‹ Ames soudanaises. Préf. de Paul AdamChapitre 34 sur 46 · Poste important du Niger · texte numérisé non relu

Poste important du Niger

la tâche reste grande. La brousse est plus sauvage et plus aride qu'ailleurs, pa-rtant plus glorieuse. Tout ira bien; et Pierre Monteuil déploie une activité fébrile; il compulse les dossiers, étudie les nomades, palabre avec leurs chefs, règle le service de ses hommes, assure la rentrée des impôts

Les mois ont passé et, avec eux, les ardeurs de la saison sèche.

La fièvre fait grelotter le petit lieutenant. Son immobilité forcée, son complet isolement dans ce poste perdu, que ne traverse jamais aucun convoi d'Européens, commencent à lui peser. Et cette besogne administrative, cette bureaucratie dans cette fournaise I Ces palabres sans fin et sans solution avec ces nomades subtils et fourbes! Toute cette méticulosité de détails, qu'il trouve ici aussi tyranniquement nécessaire que dans le vieux monde I

Un désir fou de mouvement l'envahit.

LA GOULK 181

Qu'y a-t-il derrière ces dunes lointaines où il ne peut aller et où se réfugient certainement tous les pillards et les bandits de la région? Ne faudrait-il pas quelque sévère leçon à ce chef xVIaure qui le berne de belles paroles et jamais ne s'exécute? L'horizon de son poste lui semble être tout le Soudan et il ne comprend vraiment pas la sage prup^ dence des instructions qu'il a reçues 1

Heureux les camarades, qui jetés en pleine brousse, en territoire insoumis, peuvent y agir, être audacieux, habiles, agrandir ou pacifier les territoires de la colonie! Heureux encore ceux qui sont là-bas, au delà des eaux qui miroitent à l'horizon, à Tombouctou, à Ségou, pris dans un travail certes plus important que le sien, et vivant tout au moins libres d'aller et venir, avec la joie que donne la présence de visages amis!

Quelle tombe, cette toute petite garnison soudanaise, où il est tout et rien, où tout

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