‹ Ames religieusesChapitre 13 sur 63 · Coleridge, I,p · texte numérisé non relu

Coleridge, I,p

qu'elle avait dû s'imposer: «Que voulez-vous, disait-elle, plus la couleur est éclatante, plus M. Keble est ravi! »

« Ce mariage, dit W. Lock, désappointa Newman qui dès lors avait une vénération pour la sainteté du célibat ; mais, pour Keble, ce fut le repos, la douceur et le salut. » Que veut dire ce dernier mot? Est-ce une façon délicate d'insinuer, après Abbott, que ce fut là une des heureuses chaînes qui fixèrent Keble dans Tanglicanisme? Je ne sais. En tout cas, nous connaissons assez Keble pour imaginer ce que dut être sur lui Tautorité de cette faiblesse et de cette grâce, et pour nous demander — oh ! sans ironie — mais avec une tristesse respectueuse, si, aux heures difficiles de sa vie, cette petite main de malade ne lui montrera pas le chemin.

« Je serai bien lieureusc de laisser quelque temps mon mari à Oxford auprès de ce pauvre M. Newman — écrivait M"* Keble au lendemain de la mort de Fronde. — II semble avoir tant besoin de lui et tous deux sont en si parfaite communion de sentiments et d'idées ^ ! » Quand elle s'exprimait ainsi, elle ne se doutait pas qu'un jour viendrait où cette mutuelle sympathie lui ferait peur, et où elle se demanderait avec angoisse si Keble aurait la force de se séparer de Newman.

Ce n'est pas ici le lieu de rac onter comment celuici avait été peu à peu amené à mettre en doute la légitimité de cette Eglise dont il avait, de toute façon, essayé de relever le prestige; mais il est important de remarquer, chez Keble la tris" tesse croissante d'une semblable déception. L'attitude prise par les évéques anglicans en face des doctrines catholiques remises en honneur par les Tractariens le consternait, et, des 1841 , il écrivait à Coleridge :

Pour que je me décide jamais à passer à Rome, il faudrait que Rome se fût grandement transformée ; mais j e

Page 1