ACTION DU SEL SUR LA CONSERVATION DES CHEVEUX
SOMMAIRE
Cri d'alarme de l'auteur de La dégénérescence physique et morale de l'espèce humaine. — Causes morales de la perte des cheveux. — Emploi du sel pour l'amélioration de la laine. ,— Mode de croissance des cheveux. — Danger des cosmétiques. — Les artifices de la poudre. ~ Le sel est le meilleur des cosmétiques.
On a re}3roché à la génération actuelle d'être chauve. — « L'espèce humaine dégénère, sécrie un auteur, M. Verdé- Deslille (i). — Aux puissantes races des siècles passés a succédé une générationpetite, maigre, chétive, chauve !
{i) M. Verdé-Deslille est auteur d'un petit ouvrage,— on pourrait dire un pampiilet - qui a pour titre : De la Dégénérescence physique et morale de l'espèce humaine déterminée par le vaccin (Paris 1855.) Nous lui avons répondu par un autre (aussi un pamphlet si on veut) intitulé: le vaccin veugé (Gand,1855.) Nous avons démontré que tous tes griefs articulés par M. Verdé-Deslille contre l'invention du vaccin , n'existaient que dans son imagination. 3i. Verdé-Deslille veut qu'on laisse faire la variole, laquelle, prétend-t-il, n'offre aucun danger et même a l'avantage de préserver d'une foule de maladies dont le vaccin laisserait le germe dans l'éconumie. Il ne nous a pas été difficile de faire voir que ces maladies, telles que le typhus , le croup , l'angine couenneuse étaient beaucoup plus meurtrières avant l'introduction du vaccin. La croisade de M. Verdé-Deslille contre la vaccination a eu le sort de tontes celiis tentées contre le bon sens du publc.
Et toute cela pourquoi ? Parce que Jenner a inventé le vaccin ! « Il y a un mal que personne ne voit, ne veut voir ! — Remontons enfin à l'origine, à la cause unique de ce désastre multiple, le vaccin ! ! ! « —
L'auteur de cette tirade digne du Quousqiie tandem de l'accusateur de Catalina, doit être myope lui-même, pour ne pas voir les merveilles qui éclatent de toute part autour de lui.
Et cependant M. Verdé-Deslille est grêlé, c'est-à-dire qu'il a eu le bonheur (insigne d'après lui) d'être soumis à cette influence variolique dont il proclame si hautement les vertus préservatrices ! (i)
(1) La petite vérole n'a pas existé dans PantiquiLé. Parmi les grands hommes de cette époque, il y en eut
Parmi les causes qui produisent la calvitie, il y en a de niorales. -Les soucis font blanchir et tomber les cheveux. — C'est pour cela que le proverbe dit : Tête folle ne grisonne pas ! — La végétation est arrêtée tout à coup, accident qui n'arrive pas à ceux qui vivent uniquement de celte vie.
Est-ce un motif pour laiser les crânes se dénuder ? Nullement ; il faut, au contraire, favoriser autant que possible, la force végétative, sans se laisser toutefois absorber par elle.
de chauves, mais pas un de grêlé. Aucune effigie, buste ou médaille, ne porte Tempreinte de la petite vérole — Nous connaissons Ovidius Naso^ Tullius Cicero , Horatius Codes , Curius Dentatus , Lucius Balbus , mais de Grandinati (Grêlés) point. Laissons donc là cette explication de la perte des cheveux, et ne repoussons pas pour un résultat plus qu'incertain, un des plus grands bienfaits dont il ait été donné à un homme de doter Thumanité.
Parmi les modificateurs qui semblent avoir une influence salutaire sur la conservation des cheveux, il faut placer le sel. Plutarque, dont nous avons invoqué l'opinion à propos des facultés génératrices, nous apprend de même que la laine des moutons auxquels on donne du sel, est meilleure et beaucoup plus belle que celle des moutons auxquels on n'en donne pas.
L'opinion de l'historien des Hommes illustres a été corroborée, de nos jours, par des expériences directes. Plusieurs agronomes, parmi lesquels il faut citer John Sainclair, professent que le sel rend la laine plus longue et plus soyeuse. On lit dans un rapport relatif à ^la Question du sel, que la supériorité des laines d'Espagne sur les laines de France, tient à ce que, dans ce premier pays, la ration de sel des moutons est plus considérable que dans le second.
(Demesmay.) — Ceux qui sont enclins à tondre les moutons de trop près , devraient bien tenir compte de cette observation.
Les cheveux qui sont notre plus bel ornement (et aussi notre force, si l'histoire de Samson est vraie) sont des organes d'une délicatesse extrême. Leur structure toute capillaire, explique la facilité avec laquelle ils tombent (i) —
Ceux qui,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage
se teignent les cheveux et qui se servent pour cela d'ingrédients chimiques, —
(!) Le cheveu a une racine et une tige. La racine, implanlée dans la peau, se termine par une renflement appelé bidbe, qui embrasse la papille pileuse ou germe du poil. Le poil s'accroît par la formation de jeunes cellules sur la papille pileuse ; les plus récemment formées canstituent le bulbe du poil.
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tels que le nitrate d'argent, les composés de plomb, — finissent par perdre l'ornement auquel ils attachent tant de prix, à cause des soins mêmes qu'ils mettent à le conserver. Nous ajouterons que c'est un expédient qui ne trompe personne, puisqu'il imprime aux traits du visage une dureté que les cheveux blancs, au contraire, adoucissent. L'emploi de la poudre était pki« rationnel , bien qu'elle ait été imaginée par ceux qui avaient aussi à dissimuler les progrès de l'âge.
En résumé, une chevelure luxuriante étant un signe de santé et d'une bonne constitution , ce qui améliore celte dernière doit être considéré comme le meilleur cosmétique. C'est sous ce rapport que le sel doit être particulièrement recommandé.