‹ Ames soudanaises. Préf. de Paul AdamChapitre 19 sur 46 · MEN.XA LA PEUIIL · texte numérisé non relu

MEN.XA LA PEUIIL

Menna était toujours silencieuse. Mais son œil vif brillait à ces souvenirs de son enfance. Sa petite figure d'un jaune brun, au mystérieux profil de sphinx, s'éclairait d'un sourire de fierté, qui découvrait la double rangée de ses dents blanches et aiguës de jeune sauvageonne. Sur sa poitrine, qui tressaillait d'émotion, se choquaient doucement ses nombreux gris-gris ^ en cuir et en clinquant.

Et Maelick continuait sa chanson d'amour: « Veux-tu, ma bonne Menna ? Nous nous marierons à la saison des pluies, lorsque le soleil, lassé de dorer le sable du désert, disparaîtra derrière les noirs nuages gonflés de l'eau bienfaisante. » Sa voix s'adoucissait, se faisait suppliante : « J'ai été voir le saint et puissant marabout, Abd-el-Kerim, de Nioro. Je lui ai fait des présents et il m'a remis, pour te le passer au cou, ce gri-gri sacré, gage de fidélité et d'amour. Prends-le, chère Mennata, et devant Allah nous serons fiancés. »

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