‹ AminteChapitre 39 sur 90 · ACTE I . SC EXE I · texte numérisé non relu

ACTE I . SC EXE I

renient; aussi bien n'est-il pas si tard qu'il semble. Atten-moy donc en ton logis, je ne tarderay point; et songe cependant à ce qui est plus important que le bain ne la chasse, et, si tu ne le sçais. confesse ton ignorance et eroy ceux qui le sçavent mieux que tov.

AMINTK.

J'ay veules rochers et les ondes par pitié respondre à mes plaintes, et les bois, par compassion, souspirer avec moy; mais je n'ay jamais veu et moins espère veoir aucune pitié dedans le cœur de ceste belle et cruelle, que je suis en doute d'appeller ou femme ou beste sauvage; mais elle ne peut estre femme, puis qu'elle refuse d'avoir pitié de celuy de qui les choses inanimées l'ont bien eue.

TIRSIS

La brebis se paist de tendres herbettes.

et le loup se paist de brebis : de mesme le cruel Amour se repaist de larmes et ne s'en saoule jamais.

AMIXTE.

Helas ! qu'Amour doit bien estre désormais saoul de mes larmes ! Il ne désire plus que mon sang, et certes je feray que luy et ceste cruelle sans mercy le boiront aveeques les yeux jusques à la dernière goutte.

TIRSIS

Ha! pauvre Aminte ! que penses-tu dire: Resves-îu ? Console-toy, pauvret : si cestecy te d^sdaigne, il s'en trouvera d'autres.

Ha! Dieu! Et comment en trouveray-je d'autres, si je ne puis me treuver moymesme ? et. si je me suis perdu, quel aequest puis-je jamais faire qui me soit aggreable?

TIRSIS

Pour cela ne te désespère point, c'est ellemesme que tu acquerras; le long temps a finalement apris aux hommes à domter jusques aux: lions et aux tigres d'Hyrcanie.

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