‹ Âmes héroïquesChapitre 4 sur 85 · I. — DEUX RECITS BIBLIQUES · texte numérisé non relu

I. — DEUX RECITS BIBLIQUES

« Leur homme vaillant n'est pas tombé sous les coups de « jeunes guerriers, les fils des Titans ne l'ont point frappé, les « géants ne l'ont point attaqué ; mais Judith, fille de Mérari, « l'a défait par la beauté de son visage.

« Sa petite sandale a ravi son œil, sa beauté a captivé sou « âme ; le cimeterre a tranché sa tête.

« Alors mes humbles ont jeté un cri de joie, et mes faibles « les ont épouvantés. Ils ont pris la fuite.

« Les enfants des jeunes femmes les ont blessés ; le Sei- « gneur leur a livré bataille, ils ont péri.

« Seigneur, vous êtes grand et glorieux ; et les rochers « fondront devant vous comme de la cire, et vous êtes propice « à ceux qui vous craignent.

« Tout sacrifice qu'on vous offre en odeur de suavité est « petit ; toute la graisse des holocaustes est très petite ; mais « celui qui craint le Seigneur est grand.

« Malheur aux peuples qui s'attaquent à ma race ! Le « Seigneur tout-puissant, au jour du jugement, les punira. Le « Seigneur les livrera aux vers et à la flamme, et ils pleureront « en une souffrance éternelle. »

Judith vécut à Béthulie jusqu'à l'âge de cent-cinq ans, entourée de respect et de gloire. Elle avait consacré en offrande au Seigneur tout ce qui lui était revenu de la dépouille d'Holopherne. et le filet de pourpre, d'or et de pierres précieuses enlevé de sa propre main, ne gardant rien de ces richesses. Elle avait aussi affranchi sa servante, et distribué avant de mourir tous ses biens, tant à ses parents qu'à ceux de Manassès, son époux. Lorsque Dieu la rejoignit à ses pères, on l'ensevelit dans le tombeau de Manassès, et le peuple la pleura sept jours.

En ce temps-ci, temps des soldats, des prophètes et des prêtres de Nabuchodonosor, il est bon de relire ces pages des saints Livres, dont s'est tant moqué Voltaire, évangéliste des Prussiens. Ni du bourbier de Voltaire, ni des éloquentes bouches qui s'ouvrent à la tribune pour demander que les élèves du sanctuaire soient versés dans les casernes, ni de la poitrine des hurleurs de chansons ne sortira jamais cette poésie salubre de l'amour de Dieu et de la patrie.

Et, nous savons que Judith lie fut qu'une figure de cette Judith immortelle qui prie pour les défenseurs de la patrie catholique et qui combat avec eux.

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