ME.NN \ LA PEL'HL
On l'y croyait assoupie et on avait respecté son douloureux sommeil. Ilélas 1 la petite sauvageonne était endormie pour l'éternité.
Etendue sur la couchette de « Mossi le blanc », elle s'était frappée au cœur d'un court poignard indigène, décroché de la muraille. Sa main hésitante d'enfant avait cherché la place, tailladé les chairs, ouvert la plaie, comme dans une rage de vouloir à tout prix quitter la vie.
Son corps gisait frôle et menu, tout taché de sang. Ses petits pieds, meurtris de la Ion gue course de folie qui l'avait ramenée à Balle, avaient perdu leur forme si délicate. Entre ses dents serrées pendait le foulard de soie écarlate, tout imprégné du sang de Revin. A terre, baignait dans une flaque rouge l'amulette fatale, le gri-gri de cuir fauve, violemment arraché d'un dernier geste de révolte.
A l'aube du jour suivant, nous déposions pieusement au cimetière européen du poste.
dans des tombes creusées côte à cote, les corps de Menna et de Paul Revin.
Nous avions paré la petite Peuhl de vêlements de soie, tirés de nos plus belles réserves, et, sur son cœur à nu, nous avions placé le carré de soie rouge coupée de longues rayures d'or.
A Madame A imé Morot,
La lune, en son plein épanouissement, baigne le ciel de lumière laiteuse ; autour d'elle, les astres clignotent, éblouis par tant de blancheur.
Sous le rayonnement de cette apaisante clarté, le village d'Youri, * avec ses murs de pisé, ses terrasses de terre durcie, ses ruelles étroites et tortueuses de sable pailleté, semble appartenir à quelque monde extra-terrestre. Tout y est imprécis, perdu