‹ Ames religieusesChapitre 4 sur 63 · Christian Year, F.veninfi Ihjmn · texte numérisé non relu

Christian Year, F.veninfi Ihjmn

poèmes, me donnerait le récit le plus simple et le plus vrai de sa vie.

L'enfance de Keble' s'était écoulée à Tombrc de Téglise de Fairford, en Glocestershire, dont son père, curé de Coln-St. Aldwyu's, avait la charge. L'histoire de cette église est curieuse et elle racontait d'avance, d'une manière symbolique, la mission de cet enfant qui devait essayer de rajeunir et de réchauffer l'anglicanisme par ce que la piété catholique a de plus iendre et de plus charmant. Un pirate de Dristol, s'élant emparé d'un vaisseau flamand qui portait, je ne sais où, une série de riches vitraux, l'église de Fairford avait été élevée pour recevoir dignement celte magnifique capture. Rien n'est petit dans l'histoire des âmes et de la grâce, et il n'est pas indirtérent de noter ces lointaines influences qui, à travers l'âme de son meilleur ami, devaient atteindre Newman. Ces vitraux ont sûrement leur part dans la formation religieuse du poète de C Année chrétienne, chez qui les impressions d'enfance devaient ôtrc si profondes. Il se rappellera toujours avec ferveur ces peintures qui associèrent les pensées de rÉvangile à l'éveil de sa vive imagination, et quand, longtemps après, du prix de ses livres, il élèvera lui-môme une église, il trouvera une

1. Jl est né à Fairford en 1792, huit ans avant Pusey, neuf ans avant Xewman, onze ans avant Fronde.

iO AMES RELIGIEUSES

grande douceur à s'inspirer, pour Teusemble et le détail des vitraux, de ses souvenirs de Fairford.

Par une rare faveur, John Keble ne quitta sa famille que pour aller à Oxford. Son père avait assez de culture pour se charger de préparer luimôme ses enfants aux concours universitaires, et rinternat, le triste internat de ces temps reculés, leur fut épargné. Cette éducation exclusivement familiale devait avoir, pour l'histoire qui nous occupe, des conséquences infinies. Aubrey de Vere raconte, dans ses Mémoires^ que Newman expliquait en partie, par là, comment Keble ne s'était pas converti. Une si profonde vénération se mêlait à son amour filial que la pensée de creuser un abîme entre son père et lui aurait rendu presque impossible toute délibération sérieuse sur un tel sujets «Je ne crois pas avoir jamais reçu une lettre de Keble, écrit Coleridge, où il ne m'ait donné des nouvelles de son père ou cité quelque remarque de lui; et, dans plusieurs circonstances importantes, un mot de son père, un simple regard, suffisaient à lui dicter une décision... Il resta toujours fidèle aux exercices de piété qu'il lui avait vu pratiquer, et quand il voulait approuver une doctrine religieuse avec plus de force, il

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