‹ Amélioration de l'espèce humaineChapitre 20 sur 22 · DE LA POUDRE SALINE RAFRAICHISSANTE · texte numérisé non relu

DE LA POUDRE SALINE RAFRAICHISSANTE

SOMMAIRE

Nécessité de rafraîchir le corps. — Molière et son Malade imaginaire. — Les médicaments et les agents diététiques. — Danger de l'empirisme — Les matières peccantes et les fièvres graves. — Les dépura teurs du sang. — La médecine sans le médecin. — Le remède Leroy. — Moyens naturels de rafraîchir le sang. — La poudre saline rafraîchissante. — Ses effets diététiques immédiats. — Là torpeur matinale dissipée. — Schocking! — Action de la poudre sur la sécrétion et l'ex-

crétioii uriiiaire. — Les urines représentent la lessive du corps. — Action de là poudre rafraîchissante sur les fonctions dépuratrices de la peau. — L'acide sudorique et l'acide urique. — Action de la poudre rafraîchissante sur la sécrétion et l'excrétion biliaire. — La bile dissolvant les cellules du foie. — La fièvre jaune. — Elimination des principes toxiques. — Expériences de 31. Cl. Bernard. — Elimination des miasmes animaux.

— Expérience personnelle de l'auteur. — La poudre rafraîchissante prévenant l'obésité. — Sources de la graisse. — Les abeilles et les ruminants. — Effets monstrueux de l'engraissement. — La graisse dans le sang et les urines. — Le foie produisant et éliminant la graisse par la bile. — Action .de la poudre rafraîchissante sur le sang. — Effet de la coagulation de ce liquide. — La poudre rafraîchissante prévenant les infiltrations, les épanchements et les inflammations. — Action de la poudre rafraîchissante sur les gaz intestinaux.

— Régime à suivre avec la poudre rafraîchissante. — Pourquoi cette poudre ne donne lieu à aucune sujétion,

— La poudre rafraîchissante et les eaux minérales. — Manière de prendre la poudre rafraîchissante. — Utilité de cette poudre pour les enfants. — Les vers et les inflammations exsudalives prévenus.

Nécessité de rafraîchir le corps.

Molière — le grand réformateur non de la médecine mais des médecins de son époque à rendu un service signalé au public en ridiculisant ces malades imaginaires qui croiraient ne pouvoir mettre un grain de sel dans un œuf à la coque sans l'autorisation de la Faculté. On ne rencontre plus guère de ces Argan toujours prêts à faire de leur corps une officine. Si les Purgon y ont perdu, l'humanité et la dignité de l'art y ont gagné.

Il y a des médicaments et des agents diététiques. — Les premiers produisent des secousses ou perturbations que le médecin seul doit provoquer et diriger — Médicament, en grec, est svno-

nime de poison. — Il y a vraiment de quoi s'effrayer de la confiance que certains malades mettent dans l'empirisme. — Il est vrai que le désir de guérir est plus fort que le raisonnement.

Les agents diététiques n'apportent aucun trouble dans l'économie ; leur action étant toute physiologique , ils facilitent le jeu des organes et en sont de puissants auxiliaires. Quelques-uns, comme le chlorure de sodium, rafraîchissent le corps par Faction qu'ils exercent sur le sang, soit en favorisant le renouvellement de ce liquide, soit en le débarrassant des principes échauffants ou irritants qui s'y développent par la nutrition. — Tel est sujet aux éruptions de la peau, tel autre, aux âcretés des sécrétions. — Ce sont ces dispositions humorales qui

sont cause d'un grand nombre de maladies.

Les matières peccantes — comme les nommaient les Anciens, et qui ont donné si beau jeu à la verve satirique de Molière — sont le produit d'une combustion incomplète ou mal réglée. Cet humorisme a longtemps vacillé sur des bases incertaines ; mais aujourd'hui, grâce aux progrès de la physiologie expérimentale, c'est une science aussi positive que la chimie elle-même. Il suffit de se rappeler les beaux travaux du savant professeur du Collège de France, M. Cl.

Bernard.

Les matières peccantes — nous leur conserverons ce nom comme un hommage rendu à la critique qui en a attaqué et fait disparaître le côté ridicule —

les matières peccantes agissent à la manière des ferments qui altèrent et décomposent le sang. Ce sont, en général, les grands émonctoires, la peau, le foie, les reins, dont l'action dépuratrice reste en défaut; aussi est-ce sur ces organes — véritables souffre-douleurs — que l'empirisme exerce ses spéculations. Combien de victimes n'a pas fait le remède Leroy ! Ceux qui y survivaient n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes; leur teint terreux, leurs yeux éteints et profondément enfoncés dans les orbites, leur abattement, leur tristesse, témoignaient du trouble moral et physique où les avait jetés ce prétendu remède. Certes si le Docteur Drastique avait en l'intention de rendre ses partisans aussi maigres que les Fakirs de l'Inde, auxquels de continuelles macérations enlèvent tout ce qu'ils ont de terrestre, il n'eût pas mieux réussi !

Moyens naturels de rafraîchir le corps.

Nous avons longtemps cherché une préparation simple et commode de rafraîchir le corps sans le fatiguer et le soumettre à une sujétion nuisible. Pour cela il fallait éviter les sécrétions exagérées sur lesquelles reposent la plupart des moyens employés jusqu'ici. Les purgatifs, les sudorifiques, les diurétiques finissent par épuiser l'économie; les excitants l'affaissent ; c'est le cas des spiritueux.

Le moyen à trouver devait pouvoir exercer une action modérée, égale sur toutes les grandes fonctions de l'économie, et établir entre elles un équilibre parfait, lequel constitue la santé.

Tel est l'effet de la préparation dont nous allons faire connaître l'action, et

qui a reçu le nom de pondre rafraîchissante , nom que nous lui conserverons comme étant une espèce de consécration de la part de ceux qui en ont éprouvé les effets salutaires (i).

Comme il faut prendre la poudre le matin — de préférence quand on est encore au lit — nous allons prendre les choses à partir de ce moment.

D'ordinaire, en se levant^ on est lourd et échauffé, les mouvements sont indécis, la tête est embarrassée. Pour peu que la veille on se soit écarté de son régime habituel, la bouche est pâteuse, la langue colle et quand on la regarde, on y voit deux lignes ou stries jau-

(1) La poudre rafraîchissante est un composé de divers sels neutres. Comme il importe qu'elles soient très pares, nous signerons de notre nom les poudres dont nous aurons été à même de surveiller la préparation.

nâtres qui se prolongent vers la base, laquelle est légèrement salie; on n'a pas faim ; quelquefois on éprouve comme une espèce de mal de mer; pendant quelque temps on se ressent de ce malaise ; on est de mauvaise humeur, désagréable à soi-même et aux autres.

D'où vient cet état ? Evidemment de la torpeur ou jette un sommeil prolongé. Pendant la nuit la respiration s'est ralentie; c'est une espèce d'hybernation, un état voisin du narcotisme que les Anciens avaient poétiquement attribué aux pavots de Morphée.

Afin de se soustraire à cet engourdissement, il faudrait se coucher tôt et se lever après le premier sommeil, qui seul est réparateur. C'est l'habitude des campagnards, et on sait qu'elle ne contribue pas peu à la conservation de leur santé.

Mais dans nos villes, où tout est artificiel, comment faire que nous ne nous couchions tard et ne nous levions de même? Il faudrait pour cela rompre avec tou' tes les habitudes sociales. C'est en égard à cette impossibilité que la poudre rafraîchissante est utile, puisquaprès l'avoir prise, tous les malaises énumérés plus haut disparaissent comme par enchantement. Là bouche devient fraîche, la peau se couvre d'une douce moiteur, les urines coulent abondantes et limpides, la bile et les autres matières résiduelles sont évacuées, et ainsi disparaît toute humeur noire; la tête se dégage, la poitrine se dilate, Fappétit se réveille, en un mot, on se sent revivre et on est dispos pour toute la journée.

Afin qu'on ne croie pas qu'il y a de l'exagération dans ce que nous venons de

dire, on nous permettra d'entrer encore dans quelques considérations sur les grandes fonctions, que la poudre rafraîchissante ne fait que réveiller sans les soumettre à aucune stimulation factice.

— Nous demandons pardon de parler de ces choses qui font dire aux Anglais, Sc/iocking !

Action de la Pondre rafraîchissante sur la sécrétion et l'excrétion des urines.

Ainsi que le disait Fourcroy, l'urine représente la lessive du corps ; elle emporte les substances de toute provenance qui doivent être expulsées de l'organisme. Nous avons vu qu'elle renferme, en plus ou moins grande quantité, de l'urée, de l'acide urique et des sels acides ou alcalins. L'urée se forme dans le sang et, en s'y amassant.

altère ce liquide; il est donc extrêmement important qu'elle en soit séparée par les reins (i).

Pendant la nuit, les éléments azotés et salins s'amassent dans les urines faute d'excrétion, aussi, le matin, sont-elles ordinairement troubles. La poudre rafraîchissante provoque leur excrétion

(1) Un animal sur lequel on a détruit les nerfs des reins de manière à empêcher ces organes de sécréter, périt rapidement au milieu d'une décomposition putride. Une saignée, pratiquée avant la mort de l'animal, laisse voir son sang profondément altéré, comme poisseux et ayant perdu la faculté de se coaguler. Des hémorrhagies se font jour par les intestins, la vessie. Après la mort de Tanimal on trouve les principaux viscères, le foie, les poumons, convertis en une espèce de putrilage. On ne saurait douter que ce ne soit l'urée convertie en carbonate d'ammoniaque, qui a décomposé le sang en détruisant sa coagulabilité. Les mêmes altérations doivent se produire chez l'homme quand la sécrétion de l'urée est suspendue ; or , on sait combien de causes de perturbation s'exercent sur les reins et arrêtent leur fonction.

et les rend à leur limpidité normale, à moins toutefois d'un dérangement de santé.

Action de la poudre rafraîchissante sur la sécrétion et l* excrétion de la sueur.

La peau est une vaste surface d'inhalation et d'exhalation ; non seulement elle absorbe de l'oxygène, mais elle rejette de l'acide carbonique, de l'urée > divers sels minéraux et un acide se rapprochant beaucoup de l'acide urique, et auquel on donne le nom diacide sudorique. Sous ce rapport, il y a identité d'action entre la peau et les reins, et la suspension de l'action dépuratrice de la première entraîne les mêmes conséquences que la suspension de la sécrétion et de l'excrétion des seconds, (i)

(1) Quand on couvre un animal, un cheval, par exemple, d'une couche de vernis, il périt en peu d'heures au-

Il importe donc que cette importante voie d'élimination soit constamment tenue libre. La peau est le siège d'une foule d'affections dont un grand nombre se rattache à un défaut d'excrétion ; tels que des boutons, des papules, des vésicules dans lesquelles on trouve des produits tantôt alcalins, tantôt acides selon la nature particulière des humeurs. — La poudre rafraîchissante agit sur la sécrétion et l'excrétion cutanée aux mêmes titres que sur la sécrétion et l'excrétion rénale.

Action de la Pondre rafraîchissante sur la sécrétion et l'excrétion de la bile.

De nouvelles expériences ont démon-

milieu d'un abaissement considérable de la température qui, selon M. Claude Bernard, peut descendre jusqu'à 2^". Si on a soin de laisser une petite surface du tégunuiit sans vernis, Fanimal ne meurt pas ; c'est comme une espèce de fenèti-e jiar laquelle se fait rcxhalalion.

tré combien l'exonération ou la décharge du foie est importante pour la conservation de la santé, et fait voir que lorsque la bile n'est pas rejetée, elle tourne son action contre le foie et le désorganise en dissolvant ses cellules.

« Quand on examine, dit M. Cl. Bernard, les propriétés de la bile au point de vue de Tintoxicaticn ictérique et des effets possibles de sa résorption, on lui trouve un caractère spécifique que ne présente aucun autre liquide sécrété.

La bile aurait la propriété de dissoudre les cellules du foie. Les médecins qui récemment sont allés à Lisbonne pour y étudier la fièvre jaune, sont revenus unanimes sur ce point. «

La bile entraîne avec elle les matières nuisibles introduites dans le san^ainsi, des substances minérales injectées dans les veines d'un animal apparaissent très vite dans la bile et en dis-

paraissent aussi très rapidement, tandis qu'elles sont difficilement éliminées par les urines (i).

Il doit en être de même des miasmes, soit végétaux soit animaux (2).

Le fait est que dans les intoxications c'est le foie qui est le premier attaqué.

(») Après avoir établi sur un aaimal une fistule biliaire, M. Cl. Bernard a injecté une faible quantité de sulfate de cuivre dans les veines. Au bout de peu de temps la présence du sel métallique a été sensible dans la bile, tandis que les urines n'en présentaient que des traces à peine perceptibles.

(2) La science n'est pas encore parvenue à découvrir la nature des miasmes; on est cependant forcé de les admettre d'après leurs effets. Ainsi les émanations des terrains marécageux produisent les fièvres intermittentes et ces fièvres finissent par amener des désordres dans ie foie, signes de la lutte qui s'est établie entre cet organe et le principe toxique. Pendant de longues années nous nous sommes préservé des dangers des dissections anatomiques par l'emploi de la poudre saline. Aujourd'hui que nous avons quitté

Nous ne pouvons terminer ces considérations sur les fonctions du foie, sans parler d'un de ses attributs les plus importants, c'est-à-dire la part qu'il prend à la formation de la graisse.

L'obésité est un état incommode, quelquefois maladif; elle commence à l'époque de la vie où la combustion respiratoire ralentie permet à la graisse non brûlée, de s'amasser dans l'économie (i).

l'amphithéâtre pour Thôpital, c'est encore la même poudre qui nous permet d'affronter impunément les miasmes des salles. Dans les épidémies du choléra asiatique, nous n'avons pas cessé un seul jour de faire usage de notre poudre , que nous considérons comme un véritable antidote dans ce cas.

(i) C'est dans les poumons que les substances hydrocarbonées sont consumées ; ainsi dans l'asphyxie par le charbon, on trouve dans le sang des gouttelettes de graisse. Chez le vieillard le cœur est ordinairement chargé de cette substance. Les animaux qu'on renferme et auxquels on donne une nourriture féculente engrais, sent en peu de temps. On connaît les résultats mon. strueux auxquels arrivent les éleveurs.

Le foie prend une part considérable à Tobésité ; de même que pour les poumons , son action élaboratrice est en défaut et produit des surcharges (i).

(!) Aussi est-ce dans son parenchyme que les matières grasses s'amassent, au point de le transformer en foie gras. La graisse provient des substances féculentes ? sucrées, et de la transformation des matières alLumincïdes en sucre 5 c'est donc un produit de l'économie vivante. Les abeilles et les ruminants nous en fournissent des exemples concluants; la cire des premières provient des matières sucrées des fleurs ; en nourissant des abeilles avec du miel la quantité de cire augmente, La graisse des animaux, herbivores se forme par la transformation de la fécule, d'abord en glucose, puis en matière grasse. La chimie démontre que par l'oxydation le sucre se transforme en acide carbonique, en eau et en acide butyrique ; on peut donc opérer celte transformation soit en mettant le sucre en présence d'un ferment énergique, soit par une forte oxydation. Les matières azotées peuvent également se transformer en sucre; le caillot sanguin des épanchements ou des hémorrhagies se convertit très souvent en graisse; la résorption du pus lui-même n'est due qu'à sa transformation en matière grasse. Dans quel organe s'opère cette formation graisseuse ? Nous pensons que c'est dans le foie; plusieurs raisons nous font pencher vers cette opinion et

Les personnes disposées à prendre de l'embonpoint devraient se soumettre au régime des dresseurs Anglais ;

quoique ce ne soit pas ici le lieu {non hic locus), nous dirons que M' Cl. Bernard l'admet comme probable. Le foie est donc un producteur de la graisse, celle-ci se forme pendant la digestion; un morceau de foie pris sur un animal hors du temps de cette fonction et bouilli dans de i'eau, n'offre aucun caractère spécial; tandis que si l'animal est en digestion, des gouttelettes graisseuses nagent à la surface de la décoction et peuvent en être séparées par l'éther. Si on rapproche de ce fait une expérience qui démontre que pendant la digestion la quantité de sucre formée dans le foie est plus grande qu'à jeun, on trouvera une grande analogie entre les influences qui agissent tant sur la production du sucre, que sur celle de la graisse. On pourrait même en conclure (sans qu'aucune expérience, il est vrai, le prouve) que la graisse provient de la matière glycogène élaborée par le foie, puisque dans l'état de digestion les quantités de ces deux matières varient. De plus, on sait que la quantité de sucre formée par le foie est proportionnellement la même dans toute la série animale.

Il est également démontré aujourd'hui que les quantités de graisse ne dépendent en aucune manière de l'alimentation (de l'alimentation ordinaire, bien j&fitendu);

se livrer à beaucoup d'exercice et faire choix de certains aliments, par exemple ceux qui contiennent peu de fécule et de

ainsi dans un lapin nourri de choux on trouve à peu près autant de graisse que dans un chien nourri de viande. Ce fait renforce l'hypothèse de la formation de la graisse au dépens de la matière sucrée; si on trouve, en effet, un produit dérivé, constant quant à ses proportions, sa quantité et sa présence, il ne saurait avoir pour origine un autre produit soumis à des variations de production ; il faut qu'il dérive d'un produit de l'organisation constant comme lui, c'est-à-dire du sucre. La disparition du sucre coïncide-t-elle avec la diminution de la graisse ? Cela est probable, quoiqu'aucune contre expérience ne soit encore venue le démontrer. Nous disons la diminution de la graisse, parce que cette substance n'étant point détruite comme le sucre, de la disparition de ce dernier ne résulterait pas la disparition absolue de la graisse. — Nous avons parlé de la matière glycogène du foie; cette substance, dont nous devons la connaissance à M. Cl. Bernard, constitue une espèce d'amidon animal susceptible de se IransformiM- en sucre. Si on prend un foie qu'on soumet à un lavage continu au moyen d'un couvant d'eau froide entrant par la veine porte et sortant par les veines siis-hépatiques, au bout de 40 minutes à

matières albuminoïdes , susceptibles d'être transformées en sucre et de là en graisse. Nous ferons cependant obser-

peu près, i'eau sort limpide et ne contient plus ni sucre ni sang ; toute la fibrine a donc été enlevée. Si on abandonne alors ce foie à lui-même, à la température ordinaire, il s'y forme encore du sucre, autant qu'il y en avait avant le lavage. Cette formation dure environ vingt quatre heures; après ce temps il ne s'en forme plus. De cette expérience on peut conclure que le sucre du foie se forme par l'action de la substance glycogène et ncn par la fibrine du sang ; mais d'où vient la matière glycogène? Il semble qu'elle ne peut avoir d'autre origine que Talbumine du sang. N'observe-t-on pas que les pf rsonnes obèses sont généralement lymphatiques? Chez les phthisiques il ne se forme pas de graisse, c'est-à-dire que les matières albuminoïdes ne sont pas transformées, ou le sont incomplètement; de là cette langueur générale, suite d'un défaut de ccmbuslicn; de là les tubercules ; de là aussi cet état donceâtre de leurs sécrétions. Chez les scrofuleux, il y a transformation du sucre en acides lactique, phosphorique, oxalique, ainsi que le démontrent leurs urines ; la transformation des matières albuminoïdes en sucre a donc eu lieu, mais le sucre a subi une combustion incomplète ; au lieu de former de l'acide carbonique, c'est-à-dire, au lieu d'être brûlé, i! a été incomi)Iète-

ver que quel que soit le régime auquel les obèses se soumettront, il faudra avant tout qu'ils impriment une grande activité à leur foie, but qu'ils atteindront par l'usage de la poudre rafraîchissante.

Nous terminerons ces considérations sur le foie en faisant observer que la quantité de bile excrétée dans les vingt quàtres heures est énorme et excède de beaucoup les besoins de la digestion (i).

ment oxydé. Nous ne faisons qu'indiquer ici les données les plus importantes de l'hématologie, afin de faire voir, une fois de plus, combien est grand le rôle des substances salines neutres dans l'économie animale. En somme, quan d on dit ; Trop gras, trop paresseux, on a tort puisqu'il n'api)arlient pas toujours aux obèses de changer l'état de leur constitution.

(^) Sur un lapin auquel on avait pratiqué une fistule biliaire, la quantité de bile receuillie dans les vingt qua-

En résumé, le foie est un des organes les plus importants de l'économie ; c'est une usine vivante où le sang se forme et se purifie et, par conséquent, où se produisent une foule de maladies.

tre heures n'a pas été moindre de 136 gr^, 840 cenligr. (Bidder et Schmidt.)

On évalue la quantité de bile sécrétée chez Thomme, dans les vingt quatre heures, à 900 grammes —, Si Ton rapproche de ce fait celui de certains animaux inférieurs où les canaux biliaires s'ouvrent contre l'anus, par exemple la limace dont la voracité occasionne tant de dégâts dans nos jardins potagers , on en tirera cette conséquence que la bile n'est pas exclusivement un liquide digestif 5 mais plutôt un produit de la dépuration du sang et que si son élimination n'est pas suffisante, il faut la provoquer par certains agents diététiques , tels que les sels neutres. Le défaut de sécrétion biliaire laisse dans le sang une masse considérable de matières résiduelles qui sont cause d'échauffements. Nous venons de voir que le foie est une usine très variée dans à ses produits, qui forme également de la matière glycogène, ou une espèce d'amidon animal susceptible d'être transformé en sucre, ainsi que de la graisse.

Telle était déjà l'opinion des Anciens et les observations modernes ne font que la confirmer chaque Jour d'avantage.

L'emploi de la poudre rafraîchissante, considéré au triple point de vue où nous venons de nous placer, celui de l'exonération rénale, cutanée et hépatique, constitue donc toute une médecine préventive, la plus efficace de toutes. Le poète n'a-t-il pas dit ?

Principiis obsta , sero medicina paratur, Cum mala per longas, invaluere moras.

Ovide.

Le plus grand nombre des maladies est de nature humorale (i) ; elles sont

(1) En parlaïit ainsi nous ne renions nullement notre foi dans le vitalisme ; nous pensons au contraire que la vie est le premier moteur des phénomènes organico chimiques. Prétendre le contraire^ serait dire qu'il y a une chimie sans chimiste.

dues — soit à un excès ou un défaut d'élaboration des matériaux de la nutrition, azotés, carbonés ou hydro-carbonés, — soit à des fermens formés spontanément dans le sang, (i) — soit enfin

(1) Les chimistes ont défini le ferment une matière organique allmminoïde qui, en se décomposant, décompose une autre substance avec laquelle elle est en rapport. Les fermens viennent du sang lui même ou du dehors; le sérum ou l'eau du sang^ par son albumine, devient un ferment pour le sang lui même et produit ces altérations spontanées auxquelles sont dues les fièvres typhoïdes. Les fermens du dehors s'introduisent dans le sang par la respiration : ainsi quand l'air est vicié par l'accumulation d'un grand nombre d'individus (c'est-à-dire un nombre relatif au cube d'air) les matières animales exhalées par chacun d'eux et respirée de nouveau avec l'air qui les contient, agissent comme des fermens et produisent également des fièvres typhoïdes. Le corps ne saurait donc être assez ouvert pour livrer passage aux matières fermentescibles qui existent au-dedans et au dehors de nous. C'est le rôle que remplit la poudre rafraîchissante. On s'étonne des fièvres graves qui éclatent quelquefois comme la foudre, mais on ne fait pas attention aux causes nombreuses qui les produisent. L'air que nous respirons, nos aliments. notre sang, nos excrétions, tout est rempli de fermens.

à des matières toxiques introduites du dehors. Que les matériaux azotés viennent à prédominer , il se produira des maladies d'irritation, des échauffe ments, des fièvres ou des inflammations. Ainsi dans les aff'ections rhumatismales, goutteuses , graveleuses , qui ont toutes une grande affinité entre elles, on trouve dans les urines un excès d'acides ou d'alcalis. La plupart des fièvres graves sont dues à l'urée ou à des matières animales agissant à l'instar des fermons. La prédominance des éléments carbonés ou hydro-carbonés impliquant un défaut de combustion respiratoire, produisent des maladies de consomption , entre autre la phthisie.

Action de la pondre rafraîchissante sur l'état physique du sang.

Nous venons de voir comment les

principes nuisibles sont retirés du sang; nous devons ajouter quelques mots sur rétat physique de ce liquide. Ces considérations seront d'autant plus importantes, qu'elles prouveront, une fois de plus, qu'avec la poudre rafraîchissante les maladies les plus formidables peuvent être évitées.

Le sang est un liquide organico-inorganique, formé d'eau, de sels (entre autre le chlorure de sodium,) de fibrine, d'albumine, de petits corpuscules ou globules, les uns rouges, les autres blancs, auxquels le sang doit sa coloration , de sorte que tantôt il est plus rouge, tantôt plus pâle.

Cette composition du sang devient appréciable au moment où il est tiré de la veine ; presqu'aussitôt il se coagule ou se fige ; la fibrine se prend en un

caillot au fond duquel les globules rouges, qui sont plus pesants, se précipitent et forment une espèce de gelée. La sérosité (ou l'eau du sang) qui entoure le caillot, renferme l'albumine et les sels.

Ces changements survenus dans le rapport des parties constituantes du sang forment un état cadavérique. Ils ont lieu en dehors de l'influence de la vie, et d'autant plus promptement que le sang est plus altéré. Comme le fait observer M. Cl. Bernard, la fibrine et l'albumine existent dans le sang à Tétat de combinaison ; si la fibrine n'était pas liquide, la vie serait impossible.

Beaucoup d'affections sont promptement mortelles parce qu'une certaine quantité de fibrine se coagule et obstrue les vaisseaux ; telles sont surtout les inflammations qui ont pour effet d'épaissir le sang ; or, le moyen de pré-

venir cet état, c'est l'usage du sel.

11 en est de l'albumine comme de lu fibrine(i), c'est-à-dire qu'elle cesse également d être combinée dès qu'il y a manque de principes salins dans le sang.

Cette substance semblable à du blanc d'œuf délayé, passe à travers les pores des veines et produit des infiltrations auxquelles on a donné le nom d'albuminurie. (2)

(1) Le sang tiré de la veine se fige très lentement quand on y ajoute une certaine quantité de chlorure de sodium, et il garde sa couleur rutilante, ce qui indique qu'il n'est pas décomposé. Tous les médecins savent que les sels neutres sont d'énergiques antiphlogistiques.

(2) Nous croyons devoir mentionner ici des expériences de M. Rierulf , rapportées par M. Cl. Bernard dans ses Leçons de physiologie et de pathologie expérimentales. Injectant de l'eau dans la veine jugulaire d'un chien, M. Kierulf s'est assuré qu'au bout d'un certain temps les urines devenaient albumineuses. La saignée pratiquée par intervalles, fit voir qu'à mesure que les sels disparaissaient

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer, n'ont nullement pour but d'initier les profanes (i) aux secrets de l'art de guérir ; une pareille prétention de notre part serait cruelle et dangereuse. S'il y a quelque chose qu'il faille laisser ignorer au public dans l'intérêt de sa tranquillité, ce sont les maladies et leur cortège de symptômes plus ou moins effrayants. Il serait terrible de pouvoir se croire atteint de telle ou telle affection à la moindre sensation anormale; mais au-

de l'eau du sang, l'albumine et les globules devenaient plus abondants. Le sel est donc nécessaire afin de maintenir la combinaison des éléments plastiques et globulaires du sang 5 sans cela ce liquide se comporterait dans les vaisseaux comme dans un filtre c'est-à-dire qu'il laisserait transsuder ses matériaux les plus importants. (») Horace a dit :

Odi profanum vulgus et arcéo.

Ce dédain ne serait plus de saison aujourd'hui que It public veut connaître les motifs, si non la raison, de ses croyances.

tre chose est l'hygiène, elle nous apprend à éviter les maladies par un régime bien réglé et quelques agents dont l'usage ne nécessite aucune condition particulière. Ayant eii à traiter d'un de ces agents, nous n'avons pu nous contenter de dire : Prenez notre poudre, elle vous préservera de toutes les maladies. C'est pour le coup qu'on nous eût pris pour le marchand d'orviétan du Malade imaginaire. Nous devions faire voir sur quels fondements repose un système dont près d'un quart de siècle nous a prouvé l'efficacité.

Action de la pondre rafraîchissante sur les gaz intestinaux.

La poudre rafraîchissante a un effet très marqué sur les gaz intestinaux;

parmi ces gaz il faut compter principalement l'hydrogène et ses composés , soit sulfurés, soit carbonés. Ces gaz peuvent être absorbés et donner lieu à des altérations du sang et des troubles du système nerveux. Le sujet est donc assez important pour que nous nous y arrêtions un instant.

L'hydrogène se forme dans les intestins des personnes débiles ou avancées en âge. En passant à l'état proto ou deuto-carboné, il devient asphyxique.

Dans notre Ouvrage sur le choléra Indien (Gand 1855) nous avons cité des cas de choléra artificiel, produit chez des lapins par l'inspiration de ces gaz. (i)

(') Dans réj)idémie de 18o4, on a vu des animaux, notament des lapins, présenter les symptômes du choléra et succomber; cette observation nous a frappé et nous avons voulu faire quelques expériences afin de dissiper nos doutes. Deux lapins blancs furent enfermés dans une caisse

L'hydrogène sulfuré a pour origine l'altération des substances albuminoïdes au contact de l'air, ou bien la désoxydation des sulfates en présence des matières organiques. C'est un gaz très délétère qui, étant absorbé, donne lieu à la céphalalgie, à un état d'abattement général avec chaleur sèche de la peau, soif.

recouverte d'une châssis en verre et dans laquelle nous laissâmes dégager une certaine quantité d'hydrogène proto-carboné. Au bout de [)eu d'heures, ces animaux ont refusé toute nourriture et ont été pris de déjections qui sont devenues de plus en plus séreuses ou rizacées. De violentes contractions abdominales révélèrent les coliques. L'un des lapins a vomi des matières blanchâtres. — Enfin la cyanose est devenue apparente aux oreilles — L'un des lapins a succombé au bout de douze heures; l'autre, au bout de quatorze. — Par analogie ori peut conclure à ce qui doit arriver chez l'homme. La formation de l'hydrogène carboné dans son canal intestinal n'est pas douteuse : on sait que c'est cette formation qui mit sur la voie de la découverte du gaz d'éclairage. Nous n'avons pas besoin de citer ici ces expériences qui pourraient paraître incongrues.

inappétence , symptômes qui peuvent dégénérer en véritable fièvre typhoïde.

La poudre rafraîchissante empêche la formation de ces différents gaz en imprimant une grande énergie au tube digestif, et en expulsant les matières résiduelles avant qu'elles aient subi la fermentation. L'école de Saîerne, qui ne se piquait pas d'atticisme, a pu dire:

Quatuor ex venlo véniunt in ventre refcnto . Spasmus, hydrops, colica, vertigo; hs?c res probat ipsa.

Cap. IV.

Du régime à suivre avec la poudre rafraîchissante.

Nous devons aller ici au-devant d'une objection qu'on pourrait soulever contre la poudre rafraîchissante: la sujétion à laquelle ellesoumettrait ceux qui en feraient un usage journalier. D'abord il n'est pas nécessaire d'en prendre tous les jours; cela dépendra du besoin qu'en en éprou-

vera. Ainsi si l'on n'est pas échauffé, si toutes les fonctions sont libres, il n'y a nulle raison de recourir à la poudre; dans le cas contraire, on la prendra fût-ce chaque matin, sans qu'il puisse résulter de ce chef une sujétion ou une habitude dangereuse.

De même, il n'est pas nécessaire d'en augmenter la dose; c'est comme avec les eaux minérales dont les principes .salins, quoiqu'en proportion presqu'infmitésimale, ont cependant une action très marquée sur le corps.

La meilleure manière de faire usage de la poudre rafraîchissante, c'est d'en diluer une petite quantité (environ une cuillerée à café, tantôt rase tantôt comble) dans un verre d'eau qu'on prend le matin en se réveillant. — Ce mélange peut se faire la veille avant de se coucher. -^ On reste encore quelque temps au lit, afin d'eu favoriser l'effet. Si on ne se sent

pas suffisamment rafraîchi en se levant, on boit encore un verre d'eau dans laquelle on a mis une pincée de la même poudre, afin que le liquide soit légèrement sapide (i). Les personnes qui ont l'estomac faible peuvent faire usage d'une poudre gazeuse. — Quant à l'effet, il est nécessaire de tenir

(1) Le sel n'agit que pour autant qu'il ait été suffisamment dilué. Ce soin est d'ailleurs nécessaire pour la lessive du corps, ainsi que le disait Fourcroy. Afin de mieux faire comprendre l'importance des reins dans ce lavage, nous dirons qu'il passe par ces organes, dans les vingt quatre lieures, vingt mille kilogrammes de sang, tandis que la quantité totale de ce liquide n'est que de vingt kilogrammes; c'est-à-dire que toute la masse du sang passe 1000 fbis à travers ces cribles, dans les vingt quatre heures. L'esprit a peine à comprendre une si prodigieuse activité. Est-il étonnant que les maladies des reins soient si fréquentes ? L'hygiène de ces organes doit donc consister à activer, autant que possible, la sécrétion et l'excrélion- urinaire de peur que les principes azotés et salins en s'y amassant ne produisent des irritations ou des dépôts.

une heure régulière , avant ou après déjeuner. Quelque temps qu'il fasse, on sort et on marche au moins pendant une demie heure, afin de mettre tout le corps en action. Cette promenade gymnastique permet de fumer, l'air dissipant les vapeurs narcotiques du tabac, (i) La poudre rafraîchissante convient à tous les âges et à toutes les constitutions ; nous devrions répéter ici ce que nous avons dit des avantages du régime salé en général. Mais c'est surtout aux en-

(1) On a singulièrement exagéré les mauvais effets du

I abac; si, comme on l'a dit, c'est un poison, il l'est au même titre que le café, c'est-à-dire qu'il n'empêche pas de bien se porter. • — Nous avons besoin d'une certaine dose d'excitation : mieux vaut le tabac que les spiritueux,

II est certain qu'on abuse moins de ces derniers depuis que l'usage du tabac s'est répandu. — Nous ne prétendons pas nous constituer le défenseur de l'abus qu'on en fait. La sociabilité s'en ressent 5 la société des femmes est abandonnée et, petit à petit, l'esprit de conversation se perd.

Pour peu que cela augmente, nous serons rêveurs et taci-

fants qu'elle convient ; on sait combien le sang fermente facilement à cet âge, et avec quelle rapidité se produisent des fièvres, des éruptions, des inflammations qui enlèvent un si grand nombre d'enfants — le croup, dont le nom seul est l'effroi des mères, les angines, les entérites diplîthéritiques etc.

C'est aussi l'âge où se produisent les vers, le canal digestif ne pouvant complètement élaborer les aliments et détruire

turnes comme les mangeurs d'opium. Si on fumait moins, on pourrait fumer un tabac distingué au lieu de cette détestable drogue que la spéculation livre à bon marché. Il en est du tabac comme du vin : pour qu'il ne nuise point, il doit être pur. Au point de vue hygiénique le tabac est un bon excitant, surtout après les repas, puisqu'il active la sécrétion de la salive; il ne faut donc pas rejeter cette dernière. Le tabac doit être vieux, parfaitement sec, et brûler avec une cendre légère, opaline. Il faut avoir soin de ne pas le mouiller en fumant, afin de ne pas en faire une espèce d'appareil distillaloire qui peut laisser dégager la nicotine.

les germes helminthiques qui y sont contenus. Tous ces effets seront prévenus par la poudre rafraîchissante. En l'administrant dans du café au lait, l'enfant ne s'en apercevra pas et ne ressentira aucune colique, tandis que les vermifuges et les purgatifs irritent et fatiguent l'intestin. La poudre peut être donnée une ou deux fois par mois selon le besoin.

Nous avons parlé de Futilité du régime salé pour le soldat en campagne : ces considérations s'appliquent également à la poudre rafraîchissante. Tant que la guerre sera une triste nécessité, ce sera à la science, autant qu'à l'humanité, à en diminuer les horreurs. On invente de tous côtés des engins de destruction ; at-on songé suffisamment aux moyens de conservation ?

Comme nous avons déjà eu occasion d'en faire la remarque, ce ne sont pas

tant les combats que le soldat doit craindre que les maladies. — Dans une récente séance de l'Académie Royale de Médecine de Belgique, un honorable membre, M. le D' Fallot, a donné communication d'une lettre qu'il a reçue d'un des chirurgiens en chef de l'armée Espagnole qui a fait l'expédition du Maroc, et où se trouve relaté ce fait vraiment désasteux : que sur un effectif de 50,000 hommes, il ya eu 20,000 malades!

Cela seul prouve qu'il y a dans le régime du soldat en campagne des vices qu'une bonne administration doit s'appliquer à rechercher et à faire disparaître. L'entrée en campagne est toujours accompagnée d'une grande excitation morale : cet entrain du soldat lui est nécessaire pour surmonter les fatigues et les dangers qui l'attendent. — Ce sont les marches, qui permettent à peine de satisfaire aux besoins

les plus impérieux du corps — les repas irréguliers et pris à la hâte — les nuits passées au grand air — qui échauffent le sang, dérangent les fonctions digestives, rendent les évacuations plus rares. La fièvre de fatigue se déclare. — Bientôt cet état fébril prend un caractère grave et à chaque étape on voit augmenter le nombre des manquants. — Au jour de l'action, à peine les deux tiers de l'effectif peuvent-ils se mettre en ligne. — Le feu et le fer font leur œuvre , mais qu'est-ce en comparaison des maladies ? — Ceux que les armes atteignent meurent ou, s'ils échappent, rapportent de glorieuses cicatrices ; mais les victimes de la fièvre n'ont pas même cette consolation : ce sont des pertes sèches qui n'ont pour panégyrique que la liste des décès des intendances.

A quoi bon, dira-t-on , ce triste tableau

d'une situation inévitable? Mais a-t-on tout fait pour 1 éviter ? Â-t-on compté avec ces altérations du sang qu'il serait peut être possible d'empêcher ? Ce n'est pas à nous à résoudre ces questions; nous pouvons, tout au plus, les poser.

Quant aux moyens à mettre en œuvre, nous pensons qu'ils doivent se déduire d'un ensemble de mesures hygiéniques, parmi lesquelles nous rangeons l'emploi de la poudre rafraîchissante. Cette poudre, en tant qu'agent diététique, peutêtre mise impunément aux mains d'un chacun ; qu'est-ce qui empêcherait que chaque soldat en portât sur lui une ou deux boites afin que, se sentant échauffé, il en prenne une cuillerée à café quand il.se sentira échauffé? —

Il faudrait également augmenter la ration de sel ordinaire, comme le faisaient les Romains, qui promenèrent leurs légions dans les contrées les plus

extrêmes du Monde alors connu. — Le plus souvent l'eau et les aliments sont de mauvaise qualité et ont besoin de ce correctif.

En donnant ces conseils nous ne prétendons en aucune manière faire prévaloir notre opinion ; mais les choses les plus simples sont celles dont on s'avise le moins.

La poudre rafraîchissante activant fortement la digestion, elle demande un régime substantiel ; dans la matinée surtout, on est obligé de prendre quelque chose de sec, un biscuit, par exemple, dans un verre de vin de Bordeaux ou de bière tonique. Nous déconseillons formellement les liqueurs, surtout absinthées. — Avec la poudre rafraîchissante on peut se permettre un de ces légers écart, parles quels le Père de la Médecine

conseille de rompre, chaque mois, la monotonie du régime habituel. Cela vaut mieux, en tout cas, que le moyen indiqué par TEcole de Salerne :

Si nocturna tjbi noceat potatio vini, matutinâ horà rebibas, et erit medicina (i).

Cap. XV

(i) Si, pour avoir trop bu la veille,

Votre estomac est dérangé, Ayez le matin recours à la bouteille, Vous serez bientôt soulagé.

Parce remède bien purgé.

Aux maux de cœur, aux maux de tête, Vous donnerez un prompt congé En prenant du poil de la béte.

VJrt de conserver la santé par f Ecole de Salerne. Traduction nouvelle en vers français, par M. B. L. M. — Augmenté d'un Traité sur la conservation de la Beauté des Dames et plusieurs autres secrets utiles et agréables. A Paris, par la Compagnie des Libraires. An. M,Dcc, 4 X.

NOUS nous proposons de nous occuper un jour de ce livre vraiment curieux.

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