‹ AminteChapitre 5 sur 90 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

ment, ce sont là des illusions bien passagères. Les paysans, hélas ! sont intéressés, âpres au gain, rusés comme les habitants de la ville. Et nous-mêmes , campagnards d'occasion, le jour où le facteur ne nous apporte plus les nouvelles de la cité, nous ne savons que devenir. C'est toujours l'histoire de l'usurier d'Horace : il vante la campagne, et ne peut vivre qu'à Rome.

On s'explique ainsi comment est née la poésie pastorale, et surtout comment elle ne s'est développée qu'asse^ tard. Là comme ailleurs se manifeste cette loi des contrastes qui s'impose à nos habitudes et à nos goûts. L'homme de la campagne se sent attiré, malgré lui, par la civilisation, par le luxe des villes, les merveilles d'une industrie qu'il ne peut pas comprendre. Les poètes des époques primitives ont subi la même influence, et ce qu'ils décrivent avec le plus de soin, ce sont les premiers bienfaits de la civilisation naissante. Homère peint d'un mot, en passant, la beauté du ciel aux premiers rayons de l'aurore, le murmure d'une mer retentissante; il s'étend avec complaisance sur la description d'un bou-

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