‹ Ames religieusesChapitre 19 sur 63 · Allies, ^l Life s Décision, p · texte numérisé non relu

Allies, ^l Life s Décision, p

UN SAIiNï ANGLICAN îiO

presque au point de départ. En 1863, Keble se décida à rompre le silence. Il envoya à Newman la vie de Tévèque Wilson qu'il venait d'écrire, et, dans le livre, une petite lettre affectueuse et timide.

Mon cheu Newman,

C'est très hardi de ma part, je le sais, de vous demander, après tant d'années, de regarder avec bienveillance ce qui vient de moi. Je ne puis pas oublier et en même temps je ne puis pas me rappeler sans angoisse ce que vous avez dit quelquefois à Grawley et à Copeland sur le silence de votre vieil ami. Cela me touche plus que tout et c'est une des nombreuses choses que, dans ma vieillesse, je vois que je n'aurais pas dû faire. J'aurais dû sentir plus que je ne Tai fait quel dur fardeau vous portiez pour obéir à votre conscience et que c'était notre devoir à tous de l'alléger autant que possible... Plus d'une fois, j'ai été sur le point d'écrire ; mais toujours quelque chose est venu àla traverse, et je crois bien que je me disais à moi-même : à quoi bon ! puisque, après tout, ce serait froid et contraint et je renvoyais au lendemain, et maintenant je suis effrayé de penser qu'il est presque trop tard. Je ne vous demande qu'une chose : puisque jusqu'ici je vous ai presque traité comme un ami mort, maintenant faites comme si j'étais mourant; la mort ne tardera pas d'ailleurs, puisque je suis dans ma soixante-douzième année. Ainsi, mon cher, mon vieil ami, pardonnez-moi tout ce qu'il y a de coupable dans mon silence et donnez-moi la joie d'espérer qu'en dehors de ce qui résulte forcément de notre triste position, il n'y aura aucune amertume entre vous et moi ; il me semble qu'il n'y en a jamais eu chez vous... et maintenant, cherNewman,

que je vous redise : « Que Dieu soit avec vous, qu'il nous pardonne, qu'il nous réunisse comme il voudra et quand il voudra. » — Je sais bien que vous me répondrez un petit mot. . .

Newman n^pondil, et il fut décidé qu'on se reverrait bientôt. Le jour fut pris pour cela; mais Newman, ayant appris que Pusey y serait, écrivit à Keble que c'était trop pour une fois, et qu'il viendrait un autre jour. Puis il se reprocha cette (( lâcheté » et vint brusquement à la date qui avait été d'abord convenue. Keble était sur la porte du presbytère et, chose cruelle, les deux amis, les deux vieillards, ne se reconnurent pas. Newman tendit sa carte. Keble lui dit à Toreille que Pusey était là, puis il ht entrer Newman, l'embrassa tendrement et sortit pour préparer Pusey à cette rencontre. Le soir, raconte Newman, « Pusey nous quitta pour aller lire le service à la chapelle, et je restai avec Keble dans le jardin... Nous fîmes quelques pas, puis nous restâmes longtemps à regarder en silence l'église et le cimetière, dans la beauté paisible du soir. Alors il se mit à causer, sur le ton de la vieille intimité d'autrefois ; il y avait même quelque chose de plus, peut-être, et c'était comme si nous ne nous étions jamais quittés ».

LA

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