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ACTION DU SEL SUR LES CONSTITUTIONS

SOMMAIRE

Action du régime salé dans la constitution pléthorique. — Signes de la pléthore. — Action du sel dans la constitution apoplectique. — Action du sel dans la constitution nerveuse. — Action du sel dans la constitution lymphatique. — Causes de la phthisie pulmonaire. — Action du sel dans la constitution scrofuleuse. — Les Rois de France et les écrouelles. — Action du sel dans le scorhut. — Cock et Lapeyrouse. — Action du sel dans la constitution cancéreuse, —

Action du sel dans la constitution syphilitique. — Orifjine de la syphilis. — Opinion de S*. Chrysostôme, — Impossibilité de faire de la bonne musique avec le nez. — Les vieux péchés et la doctrine nouvelle.

Il y a trois sortes de constitutions:

les premières dues à un excès de santé, une exubérance des forces vitales qu'on n'est pas parvenu à dépenser ou à équilibrer; les secondes résultant d'un appauvrissement de l'économie par des causes la plupart inhérentes à la civilisation et auxquelles on peut remédier par une bonne hygiène ; les troisièmes dues à des vices innés ou acquis, dont quelques uns constituent ce qu'on nomme de vieux péchés.

Nous commencerons par les constitutions exubérantes.

Action du sel dans la constitution pléthorique.

Quand on a un sang trop riche.

qu'on est, comme on dit, plét/iorique , on est exposé aux inflammations et aux hémorrhagies. La face est rouge, les artères battent avec force , la chaleur animale est constamment au-dessus de la moyenne physiologique, on est lourd j surtout après avoir mangé ou dormi ; toute initiative pèse.

Cette constitution est favorablement modifiée par un régime salé , le sang étant trop plastique, trop épais et le sel ayant pour effet de le fluidifier. Un physiologiste célèbre a défini le sang:

Une Chair coulante ; cette définition est parfaitement juste au point de vue où nous venons de nous placer.

Toutefois, il convient aussi de diminuer la trop grande richesse du sang par la sobriété et beaucoup d'exercice. Le vin, les bières substantielles tout ce qui, en un mot, surexcite la nutrition doit être évité par ces personnes.

Action du sel dans la constitution apoplectique.

Les indivdus dont le sang n'est pas assez vivifié, parce que la combustion respiratoire est trop peu active, ont la face vultueuse, bleuâtre, la respiration gênée, le ventre replet, la tête vertigineuse, le pouls dur et lent, et sont exposées aux apoplexies. Le régime salé leur convient parce que, comme nous l'avons vu, il aide à l'oxygénation du sang et facilite les excrétions. Les matières carbonées, hydrocarbonées ou azotées s'accumulent moins dans le torrent circulatoire et diminuent ainsi les chances des obstructions viscérales, des affections rhumatismales, goutteuses ou graveleuses, qui s'attaquent spécialement à cette constitution. Il faut aussi

à ces personnes une vie active et un certain ménagement dans l'usage des aliments échauffants.

Action du sel dans la constitution nerveuse.

La constitution nerveuse dépend, généralement, d'une faiblesse du système sanguin et s'accompagne de chlorose ou d'anémie. De là, la langueur, la fatigue ou l'essouflement au moindre exercice , les mouvements désordonnés et même les convulsions.

L'hystérie est une forme de cette constitution , et se rattache à un état particulier des organes sexuels. Le spasme, le rire convulsif, la constriction ou boule hystérique, la catalepsie, l'état magnétique, dessinent les formes plus ou moins prononcées de ces accès.

qu'on pourrait nommer maladifs si , immédiatement après, les fonctions ne rentraient dans l'ordre normal (i).

La constitution nerveuse est , en grande partie, le résultat de l'éducation : une vie molle, le manque d'exercice actif, la contention morale, le sentiment religieux surexcité par la contemplation, voilà ses causes les plus fréquentes. Le

(1) La catalepsie et l'état magnétique sont sans doute les phénomènes les plus extraordinaires qu'on puisse observer. Le corps est réduit à l'état de statue ; l'âme ou le moi, a perdu toute spontanéité et obéil à une volonté plus forte que la sienne ; quelquefois les sens sont déplacés ou étendus au delà de leur portée physique; la sensibilité est abolie comme dans l'hypnotisme et l'anesthésie, mais la conscience morale est maintenue, on peut même pratiquer les opérations les plus douloureuses, le malade vous "parlant comme si cela ne le concernait en rien. La réalité de cet état a été contesté, mais ne faut-il admettre que ce qu'on peut expliquer ? Parce que le charlatanisme a exploité le magnétisme animal faut-il le rejeter ? Mais qu'on n'en attende pas des miracles ; ces temps sont passés.

remède s'indique ainsi de lui même. Les médicaments dits antispasmodiques ne font qu'entretenir la susceptibilité nerveuse. — Le rustre dépeint par Henry Monnier , dans la Famille improvisée, avait à ce sujet des idées tout-autres.- Le grand air, les exercices corporels poussés jusqu'à la fatigue, un régime substantiel, dont le sel est la base, voilà les véritables moyens de modifier cette constitution qu'on aggrave par trop de ménagements.

Action du set dans la constitution lymphatique.

Le lymphatisme est la lèpre de notre époque. A quoi tient cette constitution? Sans être un esprit trop chagrin, on peut, je pense, en accuser.

pour une bonne part, la civilisation.

Le lymphatisme est un appauvrissement du sang ; en effet, le sang des lymphatiques est séreux, décoloré , et contient peu de fibrine. Les sels insolubles y sont en excès ; par contre, il manque de sels solubles , principalement de phosphate de soude.

Faut-il rapporter à cette dernière circonstance la fréquence de la phthisie pulmonaire ? C'est assez probable, surtout quand on se rappelle ce que nous avons dit au sujet de la vivification du sang ; c'est-à-dire, que le chlorure de sodium contribue, pour une grande part, à l'oxygénation et à la décarbonisation de ce fluide.

Aussi est-ce à ce sel ou à ses succédanés que la médecine a emprunté ses moyens les plus héroïques contre cette terrible affection.

Un auteur célèbre, Cabanis, dans son ouvrage intitulé: Rapports du Moral et du Physique, dit que dans la plupart des phthisies pulmonaires, le mal qui, au début, s'annonce par des crachats salés, devient de plus en plus grave sitôt que l'expectoration commence à paraître douce ou sucrée au malade. Cette remarque avait déjà été faite par le Père de la Médecine, et l'expérience journalière la confirme. Elle démontre que, chez les phthisiques, il y a toujours dans le sang manque de principes salins, notamment de chlorure de sodium. Delà le succès du régime préconisé, en France, par le D' Amédée Latour, système auquel il semble avoir été conduit par une rencontre fortuite.

Le fait vaut la peine d'être rapporté dans la forme spirituelle que l'auteur y a donnée. « Par une belle matinée du mois de mai, 1857, appelé près d'un

malade à Neuilly, je suivais pédestrement la belle avenue qui conduit à cette charmante petite ville, et non loin de la porte Maillot un singulier spectacle fixa mon attention. Une mauvaise carriole remplie de singes était arrêtée, et le conducteur profitant d'un lieu et d'un soleil favorables, faisait prendre le repas du matin à ses nombreux pensionnaires. La vue de leur déjeuner était un spectacle fort amusant, je ne pus résister au plaisir de le contempler.— Comment, demandai-je au cornac, faites vous pour conserver vos singes ? Ils meurent presque tous au bout de peu de temps et vos pertes doivent être fort grandes. — Non, monsieur, me répondit-il , car je connais la manière de les guérir dès^ qu'ils sont malades. Cette réponse excita vivement ma curiosité, car je savais que c'est à la phthisie pulmonaire que succombent presque tous les singes des

ménageries. — Et ce moyen quel est il ?

— Vous allez le voir. Voici le doyen de la troupe ; il est avec moi depuis plus de cinq ans et ne s'en porte pas plus mal. En voici un autre tout jeune qui tousse depuis quelques jours, je vais lui donner son déjeuner; prenant alors une carotte, il la coupa parle milieu, trempa l'un des morceaux dans une petite tasse remplie d'un liquide incolore et la donna au singe qui la mangea avec avidité.

— Qu'est-ce ? demandai-je. — C'est le remède contre la toux des singes ; il m'a été donné par le capitaine au longcours auquel j'achète mes singes au Havre. C'est de l'eau fortement salée et ce moyen m'a toujours réussi. — J'examinai avec soin ce liquide, le dégustai et n'y reconnus autre chose qu'une forte dose de sel marin. Le cornac m'assura énergiquement qu'en effet ce n'était que cela. ))

Sort fatal ! Ce sont souvent les natures d'élite, les intelligences les plus belles, les cœurs les plus tendres qui succombent à la phthisie.

Qui n'a retenu ces beaux vers du poète poitrinaire ?

De la dépouille de nos bois, L'automne avait jonché la terre»

Le bocage était sans mystère,

Le rossignol était sans voix.

Triste et mourant à son aurore,

Ln jeune malade à pas lents, Parcourait une fois encore.

Ce bois cher à ses premiers ans , Bois que j'aime ! Adieu... je succombe,

Votre deuil me prédit mon sort ; Et dans chaque feuille qui tcmbr

Je vois un présage de mort !

['(îillevoye. — La chute des feuilles.'

Les feuilles sont les poumons des végétaux ; elles se fanent et tombent quand l'hiver est venu, pour repousser plus brillantes au printemps. — Mais, hélas î les poumons ne se refont pas !

Jusqu'à quel point la phthisie pulmonaire est-elle curable. ? Dans l'état actuel de la science, la réponse à cette question n'est pas possible ; toutefois des faits nombreux de guérison permettent ^ d'espérer que peut-être un jour ils se généraliseront. La cause de cette maladie, ce sont des tubercules, c'est-à-dire des matières crues ou amorphes, résultant d'une nutrition incomplète; il est évident que si l'assimilation en était faite, il n'y aurait pas de phthisie. C'est pour ce motif que ces personnes doivent s'astreindre à une vie active. Les voyages surtout leur seront fort utiles, non ces voyages tardifs, qui ne semblent être que la dernière étape vers la mort, mais ceux qu'on entreprend avant que Je germe de la maladie soit développé. Quant au régime, il doit être essentiellement salé.

Et ici on nous permettra de citer

un fait qui nous a été raconté par une personne digne de foi — Nous la laisserons parler.

« J'ai connu un jeune homme qui m'intéressa vivement ; sa belle physionomie exprimait je ne sais quelle souffrance, comme s'il avait été marqué d'un sceau fatal. Il était le dernier survivant de cinq frères et deux sœurs, tous morts phthisiques à la fleur de l'âge.

Quel espoir de vivre pouvait-il lui rester? J'avoue que je n'eus pas même la force de lui offrir des consolations. — Deux ans après, mes affaires m'avaient appelé à Paris.— J'avais perdu de vue mon jeune malade et n'en avais conservé qu'un vague souvenir. — Au détour d'une rue, un homme jeune, brillant de santé et d'une rare prestance corporelle m'accoste et me tend la main en se faisant connaître. Je ne pus m'empêcher de lui exprimer ma surprise sur l'améliora-

tion de sa santé. » « C'est tout mie histoire, me dit il ; j'avais déjà accepté mon sort, lorsqu'un médecin me proposa un moyen d'y échapper. Ce moyen consistait à faire usage d'une forte dose de sel dans mes aliments et même dans l'eau de ma boisson. J'ai suivi ce conseil et vous en voyez le résultat. »

Chargé de la polyclinique à l'hôpital civil de Gand, et recevant chaque année à mes consultations plusieurs milliers de malades , la plupart atteints de phthisie pulmonaire à divers degrés, j'ai fini par leur ordonner un régime salé et je n'ai eu qu'à m'en applaudir.

M' le D' Amédée Latour, dont nous avons rapporté plus haut l'anecdote des singes de Neuilly, prescrit chaque jour

5 grammes de sel marin dans une tasse de bouillon, avec un régime substantiel, secondé par une bonne hygiène générale. Le sel a pour objet, tout en augmentant l'appétit, de faciliter la digestion et, par conséquent, la nutrition si gravement dérangée dans la phthisie.

Le médecin conseille en outre à ses malades de boire le lait d'une chèvre aux aliments de laquelle on a mêlé une certaine quantité de sel commun.

Il leur prescrit en même temps des pilules composées de sel, de tannin et de conserve de roses. On comprend que ces derniers ingrédients n'ont d'autre but que de parer, en partie, au relâchement des tissus. Ce qui guérit, c'est le sel.

Action du sel dans la constitution scrofitleuse.

Le mot Scrofule vient du latin Hcrofa,

flruie) à cause de l'analogie qu'on a cru trouver entre cette maladie et celle qui attaque souvent la race porcine.

C'est une affection héréditaire, un restant de ces maladies si communes au moyen-âge, et qu'on confondait sous la dénomination générique de Ladrerie, de sorte que le mot est resté comme une injure.

Les scrofules sont endémiques dans les gorges des montagnes et les lieux marécageux, aussi ont-elles singulièrement diminué depuis que les conditions hygiéniques en ont été améliorées.

11 ne faut pas confondre la constitution scrofuleuse avec la constitution tuberculeuse ; non seulement la nature n'en est pas la même, mais les signes physiques en sont tout différents. Ainsi quoique l'une et l'autre constitue un

état de lymphatïsme, la seconde n'imprime point au physique et au moral ce caractère de détérioration et presque d'abrutissement qui est propre à la première. Le scrofuleux est lourd ; il a le nez épaté, les lèvres grosses, les yeux chassieux ; souvent il est teigneux et perd ses cheveux ; les ganglions en s'ouvrant, laissent des cicatrices indélébiles ; les os sont mous, spongieux, et se carient. — Malheureusement, le scrofuleux ne perd pas sa vertu reproductive.

L'individu qui porte le germe de tubercules est au contraire grêle, élancé, souvent délicat de forme, et même présente un certain caractère de beauté qui intéresse, une espèce de langueur qui dénote un mal profond et fatal.

Ce qui distingue les scrofules de toute

autre maladie de nutrition, c'est que les humeurs y sont essentiellement acides.

Les individus atteints de ce mal répandent une odeur aigre — on dirait qu'ils ont du lait de beurre dans le sang. — Les acides varient : ce sont principalement l'acide lactique et l'acide phosphorique qu'on trouve en plus ou moins grande quantité dans les urines, lesquelles renferment, parfois en grande proportion, du phosphate de chaux, observation qui avait déjà été faite par un médecin célèbre de Montpellier.

Quoiqu'il en soit, il est constant que tous les moyens opposés jusqu'ici aux scrofules sont empruntés aux alcalins, en même temps qu'on améliore la constitution par une bonne hygiène , l'exercice actif, un air pur et vif, une alimentation stimulante et animalisée, les amers et les huiles grasses.

On conçoit que le régime salé convienne à ces constitutions, par la grande quantité de soude qu'il introduit dans l'économie, tout en activant les fonctions véfi^étatives (i).

Le pouvoir de guérir les écrouelles par l'attouchement, dont jouissaient les Rois de France à leur sacre, a disparu avec le droit divin, et vraiment il ne faut pas le regretter, puisqu'en même temps a disparu cette incurie dans laquelle croupissaient les populations.

Aide toi, le Ciel t'aidera, telle est au-

(1) Si les scrofules sont si répandues dans les campagnes, il faut l'attribuer en grande partie à Tusage du lait battis et d'une alimentation trop fade et trop peu substantielle. Kien de plus misérable que la nourriture de nos paysans, en général. Le plus désolant, c'est que chez eux c'est le plus souvent un fait d'avarice.

jourdliui la devise des peuples, et les {'lioses n'en vont pas plus mal.

Quoique les scrofules soient héréditaires, il ne faut pas désespérer de les voir disparaiire. Déjà le mal s'est singulièrement affaibli et la plupart du temps n'existe plus qu'à letat latent.

Dans les pays où les scrofules régnent endémiquement, il faut transporter les habitations sur les lieux élevés, (i) drai-

(') Les scj'ofules n'existent pas aux î)ortîs lîe la nieitt dans les pays secs. N(;iJS avons proposé au Gouvernement belge d'établir sur le littoral maritime et dans le Luxembourg des orphelinats sur le modèle des établissements de Ruysselede et de Beernem, Lis Hospices y i)la(:eraient leurs enfants scrofuleux ou malingres , moyennant le paiement de la journée d'entretien fixée de commun accord. On ferait ainsi disparaître celte plaie qui afflige les enfants élevés par la bienfaisance, pour en faire un jour des citoyens valides et aptes jiar leur éducation à tous les états.

ner le sol et, autant que possible, améliorer le régime des habitants. Si les eaux manquent d'éléments salins , il faut en ajouter.

Ainsi on se trouvera bien de l'adjonction d'une certaine quantité de chlorure de sodium à l'eau des boissons.

Tous les mets devront en outre être salés, afin de remédier à la fadeur du tempérament.

Action du set dans le scorbut.

Le scorbut est une maladie résultant d'un mauvais régime.

Les privations, le mauvais air, la fatigue, en un mot toutes les causes déprimantes peuvent le produire.

Le scorbut entraine de l'aversion pour Texercice actif, le boursoufflement et l'état blafard des gencives, le déchaus-

sèment et la chute des dents, la fétidité de l'haleine, la disposition aux hémorrhagies passives et aux ulcérations, des taches ecchymotiques à la moindre pression, enfin un état de débilité générale.

Cette maladie étant surtout propre aux marins, on l'a attribuée aux salaisons; c'est pourquoi nous devons examiner cette croyance trop accréditée dans le public.

D'abord on a dit que puisque le scorbut a pour effet de liquéfier le sang, tous les agens qui produisent cet état doivent favoriser la maladie ; partant le sel. Mais il y a ici une remarque à faire : le sel rend le sang plus coulant, mais ne lui enlève rien de sa plasticité. Donc si les marins deviennent scorbutiques, c'est par suite des privations et des fatigues aux quelles ils sont soumis. — lien est de même dans les villes assiégées. — Aujourd'hui que l'hygiène nava-

le est mieux soignée, que les voyages sont moins longs et les vivres de meilleure qualité, le scorbut est devenu moins fréquent. C'est ainsi que beaucoup de navigateurs, tels que Cook, La Peyrouse, sont parvenus à en garantir leurs équipages, malgré les salaisons dont ils faisaient presqu'exclusivement usage.

Action du sel dans la constitution cancéreuse.

Le cancer est uue des maladies les plus cruelles qui s'attaquent à l'humanité. A ceux qui demanderaient si à ce mal il n'y a aucun remède, nous répondrions que les seuls moyens consistent dans une bonne hygiène et un régime reconstituant. En effet, le cancer s'attaque à nos organes comme la

mousse ou les champignons aux arbres ; plus ceux-ci sont vigoureux et moins on les voit se couvrir de ces parasites. En tout état de choses, bien se nourrir, veiller surtout à la liberté des excrétions, rafmîchir constamment le sang par un régime salé, voilà des moyens rationnels qui, je pense, ne sauraient nuire à personne.

Action du sel dans la constitution syphilitique.

La syphilis est-elle une maladie ancienne ou moderne ? On sait que c'est dans ce dernier sens que la question a été résolue par beaucoup d'historiens.

Ils n ont pas fait attention que de nombreuses preuves attestent le contraire.

Ainsi le mal si amèrement reproché par Moïse aux Hébreux, comme étant le fruit

de leur impudicité, était Lien vénérien.

Que dire de l'effroyable débauche des Romains de l'Empire, stigmatisée par Martial, l'homme le plus brutalement vertueux de son époque? Il nous répugnerait de reproduire ses satires même en original, car :

Le Latin dans les mois brave rhonnêtété. îîais le lecteur français veut être respeclé.

S'il pouvait y avoir du doute sur le point historique que nous rappelons ici, ce doute serait dissipé par lepître suivante de St. Chrysostôme (i).

« Il ne sera pas sans intérêt de vous faire connaître un fait remarquable :

c'est que beaucoup d'entre vous sont atteints d'une maladie qui, comme je

(i) On sait que ce Père de TEglise écrivait ses épilre^ au IV^^- siècle.

l'apprends, était beaucoup plus fréquente en d'autres lieux qu'ici.

« Vous me demanderez qu'elle est cette maladie ?

« Bien que je ne puisse m'expliquer plus clairement, il ne vous sera néanmoins pas difficile de le deviner. Ne croyez pas que je parle de choses secrètes et cachées ; les faits parlent assez clairement d'eux mêmes.

« Je soutiens que ce vice déshonore et stigmatise la Cité. Ce sont surtout ceux qui dorment le jour et qui se livrent la nuit aux débauches, qui sont le plus grand opprobre de la patrie.

Comment se faire à ces sons rauques et nasaux? Autrefois on n'entendait chez vous que les sons de la musique ionienne, dorique, ou bien l'harmonie phrygienne ou lydienne; mais aujourd'hui on n'entend que la musique des Arcadiens et des Phéniciens, comme s'il était

possible de faire de la bonne musique avec le nez.

« Car vous n'ignorez pas qu'un mal endémique s'est emparé de vos nez. On dit qu'Aphrodite, pour punir les femmes de Lesbos, leur a envoyé une maladie des aines. Eh bien ! c'est ainsi que la colère divine a détruit le nez du plus grand nombre d'entre vous, et c'est de là qu'est venu ce son particulier, car de quelle autre cause proviendraitil ? C'est le signe de l'impudicité la plus honteuse, poussée jusqu'au délire et au mépris de toute moralité ; votre langage, votre démarche, votre regard , tout en fait foi. «

Ce point d'histoire étant vidé, et les temps modernes étant dégagés de la responsabilité qu'on a voulu faire peser uniquement sur eux, nous revenons à

notre sujet : l'importance du régime salé dans la syphilis.

Cette maladie, quand elle n'a pas été combattue convenablement, appauvrit le sang et amène la cachexie qui caractérise la syphilis tertiaire ou constitutionnelle ; le régime salé lui sera alors appliqué de droit.

Que de vieux péchés s'expient par des infirmités précoces ! Le plus terrible, c'est que le mal agit sourdement et à Finsu du malade.— C'est un Protée qui peut revêtir toutes les formiCS.— L'un perd ses cheveux, un autre est tourmenté de douleurs dans les membres et les articulations; tel autre maigrit à vue d'œil; un grand nombre sont frappés d'impuissance, et tout cela, parce que le mal n'a pas été éteint à son origine. îl existe aujourd'hui une école qui ne s'attachant qu'à une forme de la maladie, croit à la possibilité de la détruire par

des moyens purement locaux. Nous désirons vivement qu'elle ne se trompe pas. En tout cas, c'est moins une question du présent que de l'avenir.

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