‹ Amines Et Amides Dérivés Des AldéhydesChapitre 12 sur 53 · I. — PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

I. — PROPRIÉTÉS

Je ne présenterai ici qu’un résumé extrêmement bref en faisant abstraction de toute réaction chimique, me bornant aux propriétés dites physiques.

L’aldéhyde formique réel, si l’on peut s'exprimer ainsi pour désigner l’homologue inférieur véritable de l’aldéhyde éthylique bouillant à + 21°, a été préparé il y a peu d’années par Kékulé (!), en condensant dans un mélange réfrigérant d'acide carbonique solide et d’éther, les vapeurs formées par la volatilisation du trioxyméthylène, substance polymère de l’aldéhyde. On obtient ainsi un liquide incolore, d’odeur insupportable, piquant les yeux, irritant les voies respiratoires, de densilé 0,813 à — 20°

et bouillant vers cette température. Les vapeurs dégagées

(!) Berichte, t. XXV, p. 2435.

ne Lardent pas à se condenser dans les parties plus chaudes sous forme d’un produit solide polymérique. Déjà à — 20°, ce liquide se transforme lentement en polymère solide; au-dessus, la transformation est rapide; elle se produit avec un dégagement de chaleur et un crépitement que l’auteur compare à la polymérisation de l’acide isOCyanique liquide en cyamélide.

Ce liquide est donc pratiquement indistillable; aussi ai-je dû renoncer à déterminer ses constantes thermiques. J’ai constaté qu’on pouvait le mêler au benzène, au chloroforme préalablement refroidis et obtenir ainsi de véritables mélanges avec ces solvants; si on les laisse revenir à une température plus élevée, ils bouillent comme une solution sursaturée d’un gaz en même temps qu'ils se troublent par suite de la polymérisation de l’aldéhyde en trioxyméthylène ; le gaz dégagé se polymérise lui-même à quelque distance de la solution. Si l’on ajoute un alcool ou de l’eau, on obtient des solutions définitives, mais on ne peut plus en régénérer le gaz; ce point sera élucidé.

Le trioxyméthylène qui sert à la préparation du gaz est, par contre, anciennement connu; ce polymère prend généralement naissance’ dans les multiples circonstances où doit se former l’aldéhyde méthylique. Il suffit de rappeler que ce corps fut découvert par Boutlerow dans l’action de l’oxalate d’argent sur l’iodure de méthylène. Ce. savant lui attribua d’abord la formule (CH?0 }? et le nom de dioxyméthylène. Hofmann (!) lui donna le nom de érioxyméthylène dans le but de le comparer au trithiotriméthylène (CH?S}° lequel, gazeux ou combiné, se comporte réellement comme un trimère de l’aldéhyde sulfuré CH?S; mais c’est tout, car le trioxyméthylène volatilisé a une densité de vapeur correspondant à la

(:) Bull. Soc. chim., t. XIX, p. 353; t. XIV, p. 218; 1869 et 1870.

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valeur simple CH?0 = 30; son insolubilité dans tous les dissolvants n’a pas permis d'en prendre autrement le poids moléculaire.

On donne aussi couramment le nom de trioxyméthylène au produit obtenu par l’addition de SO‘H? aux solutions concentrées de CH?0; il se dépose une poudre blanche insoluble qu’on peut recueillir et laver.

Le nom de trioxyméthylène devrait plutôt être réservé au corps cristallisé, fusible à 61° que Pratesi (!)a désigné sous le nom d’a-trioxyméthylène et qui, gazeux, possède : le poids moléculaire (CH? 0 }.

Je conserverai ici le nom de trioxyméthylène, conformément à l’usage, pour désigner le produit de polymérisation soit du gaz, soit du liquide, soit enfin de déshydratation des solutions concentrées par l'acide sulfurique, bien que ce corps soit vraisemblablement un produit de plus haute condensation que celle exprimée par la formule (CH20 5. D'ailleurs, l’existence de deux trimères de l’aldéhyde formique

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