‹ Amidisme chinois et japonais [microform]Chapitre 10 sur 20 · X. Vasuhandhu. Bohdhiruci. Tan-loan · texte numérisé non relu

X. Vasuhandhu. Bohdhiruci. Tan-loan

acolytes... Tout cet ensemble fait qu'on reste dans la Terre Pure, avec bonheur, S '^ :^ iD durant des kalpas sans nombre.

7 — S'il en est ainsi, si le paradis d'Amila est si supérieur à tous les autres, pourquoi ^ ^)} Mâitrëya, le prochain Buddha prêcheur attendu sur la terre, n'est-il pas allé là après son dernier décès, pour revenir ensuite de là en ce monde? Pourquoi est-il actuellement dans le ciel ^ ^ Tuchila, séjour bien plus vulgaire? — Réponse: 1 parce que le dernier Buddha prêcheur Sàkya étant descendu de là, il est de tradition, parmi les Budddhistes, que les Buddhas descendent sur la terre du ciel Tuchita... 2 pour y former les dévas (masculins) et les devis (féminines), qui seront, de par le destin, ses collaborateurs et collaboratrices, quand il renaîtra sur la terre. Les femmes n'étant pas admises comme telles chez Amita, il dut naître ailleurs, pour faire les derniers préparatifs de son futur apostolat terrestre.

8 — Mais comment se peut-il qu'une âme ^ ^ !^> 5II qui a commis tous les péchés, 3^ ^£ ^ H qui a accumulé un mauvais karma énorme, se libère des effets de ces causes si graves ^ $i? -f ï's^ par dix peusées à l'article de la mort (ou dans le temps de dix pensées... le texte est ambigu)? — C'est parce que, l'illusion ayant cessé, ce cœur humain est complètement changé. Telle une chambre obscure depuis mille ans, dans laquelle un rayon de soleil aurait pénétré soudain ]Jfl fM ^» B % W Mo I-'^s péchés de cet homme furent erreur j^^^ irréelle; sou recours à Amita est chose @ réelle; or le réel annule toujours l'irréel. Il ne faut introduire, dans ce fait mathématique et instantané, aucune notion de succession, d'intervalle, de quantité, de mesure. Tel un homme lié par une corde au point de ne pas pouvoir bouget, est délivré entièrement et instantanément, par le coup de couteau d'un enfant qui tranche la corde. Tel un monceau de fagots flambe tout entier en un instant, parce qu'une étincelle y est tombée. De môme qu'on est précipité dans les enfers par un vouloir criminel qui n'a pas duré une seconde, ainsi on renaît au ciel pour un bon désir qui fut instantané... deux karmas se remplaçant l'un l'autre... lïime se tournant d'une direction vers une autre.

9 — Et les femmes, sont-elles absolument exclues de la Terre Pure d'Amila? — Non, mais aucune n'y renaîtra comme femme. Le corps féminin est défectueux, comme celui d'un manchot, d'un boiteux, d'un aveugle, etc. Or rien de défectueux n'entre chez Amita. Mais la puissance de ce Buddha est infinie. Durant le temps, pourtant si court, du transport de ce monde à sa terre, tous les déficits disparaissent. Disparaîtra donc aussi le sexe féminin, lare qui tient au karma. Les femmes renaîtront chez Amita avec des corps masculins.

10 — Et les personnes actuellement mariées et vivant maritalement? — Réponse: leur karma était de passer par -une existence pareille. Cette impureté disparaîtra, comme toutes les autres, au moment où elles désireront renaître dans la Terre Pure d'Amila... C'est ce désir dernier, jÊ \^ i^^ indivis, M '^ ^^ non rétracté, décisif et définitif, qui scelle le sort de l'âme pour ;^^ ^\Q9,kalpas sans fin.

Le célèbre moine buddhiste hindou jH; ^^ Vasuhandhu, d'abord hïnayâniste, puis mahâyâniste, enfin dévot amidiste, mourut dans l'Inde vers 350 au plus tard. Il ne vint jamais en Chine, mais ses œuvres y parvinrent, y furent traduites et estimées. Celle qui intéresse le plus directement le sujet qui nous occupe, est une

24 X Vasuhandhu. Bodhiruci, Tan-loan,

superbe g^âi/ia, dans laquelle Vasubandliu fait profession de sa foi aux Buddhas des dix régions, et spécialement au Buddha Amila. aM'appuyant sur les sïilras que je crois être doctrine du Buddha Sàkya, p; ^ ^ ^ H i^ désire renaître dans une terre heureuse. Et parce que Je désire la contemplation parfaite, la pureté absolue, et l'absence de toute fennme, je fais choix, parnni les terres heureuses, de la terre du Buddha Amila '{^ ^ M ^ ^ M M M ft ^•

En 529, chez les |^ Wei, le premier Bodhiruci (il y en eut un second sous /Thr m ^ jgg /irr »)ff» -te Ips j^ T'ang) traduisit cette gàlha et y ajouta

jVk M W 'Itn [MUXvE i^,^ appendice sur les terres des Buddhas, et sur

^ ^ Wc ^S ^ \mi ^^ ^'0'*^ '* suivre par les P'ousas qui aspirent à

Ht. -\ TÊtii m A*» — " -Tii' renaître dans ces terres. Joli petit traité 1^ ;'£

A— 9>'u fi/ia v'v - — , — . Ti-,. ascétique, clair, net, très eleve et très exigeant.

^* êlR ^ fê là ^ IPfl ^ucun rabais n'est fait. C'est la pure doctrine

mahàyàna, à l'usage des aspirants à la perfection. Bodhiruci était pourtant un Amidiste déclaré.

Or ce Bodhiruci fut l'initiateur du Chinois S ^ Tan-loan (en japonais Donran), qui devint le second patriarche de l'Amidisme en Chine (mort vers l'an 600). Il nous reste de lui un ^ ^ f^ |£ commentaire sur la renaissance, en réalité sur les sïtlras qui ont traité de la renaissance, excellent pour la critique des textes et leur interprétation... un tract ^ Wi ^ ^W i. il ^"'' ^^^ '^^''~ res heureuses et la terre pure,., enfin l.e premier recueil chinois ^ piij ^^ pti 'iji d'hymnes en l'honneur du Buddha Amita.

Je cueille, dans le Commentaire, le paragraphe relatif à la fameuse question controversée des dix pensées du pécheur mourant. Le voici; «Le terme pensép.

+ '^^ iH ^ 'Ôf ^ -\-- "'^^'' P^^ P''^ '^^' ^^"^ '^ ^^"^ ^® ^ ^ ^'^''^ P^^""

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espace de temps, mais proprement dans le sens iê^aiË ^ ^ Sil ^F ^ ^^' M <2^ pensée. Dix pensées consécutives du

•fin -©• pécheur k Amila, sont exigées de lui. Et il en est

^M ^B de niême pour les invocations du nom (il fau-

drait donc, d'après Tan-loan, une invocation avec chaque pensée).') — Interrogé sur le cas où les dix pensées auraient été interrompues, ou tronquées, Tan-loan répondit, sur le ton de la mauvaise humeur: «Le texte dit dix pensées à la suite. Et il s'agit du karma, chose brutale dans laquelle aucune inlerprôlalion bénigne ne peut être admise. Il faut tenir que le karma nouveau de la renaissance (qui détruit l'ancien karma) n'est complet qu'après dix pensées. i> — Tout à la fin, Tan-loan explique que «si certains n'ont pas la force ou la lucidité voulue pour invoquer Amita à la mort et obtenir ainsi leur renaissance, c'est que cela devait être, de par leur karma; ils ne sont pas encore mûrs.»

Dans le Tract, Tan-loan revient trois fois sur le sujet controversé, et exige dix pensées consécutives i- ;^ /|B f<S dûment pensées (vers la fin)... Au commencement, il exige le vœu des P'ousas ^H^ Jl ^ |)i: ♦jï»» plus dix pensées, et une invocation sincère... Quant à l'apparition d'Amita au mourant, il la qualifie de !^ ^ rêve.

XL TaO'tch'ao. Kia-ts'ai. 25

L'hymoaire élaboré par Bodhiruci (quatre feuillets doubles), est plutôt froid.

-tts. ^ i7-r aar I7>^ 2» ^^ ^^^^ '^^ idées mabâyânistes de

'^mMm^bW à:.* Tcheu-k'al versifiées, témoin cette

Ù\\ 7^ ^ ^ ^ ià\' Wi strophe: «En mettant ma confiance

^ n -1 * S-ZS" ^^"^ '^ ^^^^^ P"''® d'Amita, j'entends

^ K^ *{s m ' ITF» la mettre dans les terres de tous les

Buddhas... et en célébrant le seul

Amita, j'entends célébrer les Buddhas

innombrables de toutes les régions.»

Tan-loan était né, comme Hoei-yuan, dans le pays de ^ f^^ tout au nord du [Il If Chansi. Il se sentit destiné à la vie de moine, dans une visite qu'il fit au mont ]5, Ê Ou-Ccd, et demanda d'abord ^ ^ ^ ^ l'immortalité aux Taoïstes. Bodhiruci qu'il rencontra par hasard, lui dit: «Vous n'obtiendrez la vie durable ^ ^ certainement que dans l'Amidisme. Le Taoïsme la promet, mais ne la donne pas.» — Tan-loan vécut en ascète, irréprochable, et mourut en invoquant Amila.

Le troisième patriarche chinois ^ j^^ Tao-tch'ao (en japonais Dôshaku), naquit aussi et passa sa vie dans le Nord-Ouest de la Chine. La tradition rapporte qu'à l'âge de sept ans, c'était déjà un ardent propagandiste, et que, pour se délivrer de ses imporlunités, il fallait bon gré mal gré invoquer le Buddha Amita. lao-tch'ao gagna Chan-tao. Jl mourut eu 645, tout au commencement à*e la dynastie }§. Tang. Il nous reste de lui un ouvrage considérable, le ^ |SI ^ ISan-lao-tsi, recueil des textes et opinions sur les terres heureuses. Exposé de la doctrine mabâyâniste sur les terres des Buddhas, doctrine dont l'Amidisme est la fleur (sic). Rien d'original. Un peu plus chaud que Tcheu-k'ai eA Tan-loan, Tao-lch'ao est tout aussi positif, «il faut dix pensées pour la renaissance, puisque le texte dit penser dix fois.j)

Peu après la mort de Tao-tch'ao, ^ '^ Kia-ts'ai un moine de la capitale (alors Tch''anQ-nan au Chen-si), divisa la masse informe de son Nan-lao-tsi en paragraphes (questions et réponses), et y ajouta d'intéressants développements, sans rien changer à la doctrine. Kia-ts'ai est, lui aussi, intransigeant. Voici quelques citations importantes de son livre.

«L'autorité des siilras prime celle des sàstras. L'autorité des sûtras reconnus authentiques, prime celle des sûtras non authentiqués. L'autorité des textes définitifs ( T ^ 1^ doctrine ésotérique du Buddha S'àkya), prime celle des textes provisoires ("^^ T M. M doctrine exotérique... théorie Vien-Vai). Aucun texte authentique définitif ne peut-être rejeté, car il est 'gf, "^ parole du Buddha. Or les sfilras qui exposent la doctrine de la Jip^ j;^ Terre Pure, sont tous dans ce cas, donc irréfragables. »

a Pour ce qui e.st du salut des pécheurs, il faut s'en tenir strictement à ce »H ^^ ^ Kg ^ j^ J^ que le texte exige. Or le sûira sur la contemplation m ^Jd /^^m PP ¥\% I ^^ Buddha Amitâyus (VIII) exige dix pensées in <§» Ê|J fïf "tf SEi extremis, pour obtenir la renaissance. II faut donc

26 XII. Chan-tao. Texte décisif.

>fN ^ ^ ~i^ ^ /éfc v^ ^'^ pensées. Ces dix pensées causent la renaissance, u <E ^fç J:^»-^ =n /C parce qu'elles produisent un karma nouveau.», ^t «Tout, dans TalTairb du salut... que les uns puis-

sent penser et invoquer et les autres non, est suite du karma antécédent. Si ce karma ne permet pas le salut à la mort, c'est en vain qu'on fera tous les efforts pour sauver cet être. Même le Buddha Amita est impuissant à ^ le sauver. Car on ne tire pas d'eau d'une paille sèche, et on n'enflamme pas de la paille mouillée. Tout éveil de la conscience §3 In" •^ ^^ ^^^ ^^^^ ^'^" karma. Si, au lit de la mort, un pécheur exhorté se recommande à Amita volontiers, c'est qu'il a été Buddhiste durant une ou plusieurs de ses existences précédentes, d'où une réserve de bon karma; celui-là est mûr. Tandis que si, exhorté, un pécheur ne comprend rien et ne veut pas, c'est qu'il n'a jamais élé Buddhiste, et que ^ -^ son destin n'est pas qu'il soit sauvé maintenant; celui-là n'est pas encore mûr.»

^ 5g Chan-tao{en japonais Zendô) avait cherché la vérité et la paix de tous côtés. Un jour, avant 65U, il rencontra Tao-tcfi'ao, l'aborda et lui demanda à brûle-pourpoint: «pouvez-vous me donner j^ ^ la vie qui dure?».. «Le Buddha Amita vous la donnera, répondit Tao-lch'ao.)).. Chan-tao se fit son disciple, ri fut bientôt extraordinairement fervent. Il adressait à Amita des invocations sans nombre, toujours prosterné, quelque froid ou chaud que fût le temps, jusqu'à ce qu'il tombât d'épuisement. Il mourut vers l'an 700. A son instigation, toute la capitale Tch'ar>g-nan, et l'empereur j^ f^ Kao-tsoung lui-même, adoptèrent la pratique d'invoquer Amita, gagnés par le fait merveilleux qu'une flamme s'échappait de la bouche de Chan-tao, chaque fois qu'il prononçait cette invocation. — Chan-tao éci-ivit le || Ijif. fi ^ §\', |^ j^ développement en quatre

livres du sîilra traduit par Kàlayahas (VllI), plus trois traités liturgiques. —

^ Le sûlra développé par Chan-tao, fut

le texte sur lequel le moine japonais

îïJiil^^^i^

'^T' 1^ •rffi i^ /Jâ

>^ 31 /|!h IuT IWj Rouen appuya tout son apostolat. Il

f^ 13 $j! ^ 9^ 1^ ^ H ^ ÎT ^"^ ^' ^^^ encore le texte fondamental

ÎË^

de l'Amidisme au Japon.

tu

-^ .:*«• '^^ ^^ A.*^ >î/ t: ÎS;' ""•-' ^"' '^ question controversée des

^ ^ "S ^ Xî ^ -^ -r»TW- Phi pensées et de l'invocation à la mort, au

flS Pnf M PS \%M i% ^ ftî^w» commencement du chapitre, Chan-tao

^i^ M, /s. -Tz /^ xr j^ JL. > -3=- reproduit les propres termes de Kàla- 'ft ^ ^ Jh yï2> #1 ^(,ffl *U M yasas, distingue ^ penser et fjÇ invo- ■kfy gn âfe IJ^ 3p quer, et dit qu'il faut penser correc-

tement et invoquer le nom. (d'Amita).

Les péchés commis, le mauvais /fflrma, cessent d'exister, par suite du >îJ» -^ poids du cœur, c'est-à-dire du sérieux -fin lU^ J^ A Kfâ /^ Êik n+- -1^ ^ du repentir et de l'espérance du pé- BP JH: JS A.^ nn m »^.M m eheu. - A la n„ du chapitre, Chan-

^ ^ fi S ;3$r ®>J@ ^ M^ fi* ^^(^ donne aussi le texte de Kàlayasas:

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