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ACTION DU SEL SUR LA FORCE MUSCULAIRE

SOMMAIRE

Action du sel sur le système musculaire — Effets de l'action musculaire — Expérience de M. Claude Bernard — Les éleveurs — Lois de Liebig — Renouvellement de la substance des organes et leur sénilité retardée — Les dresseurs anglais et les gymnasiarques de l'Antiquité — Effets du dressage — Le sel répare la force musculaire.

L'action du sel sur le système musculaire se révèle par des effets prochains et éloignés. Nous avons vu plus haut, qu'il augmente l'influx nerveux, par conséquent, les contractions et, subsidiairement, la combustion respiratoire. Le sang absorbe plus d'oxygène et le calorique est augmenté. Cette augmentation peut aller jusqu'à un degré dans un même muscle, pour un temps de contraction (i) ; qu'on juge ainsi de la quantité énorme de cha.

leur produite par un mouvement musculaire général. Il ne serait pas exagéré

(1) 31. Claude Bernard a fait l'expérience suivante : 11 introduisit un petit thermomètre dans la veine qui traverse la glande parotide d'un cheval. Pendant le repos , la température oscillait entre ô7^ et o8°. Pendant la mastication, elle oscillait entre ô8« et 39" — puis, quand les mouvements de mastication avaient cessé, elle revenait à -37". (Leçons de physiologie expérimentale — Paris I859).

de dire que le système musculaire fournit les 7/10 de la chaleur totale du corps. Aussi les individus qui ne se donnent aucun mouvement sont-ils frilleux.

Le sel restitue aux muscles leur force d'innervation et remet de la fatigue résultant d'une action prolongée; il est donc indispensable à ceux qui ont à faire de longues marches, comme les soldats en campagne.

Pour ne pas parler uniquement de homme, nous citerons les faits suivants.

Les éleveurs, afin d'avoir des animaux vigoureux, bien musclés, leur donnent du sel ; s'agit-il de les engraisser? Ils se contentent du sel naturellement contenu dans les aliments.

Il y a dans cette pratique toute une doctrine. L'action musculaire est une combustion active et complète, aussi les produits excrétés, notamment la sueur et les urines, contiennent-ils une

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grande quantité d'azote , sous forme d'urée et d'acide urique. (Voir, Sécrétion urinairé) Il en est de même de l'exhalation de l'acide carbonique. D'où il résulte que le corps, quand il est soumis à un exercice actif, se renouvelle, d'après les lois de Liebig . Que la quantité de tissus transmutés dans un temps donné, peut se mesurer par la proportion d'azote contenue dans lurine. Que la somme des effets mécaniques produits à la même température par deux individus, est proportionnelle à la quantité d'azote contenue dans l'urine.

Se donner beaucoup d'exercice musculaire c'est se transformer; c'est ^ avec la même mêmeté (comme dirait Voltaire) (i) renouveler la substance des

{*) « Nous sommes réellement et physiquement comme un fleuve dont toutes les eaux coulent dans un flux

organes et empêcher leur sénilité.

Il y a, en Angleterre, ce qu'on nomme les Traîner s for Health, ou les Dresseurs de santé. Leur art consiste dans une bonne hygiène, mais surtout dans des exercices méthodiques et gradués. Ces exercices sont la promenade à pied

perpétuel. C'est le même tïeuve par son lit, ses rives sa source, son embouchure, par tout ce qui n'est pas lui, mais changeant à tout moment son eau, qui constitue son être, il n'y a nulle identité, nulle mêmeté pour ce fleuve « — Leibnitz avait déjà dit dans le même sens : « Notre corps est dans un flux perpétuel et des parties y entrent et en sortent continuellement. «Cette rénovation incessante distingue les corps organisés des corps bruts. La vie est comme ces fleuves qui transportent l'abondance tant qu'ils sont libres et qui, dès qu'ils s'obstruent, laissent la mort après eux. C'est le mouvement perpétuel tant cherché par les mécaniciens; mais ce mouvement n'est possible que lorsque la matière elle même y participe. « C'est se faire une idée fausse de la vie, dit l'illustre G. Cuvier, que

et à cheval, les jeux de boule, de quilles, de billiard etc., alternant avec les frictions, les bains ou les ablutions froides. Les exercices en plein air ne durent pas moins de quatre heures et ne se prolongent pas au delà de six. Le régime est substantiel, mais sobre ; les liqueurs alcooliques sont interdites. Le seul assaisonnement toléré est le sel

de considérer la vie comme un simple lien que retiendrait ensemble les éléments du corps vivant, tandis qu'elle est, au contraire, un ressort qui les meut et les transporte sans cesse. « De là la nécessité de se tenir constamment en mouvement. Les muscles sont les agents principaux du mouvement vital ; le cœur n'est qu'un muscle, c'est-à-dire, un ressort, et dès qu'il s'arrête, la machine entière est arrêtée; l'heure de la. mort sonne avec sa dernière pulsation. Il en est de la vie comme de l'or ; l'épargner ne servirait de rien, il n'a de valeur que tant qu'il circule. Mais l'échéance fatale peut être éloignée par une sage administration ; entre l'avare qui meurt sur son trésor, et le prodigue qui le gaspille, il y a un juste milieu à tenir.

en quantité modérée, afin de ne pas provoquer la soif. Les personnes soumises à ce régime doivent se coucher de bonne heure , au plus tard à dix heures. Comme elles font beaucoup d'exercice, on leur accorde huit heures de repos, mais jamais au delà. Le sommeil étant profond et rarement interrompu, il est réparateur et rafraîchissant. Tous les matins on prend un bain frais, ou on s'éponge le corps avec de l'eau froide ; on se frotte ensuite avec une brosse très dure, afin de donner aux muscles plus de ton.

« L'art du dresseur, dit le D' Jameson, est arrivé à un tel degré de perfection, qu'il parvient à modifier tout le corps, et que dans l'espace de quelques mois une vieille carcasse toute épuisée est souvent convertie en un corps sain et vigoureux. Tel individu qui avant le traitement ne pouA-ait

pas presser le pas sans avoir des étourdissements et sans perdre haleine, peut ensuite courir plusieurs milles avec toute la vitesse d'un chien de chasse.

Ce qui est plus remarquable, c'est que les effets du traitement ne sont pas moins prompts que durables. » Il y a peut être dans cette appréciation quelque peu de cette exagération avec laquelle les Anglais jugent tout ce qui vient d'eux ; on ne saurait cependant douter des bons effets du dressage, quand on voit, dans ce pays, des vieillards auxquels l'âge n'a rien enlevé ni de leur vigueur, ni de leur souplesse.

Les gymnasiarques étaient les dresseurs de l'Antiquité. C'étaient eux qui formaient cette, belle jeunesse qui devrait servir de modèle à la nôtre.

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