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III. — SOLDATS

Nous ne voulons rien dire des autres œuvres du duc de Luynes, de ses recherches et de ses voyages qui lui avaient mérité l'estime des savants. Il était le protecteur éclairé des arts, l'ami vigilant des lettres, sans parler de ses abondantes aumônes, dont il gardait le secret, il savait encore déguiser en encouragements les bienfaits les plus généreux. D'autres qui connaissent mieux ces détails s'empresseront de payer un juste tribut de louanges à l'un des derniers grands seigneurs français.

M. le duc de Luynes était vraiment un grand seigneur. C'était sa condition très distincte dans un temps qu'il acceptait sans aucune autre lutte que de ne pas se laisser entraîner au courant de vulgarité qui le traversent et le rongent partout. Il y garda toute la hauteur de sa physionomie, il y accrut l'honneur de son grand nom, il y fit le plus magnifique usage de son immense fortune ; il sut noblement vivre et mérita de bien mourir, l'un des plus dignes citoyens de Rome, comme il avait été l'un des plus fiers citoyens de Paris.

LE COMTE d'aRGY

(m. 3e s. iv, 174)

Rome, 27 janvier 1870.

Le comte d'Argy, colonel de la Légion Romaine, est mort hier, après une courte maladie. Il était très brave, très pacifique, très courtois, en un mot de la meilleure race militaire. J'ai eu le plaisir de me rencontrer avec lui, il y a un mois, chez un aumônier de la Légion. Il avait une conversation variée et aimable. Son cœur était tout dévoué à la justice ; il aimait beaucoup le Pape et la Papauté. Ce fut avec empressement qu'arrivé à l'heure de la retraite, il reprit du service pour défendre Rome. Piome le paya en lui donnant l'abondance de la lumière chrétienne. Il remplissait noblement ses devoirs religieux. Se sentant malade, avant que le péril fut déclaré, il appela tout de suite un prêtre. Ce fut Monseigneur Bastide, son ami, et l'on peut dire son compagnon d'armes. Monseigneur Bastide aujourd'hui chanoine de Sainte-Marie Majeure, se trouvait avec lui à Mentana, aumônier de la Légion.

Au début de sa carrière, le comte d'Argy avait assiste à la prise d'Alger. Il était déjà officier. En apparence, se retirant simple colonel, il n'avait pas fait un brillant chemin. Mais montant plus haut, il eût probablement manqué l'honneur de tirer son épée pour le Saint-Siège. La fortune est meilleure d'avoir servi la croix. C'est tme belle destinée de mourir à Rome, au service de Rome, enfant de Rome, d'avoir commencé à Alger et fini à Mentana.

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