‹ Ames religieusesChapitre 30 sur 63 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

prémédité, on rédigeait une élévation spirituelle ; ou que si on montait en chaire pour y dérouler avec éloquence Targument de la cause nécessaire ou du premier moteur qui ne bouge pas. Que voulons-nous, après tout, et quelle est, en dernière analyse, le suprême intérêt de ces études religieuses, si ce n'est d'amasser le plus grand nombre de témoignages d'hommes sincères qui parlent du monde invisible comme voyageurs qui en reviennent et vont en reprendre le chemin? Jean Maillefer est de ceux-là, et son gros bon sens donne plus de poids encore à son témoignage. Il ne nous dit pas avec Tolstoï : « J'ai senti Dieu * »; mais il nous montre que Dieu est quelqu'un pour lui, et que la prière est chose sérieuse.

30 novembre 167i. — Ce jour, j'ai prié au soir alentour de ma table et huit enfants avec moi, car mon aîné est à Paris et Jeanneton à la congrégation. J'ai aujourd'hui soixante ans accomplis^.

Ce n'est rien, ces trois lignes, et Jeanneton vient mal à propos nous faire sourire; mais tout de même n'est-ce pas un beau spectacle que de voir ce vieillard bénissant la table, donnant un soupir aux absents et aux morts, et, comme l'ont fait avant lui ses pères, rendant à son tour témoignage à la bonté du Dieu vivant.

Page 1