I. DEUX RECITS BIBLIQUES IO
point les paroles de l'homme pécheur, parce que sa gloire tombe à la pourriture et aux vers. Il s'élève aujourd'hui, demain on ne le trouvera plus : il est retourné en sa poussière, ses pensées se sont évanouies. Vous, mies fils, soyez forts,, agissez vaillamment pour la loi : par elle vous serez dans la gloire. Voilà Simon, votre frère : je sais qu'il est homme de conseil, écoutez-le toujours, et il me remplacera parmi vous, Judas a été fort et vaillant dès sa jeunesse : il conduira la guerre. Unissez à vous tous les fidèles, et soyez attentifs aux préceptes de la loi. »
Il les bénit et mourut. Ses fils l'ensevelirent à Modin, dans le sépulcre de ses pères, et tout Israël le pleura d'un grand deuil.
Judas, surnommé Machabée (i), prit donc la conduite de la guerre. Il n'avait avec lui, au commencement, que 6.000 hommes ; mais ils combattaient avec joie pour Dieu et pour la patrie. « Il agrandit la gloire de son peuple, et il protégea le camp de son épée. Il devint semblable à un lion dans ses actions redoutables. Il poursuivit les impies, les cherchant de toutes parts, et il livra aux flammes ceux qui troublaient son peuple. La terreur de son nom les mit en fuite devant lui, et tous les artisans d'iniquité furent dans le trouble, et le salut du peuple fut l'œuvre de son bras. Ce qu'il faisait irritait plusieurs rois, et réjouissait Jacob ; et sa mémoire sera à jamais bénie. Et il parcourut les villes de Juda, et il extermina les impies, et il détourna d'Israël la colère de Dieu ; et tandis que son nom parvenait aux extrémités de la terre, il rassembla ceux qui étaient près de périr. » L'Eglise consacre cet éloge à la gloire de notre saint Louis.
Judas allait à la rencontre de l'ennemi et l'attaquait, plein de confiance. Presqu'au début de sa carrière, il affronta ainsi une armée formidable, déjà fière du triomphe dont elle se croyait assurée. Il ne voulut pas même lui opposer toutes ses forces et ne choisit qu'une partie des siens, qui encore jeûnèrent ce jour-là. A l'aspect de l'ennemi cependant, les soldats de Judas, quoique braves et choisis, furent alarmés de leur petit nombre. « La victoire ne dépend point de la force des armées, mais du ciel, de qui vient la force. Ils s'avancent en multitude, orgueilleux et superbes, pour nous perdre, nous,
(1) Judas avait mis sur ses enseignes efc sur ses étendards les lettres initiales de ce verset de l'Exode : Qui est semblable à toi, ô Seigneur, parmi les dieux? Ces lettres forment en hébreu, lo makkabi, marteau (ou marteleur) qui se rapportait en mémo temps aux victoires de Judas, et qui devint le nom glorieux de sa famille.
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nos femmes et nos enfants, et pour nous dépouiller. Mai> ooufl combattons pour nos âmes et pour nos lois. Le Seigneur luimême les brisera devant notre face. Vous donc, ne les craignez pas. » Il avança sur l'ennemi et le mit en déroute.
Après cette défaite, Antiochus envoya contre lui une armée de 4o.ooo fantassins et de 7.000 cavaliers, conduite par trois de ses meilleurs généraux, qui vinrent camper dans les plaines d'Emmaûs. Judas ne commandait encore que 6.000 hommes. L'un des généraux d'Antiochus se vanta de payer le tribut que son maître devait aux Romains avec le produit de la vente des Juifs qu'il ferait prisonniers ; et il invita les marchands d'esclaves à se trouver dans son camp pour les acheter, promettant de leur en donner quatre-vingt-dix pour un talent.
Judas avait ranimé le courage de ses soldats en leur rappelant la puissance de l'Eternel. Les voyant disposés à mourir, il les divisa en plusieurs corps, sous le commandement de ses frères, en sorte que chacun avait 1.000 hommes. Par une inspiration de piété, il les conduisit à Maspha. visà-vis de Jérusalem. Avant la construction du Temple, Maspha avait été un lieu de prière. Ils y passèrent le jour dans le jeûne et dans les larmes, en présence des ornements sacerdotaux, des prémices et des dîmes, voulant ainsi suppléer aux sacrifices, qu'ils ne pouvaient offrir hors de la ville sainte. Elevant la voix jusqu'au ciel : « Seigneur, dirent-ils, votre sanctuaire a été souillé et foulé aux pieds, et voilà que lesJ nations se sont assemblées pour nous perdre. Gomment pourrons-nous subsister, si vous ne nous assistez pas ? »
Ensuite, quelque faible que fût son armée, Judas ne laissa pas de publier, comme l'ordonnait la loi, que tous ceux qui avaient bâti une nouvelle maison, planté une nouvelle vigne, récemment épousé une vierge, ou qui étaient d'un naturel timide, pouvaient quitter les rangs et retourner chez eux. Trois mille se retirèrent, et l'armée se trouva ainsi réduite de moitié. Trois mille restèrent, faisant holocauste d'eux-mêmes. Juda les mena camper en face de l'ennemi. « Tenez-vous prêts, leur dit-il, pour le matin. Mieux vaut mourir dans le combat que de voir les maux de notre peuple et du sanctuaire. Qu'il arrive de nous ce que Dieu a résolu ! » Eléazar, ensuite, leur lut le livre saint ; puis Judas leur donna pour mot d'ordre le secours de Dieu, et se mit au premier rang.
Il apprit alors que Gorgias, l'un des généraux d'Antiochus, avec 5.ooo fantassins et 1.000 cavaliers d'élite, voulait le surprendre la nuit. Profitant de la circonstance, il sortit de son camp, tomba sur l'autre partie du corps syrien, le mit en