‹ Amélioration de l'espèce humaineChapitre 19 sur 22 · MO · texte numérisé non relu

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C'est ce que généralement ne comprennent point les professeurs de Conservatoires qui, hélas ! ne sont pas plus gymnasiarques que les autres. Aussi que produit ce système d'éducation où le corps est constamment méconnu ?

Cà et là un talent d'élite, mais beaucoup de victimes d'un art devenu presque meutrier. Ajoutons à cela la malheureuse tendance à dépasser le diapason de la voix humaine , la manie de sonorité qui ne permet de graduer les effets qu'en les exagérant.

Lef chanteurs de profession font usage d'astringents, tels que le cachou. — Il y en a qui, pour donner à leur voix un son métallique et atteindre à cet lit de poitrine , ce re dièze auxquels se rattachent de si merveilleux engagements, se gargarisent avec une solution de nitrate d'argent, un caustique ! Les malheureux, à ce métier ne gagnent qu'une laryngite !

Un bon système de gymnastique, une nourriture substantielle et le régime salé conduiront plus sûrement et d'une manière moins dangereuse au but désiré.

— Fortifier l'organisme en général n'empêche point de le perfectionner en détail; c'est ainsi que font les chanteurs Allemands. Il y a quelques années, une troupe de cette nation vint en représentations à Gand; étonné de la beauté et de la puissance de la voix de ces artistes, et curieux de connaître leur régime, nous pûmes nous assurer qu'il était fortement salé. Quelques-uns avaient l'habitude de souper avec des salaisons. — On sait, en effet, que ces mets sont fort usités en Allemagne.

Les peintres ont également besoin d'un régime tonique et salé , en même temps ils doivent faire beaucoup d'exer-

cice , afin de contrebalancer l'air énervant de latelier. Nul art ne se ressent d'avantage du tempérament de celui qui l'exerce. Voyez Rubens; ses tableaux reflètent sa constitution essentiellement sanguine, pleine de morbidesse et de mouvement; d'autres sont atrabilaires et peignent comme avec de la bile ; d'autres sont mous , lymphatiques et leur touche na aucune consistance ; d'autres enfin sont nerveux et leur manière présente je ne sais quoi de convulsif, d'épileptique.

Le peintre a donc un grand intérêt à modifier sa constitution par tous les moyens que l'hygiène lui indique, et parmi lesquels il faut ranger, en première ligne, le régime salé.

Du régime salé dans les professions Utléraires scientifiques, et administratives.

Les hommes de cabinet, à cause de

la vie sédentaire et renfermée qu'ils mènent, sont sujets aux engorgements des viscères, principalement de ceux du bas-ventre. Comme moyen hygiénique, ils doivent donc s'astreindre à un exercice corporel Journalier, la promenade, le jardinage, afin de secouer la torpeur de leurs membres. Les bureaux, en général, sont des lieux malsains , où l'on respire une odeur de paperasses et où l'air confiné et une température trop élevée empêchent la vivification du sang ; de là, peut-être , cette lenteur du travail administratif. Nous ne disons pas que les employés s'enferment pour tailler des plumes ; nous voulons seulement expliquer les causes physiques de cette torpeur dont ils sont les premières victimes.

Les hommes de lettres sont sujets

aux échauffements du sang, qui font que beaucoup périssent d'inflammation, soit du cerveau, soit du cœur ; ils ne sauraient donc mener une vie trop sobre et trop gymnastique.

Le régime salé leur est surtout nécessaire pour entretenir la netteté de la pensée et la clarté du style. — Rarement il arrive à un écrivain d'être égal ; tantôt sa pensée se dégage nette et brillante, tantôt elle est lourde et embarrassée; on ne saurait méconnaître que les dispositions physiques n'influent ici sur le moral. Cet efl'et du tempérament est surtout sensible chez les critiques; les uns ont cette bienveillance qui vient de ce que nulle bile n'est mêlée à leur sang; ils ont également ce style brillant qui distingue le prince des critiques de notre époque (M. J. Janin ;\ d'autres sont bilieux, pleins de flel et d'acrimonie.

Les savants qui ne sortent pas de leur cabinet, sont vieux avant le temps; ceux, au contraire, qui mènent une vie active et pour lesquels les voyages sont un moyen d'instruction, parviennent à une verte vieillesse. — On en a eu un exemple dans l'illustre A. De Humbodt.

— Le régime salé est ici de la plus haute importance, puisqu'en maintenant la circulation libre, il empêche les désordres du côté du cerveau et la perte successive de ses facultés, qui ne font plus du savant qu'un regrettable débris.

Les hommes d'état, à cause de leur vie publique, ont des dangers incessants à combattre; indépendamment des études du cabinet, ils ont à affronter les luttes de la tribune et les diners officiels non moins dangereux ; ce sont là des nécessités de position qu'ils doivent neutraliser par une grande activité corpo-

relie — C'est sans doute pour ce motif que les hommes d état d'Angleterre se livrent à l'exercice du cheval jusqu'à un âge fort avancé, et qu'ils résident à la campagne autant que leurs travaux le leur permettent — Les hommes d'état doivent suivre un régime salé.

Du régime salé dans la profession militaire.

Les militaires, surtout en campagne, sont soumis à un grand nombre de causes morbides; ce ne sont pas tant les combats qu'ils ont à craindre, que les maladies. Exposés à des vicissitudes continuelles, aujourd'hui dans l'abondance, demain subissant les privations, n'ayant souvent pas d'abri pour se garantir contre l'inclémence du temps, toujours moralement et physiquement

surexcités il n'est pas étonnant que leur sang s'échauffe. La fièvre à laquelle ils sont sujets , n'est d'abord qu'un effet de la fatigue, mais bientôt elle prend un mauvais caractère ; les typhus, la dyssenterie s'en mêlent et abattent les organisations les plus robustes. Le régime salin aura pour effet, si non d'empèoher ces maladies, au moins d'en atténuer les terribles conséquences. Nous faisons connaître plus loin une préparation d'un emploi commode et qui nous semble remplir toutes les conditions exigées dans ces cas.

Du régime salé dans la profession médicale.

Le médecin est comme le soldat ; il a également des difficultés à vaincre,

des périls à affronter. Dans le cours de ses longues études, il est constamment en face de la mort ; une fois en possession de son diplôme , il n'a plus de repos, le pauvre le réclame. Une épidémie vient-elle à éclater, il faut qu'il se multiplie afin de ne laisser nulle part le fléau prendre racine. — Le médecin a un double motif de bien se porter ; d'abord, pour lui même, ensuite pour la confiance que sa santé doit inspirer à ses malades.

Malgré les fatigues et les dangers de leur profession, les médecins arrivent généralement à une longévité assez avancée ; cela vient de ce qu'ils observent les prescriptions de l'hygiène. On comprend que nous n'avons pas de conseils à donner à des confrères; nous pensons cependant pouvoir leur recommander le régime salé. Expert o credant Roberto,

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