LETTRE XXX
Amélie a Albert.
Malgré les prières de mon oncle, je ne pouvais vaincre mon ressentiment, et me décider à retourner chez M. Semler, lorsque ce matin , pendant que nous déjeunions, M. Arnoult est entré d'un air inquiet pour nous dire que notre hôte avait passé une mauvaise nuit, et que la fièvre l'avait repris. A cette nouvelle , j'e n'ai plus senti de colère : sur-le-champ j'ai proposé à mon oncle de m'accompagner chez M.
Seraler, et ].e me suis excusée auprès de celui-ci de ne Tavoir pas vu depuis plusieurs jours. Il était à demi-couché sur une chaise longue , et paraissait fort abattu ; mais , en nous voyant entrer , sa physionomie s'est animée , et il m'a dit d'un ton plein d'expression, en pressant ma main entre les siennes : « Ah 1 madame , que vous
^ro AMELIE
êtes bonne, et que je suis injuste ! — Il est certain que vous avez de grands torts avec Amélie, s'est écrié mon oncle en riant; aussi m'a-t-el!e porté des plaintes Irèsamères contre vous. Rebuter son fils ! un fils dont elle est idolâtre ! il y aurait là de quoi vous faire hair 1... — Et madame y est , je crois , disposée , a inferrompa M. Semler en me regardant tristement. — Elle , hair ! ah ! vous ne la connaissez pas , elle n'a pas un cœur susceptible de haine. — J'en doute, car il le fut d'amour, et toutes les fortes passions se touchent. » Cette conversation commençait à me faire souffrir : il m'est insupportable qu'on c'occupe de moij de mes dispositions . de mes sentimens ; je voudrais les laisser ensevelis dans une nuit impénétrable. Mais mon oncle , sans s'apercevoir du désir que je montrais de changer de sujet, a continué: j i( Je la connais mieux que vous , peutêtre : est-ce qu'elle a pu seulement haïr cette ridicule madame de AVolderaar, qui lui a fait tant de mal? Ne m'en parlait-elle pas hier encore avec éloge? — Comment
MANSFIELD. an
ne serais-je pas sensible à ses procèdes envers mon frère ? ai-je dit dit à mon tour. Ahl qui fait du bien à Albert peut me faire da mal impunément : je ne croirai jamais avoir le droit de me plaindre. » A ces mots , M. Semler s'est levé avec précipitation , et a marché vivement dans la chambre. « Hé bien ! hé bien ! êtes-vous fou ? s'est écrié mon oncle stupéfait de ce brusque mouvement , et en le ramenant malgré lui à sa place. Qu'avez-vous donc? et qu'est-ce qui vous agite ? Avez-vous oublié que vous avez été saigné ce matin ? Je suis sûr que la bande de votre pied s'est défaite s je vaia appeler M- Arnoult. i II est sorti. M. Semler a levé les yeux sur moi ; ils étaient remplis de larmes. « M'avezvous pardonné en effet , aimable Amélie ? et la répugnance que j'ai trop laissé voir pour un objet qui vous est si cher , ne m'at-elle pas rendu odieux ? — Non , mais bizarre, inexplicable au-dessus de toute expression. — Et parce que vous ne pouvez me comprendre, me déteslerez-vous? — Mon oncle vient de vous dire , il me sem-
h\e , que je ne sais point haïr. — Promelfez-inci donc quoi qu'il ai rive , quoi que ] vous appreniez, de n'avoir jamais d'aver- , sion pour moi. — Eh! pourquoi en auraisje, M. Semler? depuis six semaines que je vous connais , voilà la première chose qui m'ait déplu en vous ; et quoiqu'elle tienne sans doute à un vice de caracfèra, que , peut-elle me faire de la part de quelqu'un dont les rapports avec moi doivent êîre si passagers ?— - Si passagers ! a-t-il inlerrompu en portant la main sur cou front : elle a raison , plus raison peut-sire qu'elle ne croit; et pourtant si elle l'eût voulu. >. Je le sens, j'ai trop resté... Ah i madame, pardonnez mon désordre : vous ne pouvez savoir ce qui m'occupe. » Mon oncîe est rentré au même moment avec M. Arnoult , et je suis remontée aussitôt dans ma chambre.
Mon frère, tu vas me dire, j'en suis certaine , de prendre garde à moi , qu'avec les qualités que je prête à M. Semler, il peut faire impression sur mon cœur; et que, d'après ce que je te raconte, fusoup-
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*onnes qu'il me voit avec iate'rêf. Ecoute, non Albert, jamais on ne voulut être plus Ivraie avec un ami que je ne veux 1 être îvec loi; et pour ne te dérober aucune de mes pensées, j'ai sondé mon cœur avec plus de soin que je ne Teusse fait pour moi-même peut-être. J'ai eu le courage de revenir sur le passé , la prudence de comparer les sensations que j'éprouve aux émotions qui m'agitèrent; et j'ai souri d'un examen si scrupuleux, d'une précautioQ dont le seul instinct m'eût bien montré l'inutilité, si mon amitié n'avait pas voulu aller au-delà de ce qui était nécessaire , el p-.évenir les recommandations.
Albert , j'ai trop aimé pour pouvoir méconnaître l'amour : ce mot qui me semblait si doux dans la bouche de M. Mans- Celd, maintenant je repousse avec eSVoi tout ce qui me le rappelle : loin d'être attirée par cette sorte de conversation, elle me gêne et me tient tout le temps qu'elle dure , dans un état d'insupportable malaise. Ce n'est pas tout, ô mon fière bieuaimé! car ceci n'est qu'une maladie ds
l'âme que le temps pourrait guërir j tnaîs il est une raison qui me garantira à jamais , je Fespère , de tout autre passion. C'est que mes infortunes passées m'ont inspiré un invincible ëloigneraent pour le lien dont tu attends ta félicité, et que si j'avais le malheur d'aimer encore , je crois que je ne pourrais jamais me résoudre à former de nouveaux nœuds ; il me semble qu'il y a moins de malheur à renoncer à l'objet de sa tendresse, qu'à perdre son amour , et ce n'est pas dans la sainte union du mariage que l'amour se conserve : ma triste expérience, et l'exemple de madame de Simmeren , ne me font que trop prouve'.
P. S. Si par hasard il te restait quelques craintes sur le séjour de M. Semler ici, calme-les , mon Albert, car je viens d'apprendre que, malgré sa faiblesse et les instances de mon oncle , il a fixé son départ à la fin de l'autre semaine.
LETTRE XXXL
Ernest a Adolphe.
j 3o mars.
Je connais trop mes torts et votre austérité , pour ne m'être pas attendu à vos reproches; mais je connais aussi votre cœur , et je suis sûr que votre lettre était à peine partie, que vous vous repentiez de m^avoir dit de ne plus vous écrire. Eh ! quoi, Adolphe, repousseriez-vous ma confiance , quand nous voyons tous deux que c'est du jour où je vous l'ai ôtée que j'ai commencé à ne plus vouloir bien faire ? D'ailleurs, tant que je vous ouvrirai mon cœur, ne craignez point d'avoir à rougir de moi; si je ne suis que faible, je ne craindrai pas de vous demander des forces; mais si j'étais coupable encore , Adolphe , soyez-en sûr , je vous estime assez , et je suis trop fier pour ne pas fuir vos regards.
.Vous me louez beaucoup , mou ami ,
2i6 AMÉLIE
vous, que j'ai toujours vu user avec moi d'une sévérité qui allait presque à la rudesse, vous voilà lout à coup exaltant mon mérite au-delà de ce qu'il fut , et mes efforts bien plus qu'ils ne m'ont coûté; sans doute vous ne m'élevez si haut que pour me faire mieux sentir la dislance du degré où je suis à celui où vous m'avez vu ; niais écoutez, Adolphe, si le triomphe anoblit en raison des saciifices, peut-être n'aurai-je jamais éïé plus digne de votre eslime. En effet, quelles passions ai-je vaincues jusqu'à présent? et quels exemples me citez-vous? J'ai pardonné à un enneaii soumis et malheureux le mal qu'il ne pouvait plus me faire; j'ai résisté à la séduction d'une femme qui ne troublait qne mes sens , et dont j'honorais l'époux : sont-ce là (îes victoires dont on doive s'enorgueillir ? Mais en présence de la plus charmante femme que le ciel ait créée, contre laquelle on a nourri un long ressentiment, et dont il serait si doux de punir la haine en obtenant l'amour ; quand à chaque instant du jour son approche
vous livre à rémotion la j lus vive, qu'ellemêaie rougit , et semble presque se troubler, résister alors à la passion qui commande et à la vengeance qui anime; croyez-moi , Adolphe, il y a là de quoi expier bien des torfs, et peut-être de quoi recouvrer toule l'estime d'un ami tel que vous.
Mon départ est arrêté, Adolphe, et si, en résistant; aux vives sollicitations de M. Grandson , Je n'avais craint d'aflîîger un homme qui m'a accueilli avec tant d'inîérêt , et qui me relient avec tant de bonté , malgré ma santé qui se léiablit difficilement au milieu de l'agitation où je vis, dès demain je ne serais plus ici, dès demain je m'éloignerais d'Amélie pour toujours, sans me nommer, sans lui apprendre que l'homme qu'elle a rej'e é l'a con-" nue pour son éternel malheur, et sans emporter seulement l'amitié de celle dont l'amour me fut destiné.
Adolphe, si vous ne devez point connaître Amélie, vous n'apprécierez jamais I- 10
2i8 AMÉLIE
ni ce que j'ai perdu , ni ce que je quitte. Ah! que ne puis-je du moins vous la peindre! que ne puis-je pénétrer mon style de ce chariiie qu'elle répand sur tout ce qui i'entcure ! qae ne puis-je faire palpiieivotre cœur de cetîe emolion dont nul ne peut se défendre en Tapprocbant , et à laquelle voire stoïcisme même ne résisterait pas, tant il semble qu'en veloppe'e d'une atmosphère d'amour, on ne puisse vivre auprès d'elle sans le respirer I Ce n'est pas sa beauté qui est son plus puissant attrait : j'ai vu des femmes aussi belles i mais un certain abandon dans le maintien, des grâces si simples et si négligées, Torgane le plus tendre, de grands yeux bleus remplis de mélancolie, qu'elle (élève habi'ueilement vers le ciel , comme pour regarder sa pairie, allumeraient les sens au point de ne pouvoir les mairriser, si quelque chose de chaste et de décent, répandu sur toute sa personne, ne purifiait celte e'motion en la reportant vers le cœur ; ce n'est poiat un ange ; ou est trop trou-
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h\é auprès d'elle; mais, pour n'êfre qu'une femme, el.'e semble Irop célesle et Irop pure.
Cependant avec ce((e nalure , pour ainsi dire toute d'amour, elle montre un éloignem^^nt invincible pour tout ce qui rappelle ce senlimenl. En prononoe-t-oa le nom devant elle, en fait-on un porlrait sédiiisaî^t, elle roui^il ; un secref eflroi Tagile; elle voudrai! fu;r, ou du uîoitis ne pas entendre; change-t-on de sujet, l'aimable pax. revient sur son froiit , et ses lèvres vermf illcs se rouvrent au sourire : Familie seule lui plaît; la touche , Ta teadrit; elle s'abandonne à ce scnliuient avec une vivacité qui va jusqu'à renlhousiasnîe ; aussi son frère lui est-il bien plus cher qu'un amant ne Test à la plupart des femmes ; elle parle d'Albe<t d'un ton qii étonnerait si on ne voyait en elle une femme qui, r;e sacîiant rien sealir ujodérémenf a dû faire de l'ami ié l'idole d'un cœur qui a besoin d'aimer avec excès tout ce qu'il peut aimer avec innocence.
•>^w ^>N* ■r.f^ rf. *• j^ •<
LETTRE XXXÏI.
Ernest a Adolphe.
3 avril .
LaîSSez-moi vous parler d'Amëlie , avant peu je n'aurai plus rien à en dire ; avant peu il ne me restera d'elle que son image, qu'il faudra même oublier, si cet effort esi poss bîe. Mais, tandis que je suis encore ici , tandis que Tair que je respire, la place que j'occupe, les objets que je touche retiennent quelque chose d'elle, m'entourenl de son souvenir et me pressent de sa puissance, n'espërez pas que j-aie une pensée dont elle ne soit l'objet , pi que je trace une ligne qu'elle n'ait inspirée.... Me voilà donc, direz-vous, follement épris? Non , Adolphe, je ne le crois pas; j'aurais adoré, sans doute, Amélie de Lunebonrg, mais je n'ai point oublié que la veuve de M. Mansfield ne peut jamais être l'épouse du comte de Woldemar; et
aimer Amélie légèrement, aimer Amélie autrement que pour la vie , ceHe sacrilège pensée n'est pas faite pour mon cœur.
Celle qui me fut deilinée, quoique libre maintenant de m'apparlenir, est à jamais perdue pour moi; je le sais, Adolphe: ce souvenir ne me quitte point; il se place toujours entre elle et moi; j'y pense quand elle s'approche, qu'elle me parle, que ses yeux se fixent sur les miens; j'y pense quand elle s'éloigne , et qu'en son absence je me sens perdu dans un vide affreux; j'y pense en écoutant ces éloges simples, touchans, unanimes, qu'on prodigue à sa bonté ; j'y pense en me figurant le bonheur que je tiendrais d'elle en entrevoyant
qu'elle pourrait aimer Oh! alors la
séduction devient terrible; mon cœur bat
dans ma poitrine à coups redoublés
Mais n'importe, dussé-je en mourir, je jure, ou nom de ma mère, de Ihonneur et du noble sang de mes aïeux , que jamais Ernest de Woldemar ne servira de père au fils de M. Mansfield.
< Adolphe, je crois sincèrement que je
ne suis point amoureux d^AméWe; Je parle d'elle, il est viai, avec une vivacité qui pofirrail "vocs en faire douter; mais en cela je cède à l'ascendant irrésisiibie qu'elle exerce sur tout ce qui l entoure. Qui peut la voir et pariei' d'e!îe comme d'une autre ? qui peut Fenfendre et ne pas connaître une lioiivelle vie? qui j-eut tenter de la peindre, et le pas suppléer parle sentiment à l'insiiffisonce ds Tesprii ? Si je regarde autour de moi , je vois tout le monde soumis à cette niêm.e influence ; quand il est question d'elfe, des êtres conimuns , grossiers, deviennent presque aimables, inléressans : ce seul nom d'Amélie les inspire, leur donne des idées dignes de leur sujet , et des expressions pour les rendre. J'ai vu M. Grandson , vieux marin renforcé, et dont l'inteKigence ne s'est jamais portée au-delà de son commerce, devenir un autre homme en parlant d'Amélie : alors il prend une physionomie que la nature lui a refusée, et son cœur lui crée un \m gage qu'il a toujours ignoré sans doute, et dont il ne se servira que
pour elle. M. Arnoult, chirurgien de village, qui n'a que la routine de son art, et qui peut à peine énoncer deux pbrases de suite, au seul nom d'Amélie s'exprima avec éloquence^: il dit le b;cn qu'elle fait , la discrétion dont elle le couvre, la grâce dont elle raccompagne; et en raconlani:
simplement ce qu'il a vu, il touche, il attendrit, et produit un effet auquel peu d'orateurs pourraient atteindre. Enfin des domestiques, des mercenaires savent trouver, pour la peindre, des couleurs que rhomme éclaire' et sensible ne dédaignerait pas d'employer, tant il semble que pour parler de celle qui est ul ;ue, il n'y ait qu'un seul ha/gage-
J'ai voulu connaître par moi-même l'emploi du temps d'Amélie : je l'ai vue à la tête de la maison de son oncle écarter doucement le faste qu'il aime, et le remplacer par une abondance si bien dirigée qu'il semble que tout soit accordé au besoin et refusé au caprice; Je l'ai vue inventer chaque jour de nouveaux mojens de soulagement pour les pauvres et le»
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malheureux, et persuader à M. Grandson , se persuader à elle -mène que ces ide'es venaient de lui, afin d'avoir un motif de l'aimer davantage : je l'ai vue ramener la paix dans un ménage, pleurer avec une mère désolée , fortifier un père de famille à sont lit de mort, nourrir les orphelins, prendre so'n de la veuve , et partout et toujours entourée de ce tribut d'adoration et de respect qu'on doit à son cœar noble et aimant, à son cœur géî:éreux qui la porte au bien avec une telle simplicité, que, sans le soin extrême qu'elle met à la cacher, on croirait qu'elle ne fait rien que
d'ordinaire Non, je n'ai point encore
assez parlé d'Amélie; je veux que vous la connaissiez quand elle s'exagère les bienfaits de son oncle, afin de donner une cause à l'ardente effusion de sa reconnaissance ; je veux que vous la connaissiez quand elic prononce le nom d'Albert, et que l'amitié anime son regard d'une expression sublime quand elle parle de ma mère, et lui pardonne ses injures; quand elle a eu un tort avec quelqu'un , et qu'elle
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le lëpare ; c'est surtout là son triomphe. Rien ne peut reudre Timpression qu'elle cause quand olle s'accuse j elle ne peut assez se trouver co:ipable, tant son cœur a le besoin de faire oublier le mal qu'elle croit avoir fait; toute son attitude prend alors quelque chose de si profondément tendre, que celui qui aurait pu résister aa charme de ses vertus et de ses grâces, serait invinciblement subjugué par celui de ses fautes et de son repentir. Telle est donc la femme qu'il faut que j oublie. Non , Adolphe , ne l'espérez pas , ne me demandez pas l'impossible : soumis à ce que ma. naissance m'impose , et aux désirs d'une mère respectée et chérie, j'unirai mon sort à celle qu'elle me destine; mais le souvenir d'Amélie m'empêchera d'aimer jamais aucune autre femme , et d'être hear^^ux nulle part. O Adolphe ! si elle nVtait que telle que je vous l'ai peinte , si rien autour d'elle ne rappelait qu'un aulre l'a possédée , nulle puissance humaine n'aurait balancé la sienne ; je serais à ses pieds , j'y eeraii pour toujours en dépit du sort qui
voulut me l'arracber. Ramené comme pâf miracle auprès de celle que j'ai si longieraps regardée comme mon épouse , je croirais voir dans celte réunion le sceau d'une destinée inévitable ; mais Amélie est mère ; il existe une preuve vivante .^ odieuse de son amour pour un autre homme :
Amélie, dans les bras d'un époux , lui a prodigué ses plus tendres caresses, et a fait son bonheur de lui appartenir.... A cette affreuse image mon cœur se révolte, mes sens se glacent , et je le jure , oh 1 je le jure encore, que jamais Ernest de Wolderaar ne servira de père à l'enfant de M. Mansfield.