Mémoires, p
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prince, oui, grand prince, on peut bien vous appeler ainsi, puisque sans vous il n'y aurait rien. Les rires, les joies vous accompagnent; vous aimez la jeunesse et ne méprisez pas la vieillesse. Comme je dois encore parler de vous dans la suite de mes écrits, permettez-moi que je vous quitte. Hélas! ce mot de vous quitter, comment le pourrai-je!...
Un jour donc qu'il était h lire dans sa chambre, une demoiselle Ravaux vint dans la boutique de Maillefer, acheter « une jupe de tabis, couleur de rose ».
Feu ma tante vint frapper à la porte et m'appeler pour montrer des étoffes à ces demoiselles. Mais que vis-je? ma liberté fut agréablement prise. Je leur vendis à leurs premières ofTres ce qu'ils avaient à faire, et, avec leurs marchandises, ils emportèrent mon cœur*.
Après quatorze ans de bonheur paisible, M™* Maillefer mourut, et la « dissolution » de ce mariage fut « effroyable et tout ensemble épouvantable^ ». Il n'est qu'un remède à de tels maux. Quatre mois après cette mort, Jean Mailjefer se fiançait à la nièce d'un marchand de ses bons amis. Comme nous l'avons déjà vu, il devait encore lui survivre; et maintenant il repasse avec une tristesse mêlée de complaisance le petit discours qu'il tint h la jeune fille, au moment de lui demander sa main.