Osaka Asahit 19 mars
8ftO ABliRIGimS BT JAPONAIS
L'enquête officielle de M. Ishii a prouvé que la question japonaise dans TOuest américain n'était plus seulement une question de coolies et de maind'œuvre, mais une question de capitalistes et de pro* priétés.
11 y a donc de gros intérêts japonais à protéger qui seraient menacés de ruine si Timmigration japonaise était complètement arrêtée. L'avantage de ces propriétaires ou fermiers japonais en Californie sur leurs concurrents blancs, tenait à la main-d'œuvre abondante, bon marché et habile de leurs compatriotes, et ce ne sont pas des Blancs, Irlandais, Italiens ou Français qui remplaceront les travailleurs japonais : leurs préjugés de races les empêchent de s^embaucherau service de maîtres jaunes. La solution qui consisterait à laisser partir du Japon le nombre de travailleurs nécessaires à ces entreprises, sur certificats délivrés par les autorités américaines, est impraticable : elle violerait Vanti conlract-labour law et il faudrait un sérieux contrôle pour empêcher que les Japonais ainsi importés ne s'échappent vers d'autres affaires ou métiers américains. Chaque entreprise japonaise deviendrait vite un tonneau des Danaïdes, toujours tari, bien que sans cesse on l'abreuve.
Les Japonais estiment qu'ils sont indispensables au3( Hawal, où sans eux King Sugar dépérirait', au Canada, en Californie, où les fruits pourriraient sur les arbres, où les chantiers de grands travaux vaqueraient et, dans les villes, les petits métiers que n'exercent pas les Blancs. Consentir à l'exclusion des
1. n suffit qu'aux HawaI on ait un absolu besoin de Japonais, pour que le Canada, le Mexique et les États-Unis continuent de recevoir ces émigrants.
immigrants japonais, au moment môme où leur travail est le bienvenu, c'est, disent-ils, un sacrifice gratuit et absurde :
Le développement des entreprises japonaises n*est pas seulement menacé : les industriels américains sont très anxieux pour Tavenir. Les 10 ou 15 000 travailleurs japonais qui chaque année arrivent des Hawal ne sont pas encore assez nombreux : leurs salaires augmentent sans cesse l' on veut les empêcher de débarquer : sait^on à quelles funestes conséquences Ton s'expose ^., Pour les Japonais, il s'agit de perte d'argent; mais, pour les capitalistes américains qui emploient des ouvriers japonais, cette question est bien plus importante. Lorsque les capitalistes de Californie auront compris qu'en n'employant pas les travailleurs japonais, ils nuisent à l'industrie et à la vie économique du pays, il viendra un moment où un revirement se produira .: attendons ce changement d'opinion ^.
Aussi les Japonais maintiennent leurs prétentions contre les décisions à courte vue des deux gouvernements de Washington et de Tôkyô :
Nous aimerions mieux ne pas voir nos travailleurs se diriger vers les pays qui les persécutent. Au Japon, en Corée ou en Mandchourie, dans l'île de Yéso ou à Sakhaiine, des travaux réclament leurs bras, mais on les délaisse. Si, malgré nos conseils, nos émigrants, écoutant les appels qui leur viennent d*Amérique et d'ailleurs, continuent à partir, on peut dire que rien désormais ne pourra arrêter leur désir de s'expatrier. Dans le monde, ce sont les États- Unis et le Canada qui souffrent le plus du manque de bras. C'est gr&ce & nos émigrants que la situation économique de ces pays n'est pas tombée dans une crise incurable. Sans eux, que serait-il arrivé? Les travaux auraient été confiés