Blanche, qu’avezvous ? s'est écriée ma tante; qu'est-ce qui vous agite ainsi? que cherchez-vous? serait -1l arrivé quelque chose à mon fils ? Oui, quelque chose de terrible, sans doute : il est sorti. — Où est-il ? où va-t-il ? II court après ce masque, cette femme. — Quelle femme ? que dites-vons? de qui parlez-vous ? Ah! madame , il dit que c’est elle ? — Qui, elle ? au nom du ciel, expliquez-vous : vous me faites trembler.—Il n’est plus ici; envoyez tous vos gens après lui; tàchez de prévenir un malheur... Amé.ie nous
écoutait : elle aura mal interprété un discours innocent...—Amélie! Amélie! arépétématante avec effroi, Amélie serait ici ?—Je n’ai pas vu son visage; mais à l'émotion, à la fuite dErnest, je suis sûre que c’est elle qui était là tout a l'heure. Madame de Woldemar m'a quittée précipitamment ; elle a fait appeler ses gens, leur a ordonné de chercher son fils dans toute la ville; et, hors d'état de commander à son trouble, elle s’est retirée dans son appartement.
Les heures s’écoulaient, nous n’apprenions aucune nouvelle : les gens de ma tante rentraient de moment en moment dire qu'ils n avaient rienfencontré. À la pointe du jour, toute la compagnie a quitté le bal. J'ai fait part en peu de mots à ma mère de l'inquiétude de madame de Woldemar, et je lui ai demandé la permission de rester chez elle jusqu’a ce qu’on eût acquis quelques lumières sur l’aventure de la nuit. Ma mere n’a pas voulu me quitter :
nons avons été joindre toutes deux ma tante, dont l'inquiétude m'aurait véritablement touchée, si elle n’eût pas mêlé aux angoisses maternelles qu’elle éprouvait pour Ernest, les plus injurieuses invectives contre Amélie.
Enfin, à huit heures du matin, un homme inconnu lui a apporté un billet de son fils, mais dont l'écriture était si tremblante et si altérée
* sé LETTRE C. 109
qu'au premier coup d'œil aucune de nous ne l'a reconnue. Voici ce qu’il contenait :
Ernest à sa mère.
À six heures du matin.
“« AMÉLIE a pensé périr cette nuit : c’est par «un miracle que je l’ai sauvée; je suis auprès « d’elle , et jy suis pour toujours. Nous sommes « dans un misérable cabaret sur le bord du Da- « nube : si cet asile vous parait peu digne de- «votre fils, et que vous vouliez qu'il vous «amène votre nièce et son épouse, envoyez « une voiture les chercher tous deux; mais, si « vous fermez votre maison à Amélie, votre fils « n’y rentrera plus; car il jure de ne jamais pa- « raître où on refusera de la recevoir. »
En lisant ce billet, ma tante a changé de couleur plusieurs fois, et a marché dans sa chambre sans nous parler. À la fin elle a sonné avec violence; un domestique est entré : L’homme qui a apporté ce billet est-il encore ici, a-t-elle demandé ?— Oui, madame, il attend la ré:
ponse.— Qu'il attende encore : qu'on mette mes chevaux, il conduira ma voiture où elle doit aller ; je donnerai un billet. Le domestique est sorti. Ma tante a été à son bureau, elle a essayé d'écrire ; mais ses nerfs étaient si ébranlés qu’il lui a été impossible de tracer une ligne :
. We 110 :AMELIE MANSEIELD,
elle na appelée. Blanche, m'a-t-elle dit en
me donnant la lettre de son fils, lisez ceci à votre mère, ei puis vous vicndrez vous asseoir ici; je vous dicterai ma réponse, car je ne puis tenir ma plume. J'ai pris ce papier, que je n’ai pu lire sans verser bien des larmes sur les souf-
frances d’Ernest et de votre sœur. Après l’avoir
entendu , ma mère s'est recueillie, et regardant sie de Woldemar, elle lui a dit : C’est très-extraordinaire!...qu’en pensez-vous, ma sœur ? Je suis très- surprise, en vérité très-surprise! Je croyais Ernest plus disposé à vous obéir : ce n’est pas la le respect, la soumission que vous deviez attendre d’un fils pour lequel vous avez tant fait. Non, a interrompu la baronne, ce n'est pas la le prix qu: méritait ma tenaresse, ni le fruit des soins que j'avais empioyés Loi lui douner des sentiments dignes!
du sang dont il sort; mais ii y a long-temps qu'il m'a fallu renoncer a des espérances dont ilétait le seul objet, et que l’ingrat a si bien ivompées! ——En vérité, si j'étais à votre place, je ñne les receyrais point chez moi. Oh ciel! que dites vous? me suis-je écrice vivement. Vous n'êtes pas de cet avis-là, mademoiselle ? a repris ma tante en me regardant avec hauteur. —Non, madame, et j'oserais répondre que vous wen êtes pas non plus. — Vous allez Ie savoirs pla-.
is dj A LATE LETIRE C. L IT cez-vous ici et écrivez. J'ai pris la plume ; mais, avant de commencer, je lui ai dit : Je vous préviens, madame, que je n’écrirai pas un refus. Prétendez-vous faire des conditions avec votre tante ? a repris ma mère.—dJe crois, madame, que, sans manquer au respect que J'ai pour elle, je puis la prévenir que, si l'arrêt qu’elle va dicter est injuste ct cruel, ma main ne le tracera pas. Vous voyez, a dit madame de Woldemar, en regardant tristement sa sœur, le digne effet de la rébeïlion de mon fils, etceque son exemple produit sur l'esprit de Blanche. Croyez, madame, ai-je ajouté, que je n’avais pas besoin de exemple d’'Ernest pour hair l’injustice et m’élever contre elle. Blanche, a repris ma tante avec plus de douceur que je n’en attendais, est-ce le moment où vous me voyez plongée dans lafiliction que vous devriez choisir pour me parier ainsi ? Ce reproche m'a touchée. Jai tort, ai-je répondu en baïsant sa main; dictez, ‘madame.
La baronne de W oldemar à son fils.
À huit heures.
«JE ne vous fermerai point ma porte, quoi- «que vous layez mérité peut-être; mais je veux «Ignorer du moins que vous fe revenez pas
mt 112 AMÉLIE MANSFIELD, 3
« seul : arrangez-vous pour que cette femme ne « paraisse pas à mes yeux, c’est tout ce que je « puis faire pour vous. »
Voilà tout, m'a-t-elle dit; fermez la lettre. Elle s’est tournée du côté de ma mère, et alors je me suis empressée d’ajouter :
« Venez, hâtez-vous, mes amis; si vous ne « trouvez pas une mère ici, vous trouverez du « moins une sœur, une amie qui vous chérit «tous deux et brüle de vous revoir. »
J'ai bién vite cacheté le billet pour qu’on ne vit pas mon aposlille. Le ferai-je partir, madame ? ai-je demandé à ma tante. Assurément, a-t-elle répondu. J'ai voulu le porter moimême, dans l'espoir de questionner le commissionnaire d'Ernest ; mais madame de Woldemar, qui s’est doutée de mon dessein, a dit à ma mère : Laissez-vous sortir Blanche, madame ?
— Non, il n’est pas nécessaire. Ne pouvez-vous pas sonner, mademoiselle ? Je suis revenue sur mes pas en soupirant ; j'ai tiré la sonnette; le domestique est venu, et le billet est parti. Je crois, ai-je dit à ma mere, qu'il serait a propos d’expédier un courrier au comte Albert, pour lui apprendre que sa sœur est ici. — Écrivez un billet, et donnez-le à Fritz; il partira sur-lechamp. Je l'ai écrit; et, comme alors j'ai eu la permission de sortir, j'ai donné des ordres à
Fritz pour qu'il fût dans toutes les villes où vous m'avez dit de vous écrire.
En rentrant, j'ai trouvé le déjeuner servi; ma mére s’est approché de la table et a versé du chocolat dont elle seule a goûté : ma tante et moi, occupées du même objet, quoique avec des dispositions bien différentes, étions trop émues pour pouvoir ni manger, ni parler; en vain ma mère tàchait-elle d'engager la conversation en nous intertogeant, nous répondions par monosyllabes, et la conversation tombait. I y avait bien une demi-heure que, fatiguée de ses inutiles efforts, elle avait pris le parti de garder aussi le silence, lorsqu'il a été interrompu par le bruit d’une voiture qui roulait dans la cour : mon cœur a battu violemment ; j'ai regardé ma tante; elle a pâli, ses lèvres tremblaient. La voila! la voilà donc qui rentre dans ma maison! a-t-elle dit en levant au ciel ses yeux pleins de courroux. Pour moi, en pensant qu'Amélie était à quelques pas de moi, je n'ai pu me contenir plus long-temps; et, m'élançant hors de la chambre malgré ma mère, qui voulait me retenir, j'ai été bientôt au bas de l'escalier, où J'ai trouvé Amélie soutenue par Ernest. En me voyant, elle m'a tendu les bras, en s'écriant : Ma cousine! O ma sœur ! ai-je répoudu en la pressant contre mon sein. — Ta
114 AMÉLIE MANSFIEED,
sœur, Blanche? ah! que ce nom est doux!
Albert sera donc heureux. En parlant ainsi, elle a quitté le bras d’Ernest pour s'appuyer sur le mien, et un rayon de joie a ranimé ce visage pâie et abattu, Où la conduirons-nons ? ai-je demandé à Ernest : ma tante n’a point fait préparer d'appartement. Dans le mien, a-t5l in- -rrompu vivement : n’est-elle pas mon épouse ? Elle le sera sans doute, mais jusque-là... — Jusque là ma mère ne me refusera pas, je pense,
un autre logement dans sa maison ? — Assurément. Et nous avons monté chez Ærnest.
Amélie gardait le silence, et était si faible et si oppressée qu'elle n'aurait pas eu la force de monter l'escalier, si Ernest ne l’eût portée dans ses bras. En entrant dans l'appartement, elle a fait quelques pas seule; et élevant ses mainsvers le ciel, elle a dit : Je suis donc chez lui! Oui, mon Amélie! vous êtes chez votre époux, a-tl répondu en la faisant asseoir sur un canapé et se plaçant auprès d’eile, chez vous, dans votre maison. Elle a souri tristement; et puis tournant ses regards vers moi avec une douceur angélique : Ah! Blanche, puisque mes soupçons furent injustes, puisque mon frère test cher, s'il était ici, s'il était entre nous deux, j'aurais encoré un doux moment.…….—Chére Amélie ! il viendra ce moment où nous serons lous beu-
dl LETTRE C. 5 reux. Heureux... ou tranquilles, a-t-elle ajouté ‘avec un ton qui m'a fait frémir. J’ouvrais la bouche pour répondre, lorsque nous avons entendu venir quelqu'un; Amélie a tressailli. Ce n'est pas ma tante, ce n’est pas votre mère, ‘Ernest! s’est-elle écrite avec effroi. Il se levait pour s’en assurer, lorsqu'un domestique est entré et n'a dit que ma mère me demandait. Ma mère ne sait-elle pas que je suis auprès de ma cousine ? —— Je l’ignore, mademoiselle ; madame la baronne m'a seulement ordonné de vous prier de monter auprès d'elle. Va, ma Blanche ! m'a dit doucement Amélie ; tu vois bien qu'ils ne veulent pas te laisser avec moi. S'il était vrai! a interrompu impétueusement Ernest. Et al s’est tu comme ne voulant pas exprimer toute sa pensée. Eh bien, s’il était vrai, que feriez-vous ? lui a demandé Amélie en le regardant avec inquiétude. Ce que je ferais! a répondu Ernest en contenant autant qu'il le pouvait sa bouillante impätience , à l'instant même je vous emmèénerais d'ici avec Blanche; nous irions trouver Albert; et, loir de la tyrannie, du despotisme de parénts durs, orgueilleux et inflexibles, nous connafirions encore des jours heureux. Cher Ernest! at-elle dit en élevant les bras vers lui... Mais l’attendrissez ment l’a empêché &e continuer; elle a penchesæ
tête sur mon épaule, et ce n’est qu'après un mo- | ment assez long qu’elle a ajouté : Cher Ernest! attendez encore quelque temps; il peut arriver de telles choses qui vous permettent de prendre un parti moins violent. Elle s'est efforcée de sourire en prononçant ces mots; mais, si je les ai compris, elle y attachait, je crois, une bien funeste pensée. Que faut-il répondre à madame votre mére , a repris le domestique qui attendait toujours à la porte. Dites-lui, a repris vivement Ernest, que dans ce moment mademoiselle de Geysa ne peut pas quitter sa cousine. A]l2z, a+ il ajouté en faisant un geste d'impatiense. Nous sommes donc restés seuls, et alors Ernest m'a raconté brièvement les détails que je vous ai déja donnés depuis linstant où il avait quitté le bal jusqu’à celui où il était rentré dans la maison; mais madame de Woldemar ne m'a pas laissée long-temps à cet intéressant entrétien. Le domestique est revenu m’annoncer que ma mère m'ordonnait de me rendre sur -lechamp aupres d'elle. Ernest m’a retenue par la main; mais Amélie m'a dégagée, en me disant iristement : Va, ma Blanche! va, ne lesirritons pas davantage. Je me suis levée, je l’ai embrassée plusieurs fois. Un mot avant de te quitter Blanche, sais tu où est mon frère ? —Oui, je le sais, nous en parlerons œuand je reviendrai.
— Crois-tu donc qu'on te laisse revenir? Et qui oscrait l’en empêcher, a demandé Ernest ? Qui? a répondu Amélie en le fixant avec tendresse; sa mère : une mere a bien des droits, Ernest! je les connais, je les respecte, je ne permetirai jamais qu'on les brave pour moi.
Jamais... jamais, a-t-il dit d’un air effrayé; et que deviendrions-nous donc si ma mère ?.. Ne parlons point de cela maintenant, a-t-elle interrompu, je suis trop faible; mais J'espère, si Dieu m'en donne le courage, vous persuader @ue ce n'est point en offensant sa mère qu'on peut atteindre le bonheur. Elle a voulu se lever pour me conduire jusqu'a la porte ; mais ses jambes tremblantes ne lui ont pas permis d’a-
- vancer; elle est retombée sur le canapé presqu’en défaillance. Je vais lui envoyer des gouttes, ai-je dit a Ernest. — Oui, et les femmes de ma mére pour la servir.
J'ai volé à l'appartement de madame de Woldemar; ma mère y était encore; toutes deux m'ont reçue avec une extrême sévérité : Jai paru n’y pas faire attention. Ma tante, ai-je dit, Amélie est fort mal, elle a besoin de secours; ordonnez à vos femmes de se rendre auprès d'elle, et veuillez me donner vos gouttes, que je les lui porte.—Est-elle donc prête à mourir, m'a demandé ma mère? Prête à mourir, me
115 AMÉLIE MANSFIELD, suis-je écrice! le ciel nous préserve d'uri pareil malheur! Un malheur! a répété madame de Woldemar en soupirant amèrement; elle appellerait cela un malheur. Blanche, a-t-elle continué d'un ton imposant, votre présence n’est pas nécessaire à cette femme, et ce n’est pas à moi à prendre soin d’elle. Mais mon fils est le maître de commander à mes gens * ce qu'il voudra d'eux, il le prescrira. — Madame, je l'ai laissé seul avec Amélie; elle était presque sans connaissance ; il ne peut pas la quitter. Madame de Woldemar a sonné : Passez chez mon fils ‘demandez-lui ses ordres; s'il a besoir de mes femmes, vous les avcrtirez. Ma mère a eu l'air très-surpris. Vous êtes d’une extrême bonté pour Amélie, lui a-t-clle dit après un moment de silence. —Non, ce n’est point par pitié pour elle que j'agis ainsi, mais par respect pour moimême que je fais respecter mon fils. Il west pas perdu sans retour encore; jusque-là je lui conserverai dans ma maison la considération qui lui est due. — Mais du moins faites-lui dire de se rendre ici : pourquoi lui permettre de rester auprès d'Amélie ?— Pour l'empêcher de me désobéir : dans ce moment il serait capable de le faire : épargnons-lui une offense que je ne lui pardonnerais peut-être point. —Quant à vous, mademoiselle, vous ne paraïîtrez plus dans
cet appartement. Madame, ai-je interrompu | vivement, ma mère ne me l’a point dit. Celle-ci s’est hâtée de répliquer : Ne vous suffit-il point, mademoiselle , que votre tante vous l’ordonne ? Ah! me suis-je écriée, si Albert était ici... .— Eh bien! mademoiselle, s'il était ici, il vous soutiendrait : est-ce la ce que vous entendez? ——Non, ma mère; mais il soutiendrait Amélie; elle aurait du moins un ami pour la plaindre et la consoler. Eh! la misérable! n’en 2-t-elle pas un, a interrompu madame de Woldemar ?
ne m’a-t-elle pas enlevé mon fils?..: Oui, plût à Dicu qu’Albert fût ici! Je saurais à qui remettre cette femme : il l'emmènerait de chez moi. Je doute qu'Ernest le permit, aï-je repliqué. — Vous doutez donc qu'il m'obéisse?—Ne le pensiez-vous pas aussi tout à l'heure, madam:? — Vous vous oubliez, madeinoiselle,___Ah!
. madame, c’est que j'ai vu leur douleur, et que je parle à celle qui la cause. Ma tante irritée . ma dit de sortir de devant ses yeux; et ma mére, par son ordre sans doute , m'a enfermée dans la chambre où je suis à présent. On m’y a apporté mon diner, auquel je n’ai pas pu toucher; mais j'ai prié le domestique de me procurer du paprer, une plume et de l'encre; il s’est chargé” d’un billet pour Amélie, où je la console autant que je le puis ; où je lui donne l’assurance de la
120 AMÉLIE MANSFIELD, voir demain, quoique je ne sache trop si j'en à aurai, je ne dis pas la permission, mais la possibilité. Voila plus de trois heures que J'écris, : Albert ; je suis brisée par la fatigue et lPin-quiétude. Je vais chercher un sommeil dont j'ai bien besoin. Que n’êtes-vous ici? je vous appelle de tous mes vœux.