W. Lock, Kehle, p
sans rhabitudo du sentiment religieux et de Tabandon à Dieu, je ne conseillerais à personne de s'engager dans cette voie. — Que ce devait être dur pour les païens de perdre leurs proches, plus dur encore pour les chrétiens paganisés ! Mais, nous, chréliens pour de bon, la crainte, ni même la certitude morale do la maladie, ne doit pas nous empêcher de conclure un mariage, qui, sous les autres rapports, nous convient'.
Quand il écrivait ces choses, dix ans avant son propre mariage, Keble ne songeait pas encore h se les appliquer à lui-môme, mais ajoute le bon Coleridge: « Je suis bien sûr qu'il n'aurait désavoue les sentiments de cette lettre à aucune époque, môme la moins romanesque de sa vie. »
Telle qu'on la devine à travers des biographies insuffisantes, M"'*' Keble était une femme d'une aimable distinction, d'un grand charme d'esprit et de cœur. De son lit de malade, elle savait se faire entendre d'un regard, tout diriger, tout mettre en ordre et imposer insensiblement sa volonté autour d'elle. Toute prête d'ailleurs à prévenir les fantaisies de son mari. Celui-ci aimait fort les couleurs voyantes, et sa femme, dont le goût était plus discret, trouvait le moyen je ne sais comment, de concilier ces deux exigences. Ce qui aurait déplu chez une autre devenait aimable lorsqu'elle le portait. Un peu confuse parfois du sacrifice