I. — DEUX RECITS BIBLIQUES I I
déments. » Exemple à méditer par les hommes qui veulent « concilier tout . »
A Antioche, sept frères, l'un après l'autre, le dernier encore enfant, soutinrent des supplices plus savants et plus longs, et moururent le même jour, en présence de leur mère. Elle exhortait leur constance et fut martyrisée après ses fils. Antiochus était là, jouissant de sa force. Tous lui jetèrent à la face le nom de Dieu et lui annoncèrent la résurrection' d'Israël, puni mais non rejeté. Le premier lui dit : « Le Seigneur Dieu sera consolé en nous. » Le second : « Tu nous fais mourir en la vie présente, mais le roi du monde nous ressuscitera en la vie éternelle, nous qui sommes morts pour ses lois ». Le troisième, étendant lui-même ses mains qu'on allait couper : « J'ai reçu de Dieu ces membres, je les donne pour la cause des droits de Dieu ; Dieu me les rendra. » Le quatrième : Il est avantageux de mourir avec l'espoir que Dieu nous ressuscitera. Toi, roi Antiochus, tu ne ressusciteras point. » Le cinquième : « Tu as aujourd'hui la puissance et tu fais ce que tu veux. Mais ne crois pas que notre nation soit délaissée du Dieu tout-puissant. Attends, toi et ta race ! » Le sixième: « Parce que nous avons péché contre notre Dieu, ces choses terribles sont venues sur nous. Ne crois pas rester impuni, toi qui as entrepris de faire la guerre à Dieu. » Enfin, l'enfant parla comme ses frères, mais avec une majesté plus prophétique encore : « Je n'obéirai point au roi, mais à la loi qui nous a été donnée par Moïse. Roi, ne t'élève point par de fausses espérances. Tu n'as pas encore échappé, au Dieu tout-puissant ! Mes frères sont maintenant dans l'alliance de la vie éternelle ; toi, tu subiras, au jugement de Dieu, la peine de ton orgueil. Donc, comme mes frères, moi aussi je livre mon corps et ma vie pour les lois de nos pères, afin que Dieu soit propice à notre nation que tu confesses dans les tourments que lui seul est Dieu. Et en moi et en mes frères cessera la colère du Tout-Puissant qui pèse justement sur Israël. »
Il est probable que ces menaces ne troublèrent point le cœur d'Antiochus. Il voyait tout le peuple prosterné devant lui ; il était entré dans le Temple, il en avait pillé les trésors, et Dieu n'avait point bougé !
Cependant Dieu suscita Mathathias et ses fils.
Mathathias, de la famille sacerdotale de Joarib, avait cinq fils : Jean, Simon, Judas, surnommé Machabée, Eléazar et Jonathas. Voyant qu'Antiochus, dominateur de la Judée, voulait corrompre le peuple, ils se retirèrent de Jérusalem sur la montagne de Modin. « Malheur à moi ! s'écria Mathalhias ;
i'a ii. — ames héroïques
suis-je né pouf voir l'affliction de mon peuple, el pour demeurer en paix pendant que la ville sainte est livrée aux mains de l'étranger '.} La magnificence de Jérusalem a disparu : elle était libre, elle est esclave. Tout ce que nous avions de beau. de saint et d'éclatant, a été désolé et profané. Pourquoi wvons-nous encore ? »
Les agents d'Àntiocbus vinrent à Modin pour forcer ceux qui s'y étaient retirés de sacrifier aux idoles. Ils s'adressèrent à Mathathias, lui promettant la faveur du roi. Il répondit : « Quand tous ceux d'Israël et le monde entier obéiraient à Antiochus, moi et mes fils et tous les miens nous marcherons dans l'alliance de nos pères, et nous n'obéirons qu'à Dieu. »
Comme il disait ces paroles, un Israélite s'avança pour sacrifier aux idoles. Mathathias, enflammé du zèle de la loi, qui prononçait la mort contre un pareil crime, s'élance sur l'apostat, le tue, tue l'officier et renverse l'autel. Puis il crie : « Quiconque veut rester dans l'alliance de Dieu, qu'il me suive ! » Accompagné de ses fils, il gagne la montagne, abandonnant tout ce qu'il possédait, ne gardant que son épée et l'alliance de Dieu.
Touchés de cet exemple, plusieurs descendirent au désert, fuyant une ville où le Seigneur était outragé. Les soldats d'Antiochus vinrent les sommer de se soumettre à ledit du roi. Ils répondirent qu'ils n'en feraient rien ; mais, parce que c'était jour de sabbat, ils ne voulurent pas non plus se défendre. Sans jeter une pierre, sans fermer leur retraite, ils dirent : « Mourons dans la simplicité de notre cœur ; le ciel et la terre seront témoins qu'on nous fait mourir injustement. » Et ils se laissèrent tuer au nombre de mille.
Mathathias et les siens, pleurant ces martyrs, se dirent entre eux : « Si nous faisons tous ainsi, et que nous ne combattions point pour nos vies et pour nos lois, les ennemis nous extermineront en peu de temps. » Ils prirent donc la résolution de combattre, même le jour du sabbat.
Alors quelques vaillants d'Israël se joignirent à eux : ils formèrent une petite armée, frappèrent l'ennemi et commencèrent à délivrer le peuple.
Mais Mathathias sentait les approches de la mort. Il dit à ses fils : « Le règne de l'orgueil s'est affermi. Voici un temps de châtiment et de ruine. Maintenant donc, mes fils, soyez les défenseurs de la loi, donnez votre vie pour l'alliance de vos pères, et vous laisserez une grande gloire et un nom éternel.
« Considérez tout ce qui s'est passé de race en race : ceux qui espèrent en Dieu ne s'affaiblissent point. Et ne craignez