Tôkyô Keizai Zasshi, 25 mars
Amérique, pays de hauts salaires. Plusieurs d'entre elles ont pour directeurs ou administrateurs des hommes politiques influents et qui n'hésitent pas à acheter les législateurs ^ A supposer même que le gouvernement du Mikado puisse contraindre les compagnies du Japon à suspendre temporairement leurs opérations, celles qui des Hawaï font passer les émigrants au Canada ou au Mexique, comment pourra- t-il les atteindre?
Les travailleurs japonais déclarent que le gouver-
1. « Jusqu'ici les diverses compagnies d'émigration étaient divisées en deux partis ; instruites par Texpérience, eUes se sont décidées à se syndiquer. Avant-hier soir leurs représentants se sont réunis; ils ont choisi pour le groupe le nom suivant, Imin Tori'Ostukainin Kumiai,}!, Morioku Shin a été nommé président et M. Hinata Teitake administrateur. Unanimement le syndicat va combattre l'impuissance du ministère des Affaires étrangères. Â la prochaine session du Congrès il fera déposer un amendement aux lois actuelles sur la protection de l'émigration. » Asahi SfUmbun, décembre 1907. « Les représentants des différentes compagnies d'émigration ont rendu visite au comte Hayashi, ministre des Affaires étrangères. Voici, dit-on quelle fut la déclaration du comte Hayashi : « Le gouvernement est disposé à encourager Témi- « gration, mais il doit calculer les avantages et désavantages résul- « tant d'une part de Témigration et d'autre part de nos relations « diplomatiques, et si le bénéfice est insignifiant il faudra le sacri- « fier. Cette question de Témigration mérite que le gouverne- « ment et les compagnies l'étudient sérieusement. » Japan Times, décembre 1907. En mai ou en juin 1908 auront Heu au Japon les élections générales. Les Progressistes, Kenseihonto, parti de l'opposition, attaqueront vivement les Seiyukaï, parti du gouvernement, sur la timidité de sa politique concernant Témigration. Peut-être le gouvernement, par crainte de cette campagne que les compagnies d'émigration et de navigation entretiendront, tentera-t-il une politique de compromis : la décision de fixer mois par mois les départs pour les Hawaï rend possible une telle politique. Il essaierait d'accorder à l'opposition, sur cette question de l'émigration» le maximum des concessions, sans toutefois tellement engager sa responsabilité que les Américains soient en droit de l'accuser de mauvaise foi.
nement américain et leur propre gouvernement les sacrifient injustement : « L'attitude du président Rooseveltfut d'abord impartiale et admirable; mais après son entretien avec la délégation de San Francisco, en février 1907, un changement survint qui fut très désappointante » Admirable, tant qu'avocat zélé du Japon, il lutta pour imposer aux Californiens le retrait de la mesure des écoles, le président Roosevelt devint tout à coup suspect, presque traître, quand il acheta cette concession de la promesse que les Japonais, avec des passeports pour les Hawaï, le Mexique ou le Canada, ne seraient pas admis aux États-Unis : « Le président Roosevelt, ayant changé d'attitude, s'est mis d'accord avec les travailleurs blancs pour interdire l'entrée des États-Unis à ces Japonais qu'il a déclarés excellents *. »
Les Japonais escomptaient que la Californie ferait tous les frais du conflit; or la satisfaction qui leur est donnée, ils l'achètent aux dépens de leur œuvre en Californie :
C'est anéantir les entreprises que nos 80 000 compatriotes soutiennent en Amérique, et les résultats de nombreuses années de travail. Chaque année, la culture par les nôtres de plus de 150 000 acres de terre produit plus de 50 millions de yen. Voici nos entreprises menacées : les Japonais sont traités comme des Chinois. L^incident scolaire de San Francisco a été arrangé d'une manière ridicule. L'instruction des enfants, c*est sans doute un point important, mais pour cent enfants environ, anéantir les entreprises de nombreux Japonais, c'est lamentable.