Osaka ShimpOf 27 septembre
2. Cf. p. 171. Les ouvriers américains répondent : plus Pouvrier japonais gagnera de hauts salaires plus il sera dangereux, et même s'il entre dans un syndicat, ses besoins restant toujours en deçà des besoins d*un syndiqué blanc, à travail égal ses bénéflces seront plus grands et son pouvoir social plus considérable.
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imposé les mesures et organisé les manifestations antijaponaises. Le maire Schmitz et son conseiller Rueff, convaincus de malversations, ont été emprisonnés; treize membres sur dix-huit de Tancien Board of Supervisors se sont reconnus coupables. Le nouveau maire, le D' Ed. R. Taylor, médecin et avocat, est l'adversaire de la politique syndicale. Tous ces scandales chez leurs ennemis ont redonné confiance aux Japonais qui escomptent un revirement d'opinion : les capitalistes californiens calculeront le tort que leur cause Tantijaponisme; et la fin du règne des syndiqués à la mairie détachera peut-être les indifférents de la propagande antiorientale.
Restent les motifs les plus sérieux de Tanti japonisme au dire des Japonais : la jalousie et la peur qui se sont emparés de TAméricain, depuis que le Japon a pris la première place en Extrême-Orient. Mais cette méfiance, flatteuse pour leur amour-propre, les encourage à ne pas accepter comme définitives les mesures prises contre leurs concitoyens. La civilisation japonaise vaut bien la civiUsation américaine; les Américains ont beaucoup à apprendre du Japonais; ils avouent leur faiblesse en se refusant à une libre concurrence; leur prétendu régime de liberté et d'égalité n'est que menterie qui, pour des raisons de race, établit des distinctions entre les hommes civilisés. Si l'Américain refuse une promotion au Japonais dans la hiérarchie internationale et ne traite pas avec lui d'égal à égal, c'est que le Japon, encore méprisé n'a pas assez imposé sa puissance. Il n'y a qu'un demisiècle que, pour forcer les Japonais à ouvrir leurs îles aux Américains et à entrer dans la lutte intemationale,.le commodore Perry les menaça de ses canons...
Quelles raisons a donc le Japon de céder temporairement?
De Tôkyô, le comte Hayashi, ministre des Affaires étrangères, contredit officiellement, le 7 novembre 1907, « les faux rapports destinés à exciter les deux pays et a les brouiller... En dépit d'affirmations contraires, le peuple japonais envisage la situation avec confiance. Il est vrai qu'au temps des troubles de San' Francisco, notre peuple blessé éprouva du ressentiment, mais il savait que Thostilité en Amérique était locale et temporaire, et il conserva, même en ces jours d'épreuves, sa confiance dans la droiture et la justice des Américains. Présentement, la situation au Japon est plus calme que jamais^ ».
1. Quelles ont été les raisons du rappel du vicomte Aoki, ambassadeur à Washing^n, en décembre 1907? Au Japon, il était impopulaire. On Taccusait de n'avoir pas su prévenir en Amérique les mouvements antijaponais, de s*ôtre trop tenu sur la réserve, de n*avoir pas obtenu le droit de neutralisation promis pourtant aux Japonais par le président Roosevelt en 1906, enfin de n'être pas persona grata à Washington. L'occasion de son rappel a-t-elle été, comme on Ta dit, deux promesses quMl aurait faites, de sa propre initiative, au gouvernement de Washington : adhésion
En décembre 1907, le discours du gouvernement japonais à la Diète sur la politique du pays considérait comme une impérieuse nécessité le rétablissement d'une véritable amitié avec les États-Unis. En janvier 1908, le comte Hayashi et le président Roosevelt affirmèrent qu'une solution satisfaisante était proche et à la fin de janvier, le comte Hayashi déclara : « Bien que les négociations ne soient pas encore terminées, je puis déclarer officiellement que les bruits mis en circulation au sujet de questions importantes en litige entre le Japon et les États-Unis sont de pure invention. » Le discours du trône au parlement anglais annonça avec un évident soulagement qu'entre le Japon et le Canada Taccord était fait.
Depuis un an et demi, la solution du conflit entre les États-Unis et le Japon est donnée comme imminente.: preuve qu'elle n'a pas été aisée à trouver, ou que le Japon a mis quelque temps à l'accepter, puis- . qu'en l'espèce il s'agit de la promesse donnée parle gouvernement de Tôkyô qu'il surveillera les départs pour les Hav^aï. Les idées de paix triomphent donc, après bien des hésitations, et aussi après que l'on a éprouvé longuement les dispositions de l'adversaire. Soudain les dépèches annoncent que sur un geste de Tôkyô les départs des émigrants sont suspendus. S'il suffisait d'un geste officiel pour entraver l'émigration
du Japon à la convention russo-américaine concernant les pêcheries de la mer de Bering; conclusion d'un traité prohibant rémigration des Japonais eqi Amérique? Pourquoi les Japonais ont-ils sacrifié leur ambassadeur, alors que leur diplomatie affirmait qu'elle était disposée à régler l'émigration Japonaise, au gré des États-Unis et qu'eUe faisait tenir au gouvernement de • Washington un mémorandum? Pourquoi ont-ils fait coïncider cm rappel avec le départ de la flotte américaine dans le Pacifique?
aux Hawaï et dans les Amériques, pourquoi le gouvernement japonais a-t-il tant tardé à le faire, au cours de ces dix-huit mois de crise? Il n'était donc guère de bonne foi quand depuis, 1901, il assurait qu'il faisait tous ses efforts pour arrêter Témigration vers les États-Unis. Cet arrêt déterminé à point nommé, alors qu'il est nécessaire pour emporter les dernières hésitations des États-Unis à accepter les promesses du Japon, durera-t-il?
Le désir de paix du gouvernement japonais paraît lui être dicté par des raisons tout à fait extérieures au problème en question. Mais alors s'il n'a pas pris définitivement son parti de sacrifier l'émigration de ses nationaux dans l'Amérique du Nord, pourquoi sa résignation présente?
Jusqu'aujourd'hui, les États-Unis ont été nos maîtres et nos amis, nos initiateurs et nos bons voisins. Lorsque notre pays voulut s'élever au rang de grande puissance, les autres nations s'interposèrent et nous causèrent des ennuis. L'Amérique seule nous témoigna de l'amitié. Dans l'esprit de nos concitoyens, les États-Unis ont toujours été accompagnés de l'adjectif « généreux »... Cette amitié, nous l'avons conservée encore quelque temps après nos victoires sur les Russes. Aux États-Unis, les cols Kuroki et les cols Togo étaient en vogue; on créa des stations qui s'appe^ laient station Kuroki, station Togo. Nous pensions bien que cette sympathie des Américains était un peu exagérée, tout de même nous leur en savions gré. Actuellement, l'attitude des États-Unis à notre égard, semble indiquer une volonté de passer à l'extrême opposé, tellement qu'on pourrait croire qu'il ne s'agit pas du même pays ^
De bienfaiteurs attitrés, on ne s'attendait guère à un reniement.