Ibid., p
cette vue, et il écrit paisiblement : « J'espère être en cet état quand il plaira à Dieu^. » Il ne craint pas la mort, et, cependant, nouvelle preuve du bel équilibre bourgeois que nous admirions tout à rheure, il ne néglige aucune des précautions qui peuvent prolonger sa vie.
Le U décembre 1674. ~ Qu'il y a d'accident en cette pauvre vie ! J'ai voulu aller à Saint-Remy en sortant des Vf^pres des RR. PP. Minimes... mon pied a glissé dans une pente toute de glace, j'ai tombé tout de mon long à la renverse, ma t<^te a sonné comme un coup de cloche du.contrecoup, et quoique j'allasse fort doucement, je me suis pensé la casser. Mon manteau, mes habits, mon chapeau et ma perruque m'ont bien servi. J'espère que ce ne sera rien ; mais, en l'âge où je suis, faut être préparé avec la grâce de Dieu pour déloger; mais tant que le pavé sera glacé, je ne veux plus marcher qu'en pantoufles^^.
Ce double courant inverse et parallèle, cette tranquille acceptation de Tidée d'avoir bientôt k déloger, et cette résolution des pantoufles, c'est bien toujours notre Jean Maillefer, et, en lui, l'image assez complète de la dévotion bourgeoise. La voilà bien, en effet, non pas certes canonisée, ce qu'à Dieu ne plaise, mais vengée d'injustes reproches qu'une religion plus inquiète est tentée de lui adresser. On ne peut dire qu'elle chemine par la route étroite dont parle l'Evangile, mais