‹ Ames religieusesChapitre 53 sur 63 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

lutte qu'elle résume et qu'elle couronne. D'autres étudieront dans le livre du R. P. Largent, le zèle du jeune lieutenant de vaisseau, les vertus du pnHre et la carrière magnifique du penseur.

D'autres voudront aborder l'œuvre féconde, solide et neuve de Tabbé de Broglie apologiste ^ pour moi, je n'ai voulu voir que le catholique en face de la protestante qui lui a servi de mère. Parfois, devant ce spectacle, on se sent tenté de maudire avec plus d'amertume les hommes qui ont, les premiers, creusé l'abîme et créé l'irréparable entre des âmes que Dieu avait faites pour une entière communion de croyances ; mais bientôt, plus puissant que cette haine stérile, monte au cœur un flot d'admiration attendrie devant cette force unifiante de la grâce évangélique et de la vraie charité. « En Dieu, chère tante, je vous embrasse » ; n'est-il pas évident, que, malgré tant de cruelles divergences, ces deux âmes sont profondément unies et pour toujours? Et, sans rien oublier ni sacrifier des droits imprescriptibles de l'Église, sans donner un instant de créance au vain libéralisme de Corinne; mais en nous rappelant que l'âme de l'Église élargit ses frontières pour y recevoir tous ceux qui restent de bonne foi dans l'erreur, on voudrait avoir le droit de répéter

I . Cf. la belle préface que M. Piat a mise à l'œuvre posthume de Tabbé de Broglie. Relifjion et Critique,

ici, au sens où Tabbé de Broglie lui-môme les aurait entendues, ces ardentes paroles que, dans un moment de vive tristesse, M""^ de Staël écrivait à Chateaubriand :

Ah ! mon Dieu, my dear Francis, de quelle douleur je suis saisie en recevantvotre lettre!... pouvez-vous, pouvez-vous me parler d'opinions différentes sur la religion, sur les prêtres?... Est-ce qu'il y a deux opinions quand il n'y a qu'un sentiment ^ ?

l. Mémoires d'Outre-Tombe. Edition Biré, t. H, p. 383-384.

EDOUARD THRINO ET L'ÉCOLE D'UPPINOHAM

Un jeune ministre anglican accepte, presque au début de sa carrière, la charge d'une public school obscure, sans élève et sans avenir. Sur ce terrain, aussi défavorable que possible, il tente et poursuit avec un acharnement passionné la plus invraisemblable des expériences. Il veut uniquement greffer au cœur des élèves le souci de la vie morale qui, chez lui, est intense et absorbe tout. Aucune contradiction, aucune opposition ne lui est épargnée. Les administrateurs, les maîtres même sont contre lui. Les épidémies s'en mêlent, et il doit transporter son école, pour plusieurs mois, à des centaines de lieues. Cependant la gageure réussit. L'école se repeuple et devient cé-

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