XCI1 PREFACE
auprès de sa sœur; puis, fatigué de cette tranquillité même, avide de cette servitude qui lui avait tant pesé, il revient à Ferrare; mal accueilli, il s'emporte en menaces violentes et fait tant que le duc Alphonse l'enferme dans l'hôpital de Sainte-Anne.
C'est là que Montaigne le visitait un peu plus tard, éprouvant « plus de dépit que de compassion à le voir dans un si piteux état, se méconnaissant lui-même et ses propres ouvrages » .
Nous ne suivrons pas plus loin l'étude de cette correspondance ; aussi bien la captivité du Tasse, ses malheurs, sa conversion et sa mort sont des événements asse^ connus, et nous pouvons, par les lettres que nous avons étudiées, apprécier la cause de toutes ces infortunes. Nous savons maintenant comment sa vie a été empoisonnée, son génie détruit. Écartons d'abord l'amour de Léonore, et n'accordons pas même trop d'importance au cachot de l'hôpital Sainte- Anne. Comme tous les voyageurs, f ai visité à Ferrare ce cachot, où les écrivains les plus illustres ont gravé leur nom, où Byron a voulu être enfermé pendant deux