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indique l'acception dans laquelle ;f: doit être pris. Les Japonais sachant très bien le chinois, furent toujours rares. Ils sont encore rares de nos jours; j'ai constaté le fait par moi-même, à Tôkyô^ dans la classe lettrée.
Mais laissons parler liônen lui-même. Sa mentalité éclairera ses interprétations, d'une vive lumière. J'emprunte tous les passages que je vais citer, à la traduction en anglais de M'' Ryûgaku Iskizuka (voyez préface, note 1).
1. Ecrit de IJônen à ^ '^ Kanezane j^ '^ Tsukinowa, son disciple depuis 1177, Amidiste fervent, Premier Ministre en 1189, Régent en 1191, Ce document porte maintenant le titre jH ^ % Senchakushû. Voici le résumé de la doctrine qu'il contient. — Hônen commence par citer de longs passages du ^ 4^'| ^ AranHishù de j^ Jji| Dôshaku (XI) sur les deux voies, |g jj; shôdô la voie des pratiques ascétiques, et ^ j^ jôdô la voie mystique qui .s'appuie uniquement sur la confiance et l'invocation. «Tous les vivants contiennent la buddhéité latente en eux (panthéisme mahâyâniste). Tous aussi, au cours des kalpas sans nombre qu'ils ont traversés, doivent s'être trouvés en contact avec quelque Buddha illuminaleur, capable de les amener à réaliser en eux-mêmes cette buddhéité possédée et à faire ainsi leur salut. Alors comment se fait-il que la succession des métempsycoses continue pour tant d'âmes, sans qu'on en voie venir la fin. C'est qu'elles n'ont jamais su faire le choix qu'elles eussent dû faire entre la voie ascétique et la voie mystique. Le Buddha Sàkya a pourtant prédit clairement, qu'il viendrait un temps, temps de décadence des forces mentales et physiques, où personne ne serait plus capable de pratiquer, dans sa rigueur, la voie ascétique. Or les jours dans lesquels nous vivons, font déjà partie de ce temps prédit. H n'y a donc plus de salut possible, même pour les âmes de bonne volonté, que dans la doctrine de la Terre Pure. Et ce salut est facile. Le Buddha Amida dit, dans. le Long Sûlra: «quiconque étant à l'article de la mort, répétera mon nom dix fois de suite, renaîtra dans la Terre Pure.».. Alors qu'est-il besoin d'autres théories et pratiques? — Les Maliâyànistes exigent tous, pour rillumiriation, pour le salut, l'intelligence parfaite de la Vérité, de la Réalité, du Vide. Les Hrnayânistes exigent l'intelligence et l'exercice d'une foule de préceptes moraux et d'œuvres extérieures. Eh bien cherchez, dans le monde actuel, qui comprend, qui pratique ces choses. Vous trouverez peut-être quelques rares individus, et encore!.. Donc la perdition est à peu près universelle. — Voilà pourquoi, émus de compassion, les Buddhas Sàkya et Amida pressent les âmes d'embrasser la voie mystique, de tendre vers la Ten-e Pure. Combien cette voie est facile! Quiconque pèche durant sa vie, mais invoque souvent, sincèrement et avec foi, le nom sacré d'Amida, est purifié au fur et à mesure, et renaîtra dans la Terre Pure (pages 341-342), Moi Hônen je conseille donc, même à ceux qui sont censés être des Maîtres de la voie ascétique, de l'abandonner et d'embrasser la voie mystique, pour plus de sécurité. C'est ainsi que fil Donran (X), qui abandonna la secte Sanron pour celle de la Terre Pure. C'est ainsi que fit Dôshaku (XI), qui préféra, même au Nirvana sûtra, les sûtras sur la Terre Pure. Ces hommes dont tout le monde reconnaît la haute intelligence
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et la scieDce profonde, abandonnèrent la voie ascétique, parce qu'ils jugèrent la voie mystique plus sûre. — Zendô (XU) a bien montré, que, dans son vœu, le Buddha Amida a fait du nemhutsu la condition unique de la renaissance chez lui (voyez le texte, ci-dessus, page 36). La chose est facile à comprendre. Car le Buddha Amida possédant toutes les vertus, toutes les vertus sont comme condensées dans son nom. Donc l'invocation de ce nom équivaut à la pratique de toutes les vertus. Donc le nembutsu est supérieur à tous les actes vertueux particuliers. C'est la pratique religieuse par excellence, qui tient lieu de toutes les autres et les surpasse (page 343). — Il est des gens, que l'extrême facilité de cet acte, choque, met en défiance. Qu'ils sachent que le Buddha Amida l'a voulu ainsi, pour le salut du grand nombre, des ignorants, des pauvres, de tous ceux qui ne savent et ne peuvent rien. Ces hommes-là se sauveront-ils, si ou leur pose comme condition, de faire de grandes aumônes, de bâtir des couvents et d'élever des pagodes? Se sauveraient-ils, si on leur imposait des œuvres intellectuelles relevées? Je vais plus loin; se sauveraient-ils, si on leur imposait les préceptes courants du temps du Buddha Sàkya, je ne dis pas les préceptes des moines, mais les préceptes des laïques?.. Disons-le franchement; il n'est plus personne qui observe actuellement ces préceptes, personne qui soit encore capable de les observer, tant l'énervement est général et absolu... Le Buddha Amida prévit cela. Voilà pourquoi il posa comme condition du salut, la seule invocation de son nom. — Il faut croire fermement que ce point de son vœu est réalisé, est ferme, est assuré, puisque tous les autres points de son vœu ont été réalisés, tels qu'il les a formulés, à la lettre. Ceux qui vivent chez lui, ont échappé aux voies de châtiment, comme il l'a voulu. Tous sont en voie de devenir P'ousas et Bnddhas, comme il l'a voulu. Tous jouissent du bonheur qu'il a voulu pour eux... Si donc tout ce qu'il a voulu pour la Terre Pure est réalisé, la condition pour obtenir place dans cette Terre Pure est réalisée aussi, est ferme et assurée. «Tout être qui entendant nommer le Buddha Amida, croit en lui de tout cœur, l'invoque ne fût-ce qu'une fois, désire ardemment renaître dans la Terre Pure, y renaîtra certainement, et n'en redescendra jamais plus pour renaître dans une condition inférieure... page 346. ». C'est la volonté d'Amida qui a produit la Terre Pure avec toutes les magnificences qu'elle contient. Alors pourquoi cette volonté n'aurait-elle pas réalisé aussi la condition d'admission à la Terre Pure qu'Amida a posée?.. «Voilà dix kalpas, dit Zendô, que la Terre Pure existe, telle que Amida l'a voulue. Donc on y renaît aussi, depuis dix kalpas, à la condition qu'il a voulue. Car cette condition faisait partie intégrante de son plan de la Terre Pure, j) — Je répète donc, sonc\ui Hônen, qu'il est sage d'abandonner la voie ascétique pour la voie mystique; qu'il est sage de ne pas surcharger la voie mystique d'accessoires peu au pas utiles; qu'il est sage d^ s'en tenir à l'essentiel, à la pratique unique exigée par Amida, à savoir le ne^nhntsu, la répétition de son nom le plus souvent possible. Je conseille aussi de mettre de côté tous les livres, même amidisXes, pour s'en tenir à l'unique sûtra commenté \)av Zendô (Xl(). Tandis qu'il l'écrivit, chaque nuit Zendô vit en songe un personnage mystérieux, qui lui dictait ce qu'il devait écrire. Ce personnage fut sans doute Amida en personne. Aussi moi H on en qui ai tant lu, après que j'eus lu l'ouvrage de Zendô, j'abandonnai toutes les théories et dévotions, et ne pratiquai plus que le seul nemhutsu, l'invocation du nom d'Amida, pour obtenir ma renaissance et celle de tous les êtres dans sa Terre Pure. »
2. — Dans un opuscule intitulé iî, ^ :JI^ ^ M^ Ôjô Taiyôshô, l'Essentiel sur la Renaissance, llônen dit: «Ne vous demandez même pas si votre cœur est
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bon ou mauvais, si vos péchés sont griefs ou légers. N'ayez qu'une seule pensée, celle de renaître dans la Terre Pure, et répétez sans cesse la formule Namu Amida Butsu, ô sauve-moi toi Buddha Amida, une entière confiance accompagnant le son de votre voix... Votre salut dépend de vous, d'un acte mental posé par vous, à savoir d'un acte de confiance absolu et définitif. Tant que vous vacillerez, rien ne sera fait. Du moment que vous aurez conçu cet acte de confiance ferme, votre sort sera assuré. — Le Buddha Amida a promis de ne jamais tromper la confiance qu'un pécheur mettra en lui. Mais, prenez-y bien garde. Il s'agit de la confiance que les péchés passés regrettés sont remis, non de la confiance qu'on peut continuer à pécher impunément en se fiant à la miséricorde d'Amida. Aucun Buddha n'a jamais encouragé à mal faire. Ces présomptueux seront punis en cette manière: ils perdront connaissance durant leur agonie, et ne pourront pas faire les invocations requises au moment de leur passage.»
3. — Edifiée de la piété de son mari, l'épouse de Kan-ezana Tsukinowa (page 37) perdit confiance dans la religion éclectique qu'elle avait pratiquée jusque là, et demanda conseil à Hônen, par lettre. Celui-ci lui répondit: «Noble Dame, je suis heureux d'apprendre que vous avez commencé à invoquer le nom. Croyez bien que cette pratique vaut, à elle seule, toutes les autres, car c'est la seule que le Buddha Amida ait exigée, dans son vœu. Il y a beaucoup de bonnes choses dans les sectes Tendai et Shingon, il y a des méditation.s et des œuvres utiles, mais aucune d'elles n'est recommandée dans le vœu du Buddha Amida, tandis que le nemhutsu fut conseillé implicitement par le Buddha Sâkya, alors qu'il enjoignit à Ananda de transmettre le nom d'Amida à la postérité, comme planche de salut, comme ceinture de sauvetage dans l'universel naufrage, donc comme pratique suffisante pour le salut (page 371)... et, dans son vœu, le Buddha Amida n'exigea que le seul nemhutsu. Aussi ai-je, moi, renoncé à tout fol espoir de me sauver par les exercices des autres sectes, et me suis-je entièrement remis du souci de mon salut au Buddha Amida, auquel je le demande par le nemhutsu répété incessamment. L'illustre moine chinois Zendô, si versé dans le samàdhi (contemplation), a fait ainsi. Notre célèbre Genshin a fait de même. Je vous conseille donc. Noble Dame, d'abandonner toutes vos pratiques religieuses sans exception, pour ne plus pratiquer que le seul nemhutsu, avec attention ferveur et confiance... de ne plus prier,pour vous et pour les vôtres, que sous cette forme. Je vous conseille cela, parce que je ne connais aucune chose meilleure.»
4. — En 1205, quand les moines lendai, Shingon, et autres, s'élevèrent contre IJônen et l'accusèrent de ruiner les mœurs par sa nouvelle religion qui supprimait la crainte des sanclions d'oulre-lombe (page oQ'A), Hônen dicta au moine ^ .^ Seihaku une apologie (maintenant intitulée ^ \]\ ^[f^ Tosanjô), dont voici le résumé: «Le Buddhisme contient des doctrines divei'ses, provenant toutes, primitivement, du Buddha Sâkya, lequel enseignait à chaque homme ce qui lui convenait individuellement, la somme de ses enseignements étant par suite très variée (syncrétisme de l'école Tendai ). Chacune de ces doctrines est bonne, pour celui à qui elle fait du bien, qu'elle oriente vers son but; pas pour les autres. iVIais n'y aurait-il pas une doctrine bonne pour tous?.. En Chine, parmi les diverses doctrines taoïstes, les Maîtres conseillèrent de s'en tenir à la recherche de l'Elixir
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de loDgue vie (?)... Dans le même pays, parmi les diverses doctrines buddhistes, Donran (X), Dôshaku (XI), Zendô (XII), décidèrent que le mieux était de s'en tenir à la Renaissance dans la Terre Pure. Celle doctrine n'est contraire à celle d'aucune secte, puisque toutes les secles vénèrent les sûlras dans lesquels elle est exposée, et qu'aucune n'interdit à ses adeptes de la pratiquer. Mais toutes, à peu prés, y ont ajouté des exercices mentaux, qui, en la rendant impraticable pour le vulgaire, lui enlèvent sa valeur. L'esprit humain est un singe qui gambade sans cesse sur les branches. Bien rares Font, même parmi les moines des sectes ascétiques, ceux qui arrivent, je ne dis pas à immobiliser leur esprit, mais même à calmer son humeur folâtre. Ainsi la vie ?e passe pour beaucoup, avec peu ou pas de fruit, et à leur heure dernière ils n'ont aucun moyen de salut. Or, dans le texte sur les trois classes inférieures (page !20), le Buddha Amida a promis la renaissance chez lui aux pires pécheurs, à cor.dilion qu'un ami charitable leur fasse invoquer à l'heure de la mort le nom l'Amida, une seule fois (est-il dit au commencement du texte), ou dix fois (est-il dit à la fin... page 27). Voilà le salut, l'unique moyen de salut, pour nombre d'âmes misérables. — El que cette doctrine soit vraiment vraie, l'anecdote acceptée par tous, du moine chinois |§ f|| Ôslmn {IJioungtsou7m, sous les J^ T(wg\ le prouve. Ce moine déserla son couvent 7 fois. Quand il fut mort, l'émissaire de Yawa qui appréhenda son âme, la présenta au juge infernal, en ces termes: «Voici que je vous amène un fameux drôle. Il a déserté son couvent 7 fois, et s'est très mal conduit.».. Mais l'âme d'Ôshnn ne perdit pas la carte. Elle cria à lue-tête: «11 est écrit dans le sûlra, que tout pécheur qui a invoqué dix fois le nom d'Amida, est pardonné et renaît dans la Terre Pure. Or il est vrai que j'ai déserté mon couvent 7 fois, et me suis très mal conduit. Mais j'ai certainement invoqué Amida plus de dix fois dans ma vie (sic). Si maintenant vous me condamnez aux supplices des enfers, on dira que tous les Buddhas en ont menti !».. Aussitôt Yama s'inclina en esprit devant Amida, puis il salua l'âme de Oslmn, la fit enfeimer dans une fleur de lotus et expédier dans la Terre Pure. — Si cet ()s/mn s'est tiré de son mauvais cas pour avoir parfois invoqué Amida durant sa vie, a fortiori d'autres âmes moins coupables que la sienne se sauveront-elles, par l'invocation assidue du nom d'Amida. C'est un fait qu'il est dit dans le Long Sîitra, que «tous ceux qui croient en moi et demandent sérieusement à renaître chez moi, renaîtront chez moi, pourvu qu'ils aient invoqué mon nom au moins dix fois. i>.. Outre l'hisloire de Ôshun, plusieurs autres révélations prouvent la vérité de cette promesse.
Et qu'on ne dise pas que le nembutsu ruinera le Buddhisme. Le nembutsu étant lui-même une pratique buddhiste, ne saurait ruiner le Buddhisme. Le ?îembulsu est une des pratiques auxquelles adhérent les diverses sectes, exotériques et ésotériques (syncrétisme T'ien-l'ai), lesquelles sont toutes vraies en général, et utiles à certains particuliers. Mais le nembutsu a ceci de propre, qu'il est l'unique voie de salut encore ouverte, aux âmes ignares et vicieuses, au moment où elles vont périr, — Toute pratique ascétique produit un bon karma partiel, qui profite pour son avancement à celui qui l'a posée. Mais le nembutsu produit un bon karma total, qui supprime entièrement le mauvais karma passé, qui obtient la renais.sance dans la Terre Pure et la mise à l'école mystique chez Amida du pécheur repentant à sa dernière heure, qui n'en sait pas plus long et ne peut pas en faire davantage. C'est pour cela que le Buddha Amida a créé (sic) sa Terre Pure. C'est pour cela qu'il a voulu que l'accès à cette Terre Pure fût si facile. Ce n'est pas la félicité accordée arbitrairement, donnée pour rien. C'est le transport de l'âme dans un autre monde, son classement dans un ordre nouveau, sa mise à
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Vécole mystique dans un milieu dont le charme rend toute défection moralement impossible, dans lequel elle atteindra certainement l'illumination. — Ahl la persévérance dans la pratique du nemhutsu... Souvenez-vous de l'histoire du J'i'f^itc ■^ Prince Généreux racontée dans les sûtras. Les nàgas de la mer lui ayant volé sa perle unique, il jura de les détruire en desséchant la mer, et se mit aussitôt à l'œuvre. Par la force de son serment, à la première écuellée d'eau quMl retira de la mer, celle-ci diminua d'un dixième; puis d'un second dixième, à la deuxième écuellée; et ainsi de suite. Epouvanté, le nâgaràja rapporta la perle, fit des excuses, obtint pour lui et sa gent de ne pas être mis à sec... Ainsi l'Amidiste obtient de renaître chez Amida, chose infaisable en apparence, par sa persévérance à répéter le nom sacré. Moi (dit liônen) je suis parvenu à le répéter 70 mille fois par jour. Tâchons de mériter de renaître dans la Terre Pure, pour nous-mêmes et pour les multitudes ignares et vicieuses. vous tous, mes disciples, conservez avec soin ce désir, cette espérance, dans le fond do. vos cœurs. Croyez imperturbablement qu'Amida qui a tant fait pour le salut des pauvres âmes, ne frustrera pas votre espoir. L'invocation fervente confiante et assidue de son nom, est la planche de salut des âmes, en ce temps de décadence.»
Aux discours suivis de Hônen cités ci-dessus, je vais ajouter, dans ce numéro, un certain nombre de fragments moindres, conservés écrits de sa main, ou transmis par ses plus intimes disciples. Même source que les discours.
Conserve bien le nom du Buddha Amitàyvs, dit le Buddha Sâkya à Ananda. Car ce nom sera le salut de beaucoup de pauvres gens. Mais, pour être sauvé, l'avoir entendu ne suffit pas. Il faut de plus croire à sa vertu et l'invoquer soimême. C'est l'invocation qui sauve (page 397).
La destruction du karma ancien qui vouait aux enfers, et la formation du karma nouveau qui obtient la renaissance dans la Terre Pure, n'est pas réservée pour l'heure de la mort. Elle est produite par l'invocation du nom, en n'importe quel temps. Eshin croyait cela.
La foi qui change le karma et procure la renaissance, n'est pas la foi en une vertu intrinsèque de l'invocation elle-même, mais la foi en la puissance du vœu d'Amida, qui a voulu que ceux qui l'invoqueraient fussent sauvés (page 399).
Un cerf entouré par une meule, ne regarde pas autour de lui. Ce serait sa perte. Il fonce, tête baissée, droit devant lui, trouant le cercle de ses ennemis. Voilà le salut pour lui. Ainsi se sauve- 1- on par la fol en Amida, tendant droit devant soi, sans penser à autre chose.
Hônen répétait sans cesse: C'est pour le bien des pécheurs que je prêche la pratique du nemhutsu, parce que c'est pour leur salut que le Buddha Amida a créé (sic) son paradis et a enseigné cette formule. En elle réside le salut facile pour tous, le seul salut possible pour les pauvres gens. — L'invocation du nom d'Amida, est 'g5 ^ la bouée de sauvetage (litt. l'outre gonflée d'air qui permet au naufragé de surnager) des âmes en perdition, à laquelle il est fait allusion dans le nirvana sûtra (page 596).
Même à un ivrogne incorrigible, à une prostituée du métier, à des soldats chargés de détruire des couvents, à un boucher de profession, à un moine débau-
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ché, Ilônen n'ordonna pas de changer de métier ou de vie, pour ne pas les jeter dans le désespoir, il leur enseigna et leur recommanda l'invocation du nom, planche de salut pour leur dernière heure.
Un jour Hônen entendit qu'on discutait, si ceux qui mangent du poisson peuvent renaître dans la Terre Pure... Si là était la question, dit-il malicieusement, les cormorans en seraient exclus, et elle serait faite pour les singes (page 401).
Aucune contemplation n'est nécessaire; même pas celle d'Amida dans son paradis. L'invocation verbale de son nom, faite d'un cœur sincère, suffit. — A certains, la répétition assidue du nom d'Amida procure une sorte de vision extatique permanente de la Terre Pure, Mais là n'est pas le salut. Il est dans l'invocation du nom. — La vertu de détruire tout mauvais karma, est inhérente au nom d'Amida, comme la vertu d'attirer est inhérente à l'aimant, comme la vertu de rendre inolfensifs tous les poisons est inhérente à la corne de rhinocéros (page 433).
A une dame noble: «L'essentiel, c'est un cœur contrit, humble, sincère, profondément croyant. Les invocations faites d'un tel cœur, sont infaillibles. » — • A une nonne très noble; «Ce qui sauve, ce n'est pas le souvenir d'Amida, ni l'acte de penser à lui. C'est l'invocation orale de son nom, procédant d'un cœur confiant. »
Si, par une invocaiion unique, un homme peut obtenir la renaissance, combien plus l'obtiendra-t-il par des invocations multiples .. Répétons donc cette invocation sans cesse .. Mettons notre confiance dans ces paroles deson vœu, où Amida promet la renaissance à ceux qui l'auront invoqué dix fois (page 404). — Ces deux phrases se trouvent dans une môme lettre célèbre de Hônen, connue sous le nom de Isslii Koshôsoku.
Il y a nombre de terres heureuses, dit fîônen. Mais celle d'Amida a ceci de particulier, qu'aucun péché commis n'en exclut, qu'aucune autre pratique n'est requise, que l'invocation seule faite dix fois, ou même une fois seulement^ obtient la renaissance, parce que le Buddha Amida l'a ainsi voulu; tandis que les autres Buddhas ont mis à leur hospitalité des conditions et des restrictions (page 402).
Les invocations d'un homme aussi docte que vous, doivent être bien agréables à Amida, qui vous exaucera sans aucun doute, dit quelqu'un à Hônen. —Je vois, répondit celui-ci, que vous n'avez rien compris du tout à la théorie du ?2embi/7sî/. Si la doctrine comptait pour la renaissance, je serais resté dans la voie ascétique. Or c'est l'invocation seule qui sauve, de par la puissance du vœu salvifique d'Amida; voilà pourquoi j'ai passé à la voie mystique. Dans cette voie, je suis un homme comme tous les autres, et serai sauvé comme le dernier de tous, par la charité d'Amida uniquement (page 401).
Il ne faut pas prendre à la lettre les termes, un jour ou sept jours, dix fois ou une seule fois, qui se trouvent dans les sûlras. Le sens est, que tout adepte convaincu et fervent, doit répéter le nom d'Amida aussi souvent que possible, et que s'il n'a le temps d'invoquer qu'une seule fois, cette seule invocation suffira; s'il n'a le temps de se mettre en retraite que durant un seul jour, ce jour unique suffira (page 447).
Certains répètent l'invocation pendant plusieurs heures de suite, six ou douze heures de suite. Certains consacrent entièrement à cette invocation certains jours du mois, ou des séries de jours, se renfermant en solitude à cet etîet. N'écoutez pas ceux qui disent que ces gens-là perdent leur temps. A l'heure de la mort, la visite d'Amida venu pour recueillir leur ûme, est assurée pour eux. — Dans la pratique du nemhutsu, il faut éviter la distraction toujours, surtout aux approches de la mort. Ne vous lassez pas! Pas de routine! Que votre confiance soit tou- . jours bien vivante! (page 407).
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N'importe qui peut arrivei' assez facilement à répéter le nernbutsu 20 ou 30 mille fois par jour. On peut le répéter facilement uo million de fois, durant les 7 jours de la retraite si souvent recommandée dans les sûtras. On peut se réunir par groupes, pour répéter le nemhutsu un million de fois, additionnant ensemble les invocations des fidèles présents, qui s'absentent et reviennent selon leurs occupations (page 432).
Lettre à Tamemori... «Des gens qui portent évidemment le poids d'un mauvais karma, repoussent la doctrine de la Terre Pure et détournent les autres de l'embrasser. Aveugles qui se perdent, et enlèvent aux pécheurs le moyen le plus court et le plus sûr de se sauver. Ils semblent avoir perdu la graine de la buddhéité, qui existe au fond du cœur de tout homme. Tant pis pour eux, et pour ceux qui se laissent séduire par eux. Ces derniers aussi paraissent n'être pas mûrs pour la renaissance. A cela, même le Buddha Amida ne peut rien. Personne n'est sauvé, que sur son propre désir. Laissez aller ces gens-là, et hâtez-vous de vous assurer la renaissance, en répétant le nemhutsu sans cesse. N'en veuillez pas à ceux qui refusent de faire comme vous; c'est affaire de karma; leur heure n'est pas venue. Exposez la doctrine d'Amida, puis laissez les gens décider eux-mêmes leur sort. C'est un fait que le salut est uniquement dans le nemhutsu, mais ne forcez pas les gens à le réciter, car la récitation volontaire est seule méritoire. Même Dôshaku (XI) ne fit jadis que peu d'adeptes, parce qu'il ne rencontra que peu de prédestinés.
Le noble et savant B^ ji^ Mi/ôhen, qui vivait en solitaire, ayant lu l'exposé doctrinal de l'Amidisme écrit par liônen, trouva la chose trop aisée. La nuit suivante, il vit en songe une foule de misérables, gisant devant la porte d'un couvent, tous incapables de se mouvoir. Un moine sortit tenant un vase plein de gruau clair, dont il leur versa quelque peu dans la bouche, à l'un après l'autre. Qui est ce moine? demanda Myôhen... C'est li'ônen, lui fut-il répondu. — A son réveil, Myôlien comprit que ce rêve symbolisait la chose si souvent répétée par Hônen^ à savoir que «dans'ce temps d'universelle décadence, les hommes sont si débilités physiquement et moralement, que si on ne les sauve pas, ils ne se sauveront pas eux-mêmes. Les nourritures solides des sectes ascétiques ISanron, Hossô, Shingon et Tendai, ne sont plus digérables pour ces pauvres gens. Il leur faut l'aliment des malades, le gruau clair, l'Amidisme (page 317).
Le moine ^ jj|[ Kôin écrivit à liônen en ces termes: «Ce que vous prêchez, du salut facile par Amida, est très vrai. Tous les mahâyânistes acceptent cette doctrine, et beaucoup s'y exercent. Mais pourquoi rejetez-vous les sûtras et prohibez-vous les pratiques?» — liônen répondit: «Je ne rejette ni ne prohibe. Je déclare seulement que la lecture des sûtras est inutile aux savants, et impossible aux simples incapables de les comprendre. Et le nemhutsu suffisant pour le salut de tous, je ne me crois pas le droit d'imposer d'autres pratiques.» — Plus tard Kôin reconnut que IJônen avait raison, et biùla la réfutation qu'il avait écrite de sa thèse. Bien plus, il devint un fervent du nenibuisv, et mourut en 1216 en le récitant.
Le savant moine ^ "^ Kôsai, qui avait passé de la secte Tendai à celle de la Terre Pure, ne sut pas se défaire de ses anciennes spéculations philosophiques. 11 soutint, contre Hônen, que l'Amida qui régne dans la Terre de l'Ouest depuis dix kalpas, e.si (skakwnon) une incarnation personnelle de l'Amida original im- 2)ersonnel (hommon), qui est la buddhéité. Intelligence primordiale qui remplit l'univers, et qui existe dans le cœur de tous les vivants. Le salut ne consiste pas dans l'invocation d'Amida incarné, mais dans le sentiment de l'unité du moi avec
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l'Amida absolu. — Hônen lui déclare net: «ceci n'est pas la doctrine de Zendô. Ce n'est pas non plus la mienne. J'invoque un Amida personnel vivant, et soutiens ijue celte invocation suffit, sans addition de pliilosophie.» -■ Expulsé de la Communauté amidiste en 1204, Kôsai fonda la secle — ;^ ^ dite de la pensée unique, opposée à celle ^ ;^ ^ de l'invocation multiple de Hônen. Cette secte ne dura pas et ne pouvait pas durer, sa doctrine élant à peu prés identique à celle des 1^ Zen (védanlisles).
En 1205, jaloux de ce que l'Amidisme croissant diminuait leur prestige, les moines du mont Hiei (Tendai) accusèrent formellement Hônen de ruiner les mœurs, en prêchant une doctrine relâchée. Pour celle fois ils n'obtinrent du gouvernement qu'un édit vague contre les hérétiques qui se couvraient du nom de l'Amidisme. Mais, en 1207, deux disciples de Hônen, ^ ^^ Anraku et /g: ^. Jûren, indignement calomniés, furent décapités, et Hônen dégradé fut banni à Tosa. Il avait alors 80 ans, refusa de se disculper et de simuler aucun regret, et partit pour l'exil, que ses amis lui adoucirent autant qu'ils purent. — De mauvais rêves qu'eut l'empereur, lui firent amnistier Hônen dés la même année; mais la permission de revenir à la capitale lui fut provisoirement refusée, de peur que les émeutes des moines du mont Hiei ne recommengassent. Jl n'obtint son amnistie complète qu'en 1211, et se fixa alors à Ôlani. Le 25 du premier mois (7 mars) de l'an 1212, se sentant mourir, il dit à ses disciples: «J'ai vécu pour propager la récitation du nembulsu. Je survivrai partout où cette formule sera récitée. ».. Cela dit, il se mit à réciter le 7?em6i(/sit à son ordinaire, eut la vision d'Amida qui venait le quérir avec ses deux acolytes, et expira.
Deux Jours avant la mort dé Hônen, son disciple chéri f | || ?^ Seikwamhô auquel il avait légué ses manuscrits, le pria d'écrire pour lui une instruction dernière qui fût comme son leslament. Hônen écrivit ce qui suit, document célèbre parmi les Amidisles japonais, appelé — ;|^" j^ f* "^ Ichimai Kishômon. Voici la iraduclion de celte pièce: «l.a méthode de salul que j'ai prèchée, n'est ni une méditation comme la pratiquent tant de moines savants en Chine et au Japon, ni une contemplation du sens piofond du nom d'Amida. Elle consiste uniquement dans la répétition de la formule Namu Amida BiUsu, sans aucun doute sur son efficacité. Celle unique pratique procure la renaissance dans la Terre Pure. Celle seule invocation faite avec foi, comprend tous les accessoires que d'autres ont cru devoir exiger. Si j'avais pratiqué en secret autre chose que ce que j'ai prêché, je me jugerais indigne d'être sauvé par Amida. Mon conseil suprême, est que les plus savants ne se fient, pour leur salut, qu'au seul nembutsu, tout comme les plus illettrés. L'invocation pure et simple du nom d'Amida, J^ fi ;^ ff}|i sans aucune addition de samâdhi, suffit pour le salut. »
J'omets l'énuméralion des dons transcendants prêtés à Hônen par ses adeptes. Zendô, Samanlabhadra, Amida lui-même lui apparurent, prétendent-ils, pour le confii'mer dans sa voie. Les phénomènes ordinaires, lueurs, parfums, mélodies, accompagnèrent sa mort. Après son décès, il apparut à des dévols et dévoles, en songe ou aulremeut.