‹ AminteChapitre 22 sur 90 · PREFACE XCI · texte numérisé non relu

PREFACE XCI

sance avait succédé une orthodoxie étroite et rigoureuse. L'Église, menacée par les succès de la Reforme, avait compris la nécessité de se fortifier et de s'épurer. Le concile de Trente avait rétabli la sévère discipline des anciens jours, tandis que saint Ignace organisait une nombreuse milice de religieux éprouvés pour combattre l'impiété. Se chargeant à la fois de la prédication et de l'enseignement, les jésuites ne songeaient pas seulement à convertir les protestants, ils surveillaient d'un œil jaloux toutes les manifestations de l esprit moderne, plus terribles aux ennemis du dedans qu'à ceux du dehors. Le Tasse ne pouvait que les inquiéter, et la Jérusalem devait leur déplaire, comme dépassant le cadre étroit dans lequel ils croyaient utile de renfermer l'esprit humain. Le poète ne pouvait donc rien obtenir.

Aussi, peu à peu, sous la double étreinte de la pauvreté et de ses déceptions, sentait-il fléchir sa raison et se développer une sombre mélancolie. Un jour, après une scène violente, il quitte Fer rare et traverse l'Italie en mendiant, pour aller se réfugier

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